Jean-Yves Le Drian

Très mal parti avant, pendant et après l'élection présidentielle d'octobre 2018, le président du Cameroun, Paul Biya, peut s'enorgueillir, aujourd'hui, d'avoir retrouvé le soutien diplomatique et politique de la France, qui lui manquait dans les épineux dossiers qui affectent la paix au Cameroun depuis plusieurs années, notamment, la crise anglophone.

Jean-Yves Le Drian vient d'effectuer un séjour de 48 heures au Cameroun où il a pu rencontrer le président, Paul Biya. Invité depuis avril au Sommet Russie-Afrique, à Sotchi, par Vladimir Poutine, le président camerounais y a, finalement, dépêché son chef de la diplomatie, Lejeune Mbella Mbella, préférant rester à Yaoundé pour recevoir le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, était à Bagdad, jeudi, 17 octobre, pour discuter du possible transfert en Irak, des djihadistes étrangers (où on compte plusieurs dizaines de Français) détenus par les Kurdes en Syrie. Il n’a pas réussi à négocier un accord global, Bagdad n’étant prêt à reprendre que les combattants d’origine irakienne. La France, elle, redoute le retour des djihadistes français en France où ils pourraient organiser des attentats.

La colonne de combattants de l'UFR voulait-elle renverser Idriss Déby Itno comme se justifie le chef de la diplomatie française ? On a besoin de rétorquer à Le Drian : «  Et alors » ? « Et puis quoi encore » ? « Rien que ça » ?
Le ministre français des Affaires étrangères donne, ici, une explication qui infantilise, complètement, les Tchadiens et les Africains qui sont, totalement, remontés contre cette ingérence inqualifiable, injustifiable, de la France dans des affaires intestines du Tchad. Très critiqués, les Français ont expliqué, sans convaincre personne, que la colonne de combattants de l'UFR était composée, en partie, de djihadistes venant de Libye. C'est faux ! Elle était composée de Tchadiens réfugiés en Libye qui venaient en rébellion contre le pouvoir dictatorial tchadien dont la mal-gouvernance n'est nullement ignorée à Paris, puisque c'est la France qui comble certains déficits (provoqués par la mauvaise gestion) de Déby. A titre d'exemple, c'est la France qui va financer les élections législatives annoncées dans quelques mois au Tchad, élections que le régime de Déby n'arrivait pas à organiser, faute d'argent, depuis deux ans. C'est vraiment le comble que la France en soit à justifier l'injustifiable parce qu'elle porte dans ses bras un dictateur encombrant.