Justice.

Député à l'Assemblée nationale, l'ancien premier ministre et actuel président du principal parti d'opposition, le MLPC (Mouvement de libération du peuple centrafricain), Martin Ziguélé, n'a pas mâché les mots pour donner sa lecture des graves événements qui déstabilisent son pays : Accord de Khartoum (le 8e du genre en l'espace de cinq ans), enchères des rebelles, nomination d'un nouveau premier ministre et de plusieurs ministres issus de la rébellion, action du chef de l'Etat à la tête du pays depuis bientôt quatre ans, etc. En responsable politique qui ambitionne de diriger la République centrafricaine, il donne un éclairage de la situation du pays que les dirigeants actuels devraient lire avec intérêt.

C'est quand même incroyable ce qu'on apprend du nouveau pouvoir du président José Lourenço. On commence à comprendre pourquoi, contre tout compromis, il a décidé d'éradiquer, totalement, quel qu'en soit le coût, le niveau de corruption qu'il hérite du régime de son illustre prédécesseur, Jose Eduardo dos Santos. On se rend, clairement, compte que certains dignitaires ne détournaient pas les fonds publics, uniquement, pour assurer leurs vieux jours, mais, pour plier l'économie nationale. A la tête d'un fonds souverain de 5 milliards de dollars, Jose Filomeno dos Santos, le fils de l'ancien président de la République, par exemple, a voulu capter, pour son propre compte, jusqu'à 1,5 milliard de ce fonds, lui, le jeune d'à peine 40 ans. Qui a tout son avenir devant lui et qui a agi comme s'il était en compétition de richesse avec ses amis. Voilà la réalité, aujourd'hui, en Angola, un pays riche en pétrole et en diamant. Si vous étiez à la place du président, Joao Lourenço, que feriez-vous, qu'auriez-vous fait ?

La police zimbabwéenne a confirmé, dimanche, 25 mars, enquêter sur l'ancienne et très controversée première dame du pays, Grace Mugabe, soupçonnée d'avoir empoché des millions de dollars en exportant, illégalement, de l'ivoire de contrebande. N'ayant pas rangé ses ambitions politiques dans le tiroir, l'épouse de Camarade Bob va rester la cible de la nouvelle équipe au pouvoir.

L'ex-président sud-africain, Jacob Zuma, pourrait comparaître devant la justice, dès avril, pour répondre d'accusations de corruption, fraude et blanchiment d'argent dans une vieille affaire de vente d'armes. On peut, donc, affirmer que dès, maintenant, commencent les malheurs de Jacob Zuma, son immunité présidentielle ne pouvant plus le protéger, justement, parce qu'il n'est plus président de la République.

Le général, Gilbert Diendéré, cerveau présumé du putsch manqué de septembre 2015 au Burkina Faso, a été inculpé d'attentat à la sûreté de l'Etat et trahison. Faiseur des basses besognes de Blaise Compaoré, il était, aussi, le patron du redoutable RSP (Régiment de sécurité présidentielle), qui faisait la pluie et le beau temps pendant le règne du « Beau Blaise ». Diendéré croupit en prison depuis son arrestation en septembre 2015, pour avoir tenté d'organiser le retour, par les armes, de son ancien mentor, actuellement, exilé en Côte d'Ivoire, pays dont il a, finalement, pris la nationalité.

Après avoir promis de mener "la guerre contre la corruption", le président nigérian, Muhammadu Buhari, est éclaboussé par un scandale visant l'un de ses proches, après la fuite d'une lettre du secrétaire d'Etat au Pétrole dénonçant des malversations au sein de la compagnie pétrolière d'Etat.

Blaise Compaoré a fui le Burkina Faso pour se réfugier en Côte d'Ivoire. Il n'est même plus Burkinabé, après avoir présidé aux destinées de ce pays pendant 27 ans. Il a pris la nationalité ivoirienne. On appréciera la grandeur de l'homme. Son dernier gouvernement, celui qui avait affronté la fronde avant la chute, lui, fait face aux juges, à Ouagadougou. Il s'agit de l'ex-premier ministre, Luc Adolphe Tiao, et 34 de ses ministres. Bien que cité comme les autres, Blaise Compaoré, lui, ne comparaît pas. Car il se la coule douce en Abidjan, sous la protection de celui dont il fut le mentor, Alassane Ouattara. Il s'agit d'un retour de l'ascenseur tout à fait inapproprié.

Le leader des Combattants pour la liberté économique (EFF), Julius Malema, fait, à nouveau, parler de lui. Il est en train de mettre Jacob Zuma en difficultés. Après avoir contraint le président sud-africain à laisser publier le rapport de l'ancienne médiatrice de la République, qui met en exergue sa relation incestueuse avec la famille Gupta, il veut, maintenant, affronter Zuma, dans le domaine de la propriété foncière en montrant comment l'action du gouvernement n'a pas été à la hauteur des attentes des militants de l'ANC.

Après avoir permis à Jacob Zuma de gagner du temps en allongeant la procédure, la très indépendante justice sud-africaine est, finalement, arrivée à le coincer. Elle lui accorde ni plus ni moins 45 jours pour payer ce qu'il doit à l'Etat : 500.000 dollars.

Au moment où le président, Alassane Ouattara, voudrait mettre son deuxième et dernier mandat à profit pour relever le défi de la réconciliation nationale, la question de la nationalité ivoirienne offerte à Blaise Compaoré pour échapper à la justice du Burkina Faso, n'est pas de nature à apaiser les tensions à l'intérieur de la Côte d'Ivoire.