Karim Meckassoua

Le dictateur est (vraiment) à la manœuvre. Son fort, en général, c'est de savoir anticiper, c'est de sentir des opportunités et agir en conséquence avant tout le monde. Profite-t-il de l'état de santé précaire de son jeune homologue du Gabon, Ali Bongo Ondimba, pour tenter de lui régler (définitivement) son compte ? Toujours est-il que le bal des opposants et ennemis du président gabonais qu'il a organisé, ces derniers jours, à Paris, en marge de son séjour pour le Centenaire de l'Armistice, montre qu'il a un (odieux) plan dans la tête, lui qui ne fait rien pour rien.

Ce qui devait arriver arriva malgré son forcing et sa tardive campagne d'explication. En effet, le président de l'Assemblée nationale, Karim Meckassoua, a été, finalement, destitué, vendredi, 26 octobre, soir, par les députés. Dans le cadre de l'équilibre des pouvoirs, il avait bénéficié du soutien des députés de la majorité présidentielle pour accéder au perchoir, au titre de son appartenance à la communauté musulmane. Mais la politique ayant ses secrets que le secret ignore, il s'est trouvé que l'entente n'était plus au beau fixe entre l'exécutif et le législatif. La destitution de Karim Meckassoua a été dénoncée par des tirs dans sa circonscription, le quartier PK5 de Bangui, souvent, théâtre de violences et abritant la majorité des musulmans de la capitale. Sans prendre parti, il faut dire tout net que dans le contexte actuel où les miliciens musulmans quadrillent le pays, il faut espérer que l'éviction de Karim Meckassoua ne sera pas la goutte d'eau qui fera, à nouveau, déborder le vase.