Kagame

Les gens vivant de part et d'autre de la frontière entre l'Ouganda et le Rwanda à Katuna n'avaient jamais trop prêté d'attention à cette ligne de démarcation : les enfants la traversaient pour se rendre à l'école, les adultes pour aller travailler et le commerce prospérait. Cette harmonie a volé en éclats en février quand le Rwanda a, soudainement, décidé de fermer la frontière. Chauffeurs routiers et commerçants ont déserté les lieux, pendant que les soldats des deux pays s'y déployaient.

Alors que le continent, dans son ensemble, progresse, une certaine Afrique régresse. Celle dont les présidents cherchent à mourir au pouvoir. C'est le cas, notamment, du Djiboutien, Ismaël Omar Guelleh, qui perpétue une dictature (à l'écart des yeux des journalistes) ni vue ni connue, depuis de très longues années, du Rwandais, Paul Kagame, du Congolais et sanguinaire, Sassou Nguesso, et de quelques autres irréductibles.

Les Etats-Unis viennent de condamner le processus de réforme constitutionnelle qui conduit le président, Paul Kagame, à être en poste, au moins, jusqu'en 2034. A Paris, c'est comme si on disait, « Circulez, n'y a rien à voir » !

Instabilité généralisée, tueries à tous les étages, le « travail » (assassinats ciblés) est bien fait par les forces de Pierre Nkurunziza, accusé de plonger le pays dans la crise à cause d'un troisième mandat dont il n'avait pas droit.

Paul Kagame est tenté par le diable : briguer un troisième mandat successif que la constitution lui interdit. Ses amis occidentaux désapprouvent cette initiative soutenue par son parti, le FPR (Front patriotique rwandais), de facto, parti unique dans le pays.
L'ancien président du Mali et actuel émissaire de l'Union africaine, Alpha Oumar Konaré, s'est entretenu, début de cette semaine, du Soudan du Sud, au Rwanda, avec le président, Paul Kagame.