Justice burkinabé

Il en a une peur bleue, de l'extradition. Celui qu'on nommait vice-président quand son frère, Blaise Compaoré, officiait comme président de la République du Burkina Faso. Aujourd'hui, le vent a tourné et François Compaoré a fui le pays (comme son frère Blaise) avant d'être rattrapé par la justice française. Ce mercredi, 13 juin, justement, cette justice française décidera de son sort, après qu'il a été mis en cause dans l'enquête sur l'assassinat du journaliste, Norbert Zongo, en 1998. Une affaire que le clan Compaoré ne recommencerait plus si c'était à recommencer.

L'ancien président de la transition, Michel Kafando, est bel et bien resté au Burkina Faso, à la fin de celle-ci. L'Union africaine l'a même gratifié du dossier burundais (ce qui n'est guère un cadeau) dans le but de ramener le pouvoir de Pierre Nkurunziza à la raison. Nkurunziza vient de quitter la CPI et a fait adopter un projet de constitution qui lui permet de mourir au pouvoir. Résultat : Michel Kafando a du pain sur la planche. Son premier ministre (qui l'avait installé au pouvoir), Isaac Zida, lui, a préféré se réfugier au Canada, pour avoir la paix, surtout, la vie sauve. Sa gestion des événements ayant abouti à la chute du régime de Blaise Compaoré n'aurait-elle pas été orthodoxe et la justice souhaite l'entendre sur un tas de choses ayant conduit à la mort d'une trentaine de personnes. Les avis sur l'ancien premier ministre sont partagés : entre les Burkinabé qui le remercient d'avoir fait tomber le régime de Blaise Compaoré et ceux qui pensent qu'il doit rendre les comptes sur sa gestion des événements. Zida, lui, répond par le silence.