législatives

Au moment où nous mettons sous presse, tout est calme au Togo et le dépouillement des bulletins dans les 8.498 bureaux de vote a commencé. Il se poursuivra toute cette nuit du 20 au 21 décembre tandis que la CENI disposera de six jours pour donner les résultats. On a besoin de dire : « Rien à signaler » car la journée tant de danger de ce 20 décembre que beaucoup d'observateurs étrangers redoutaient, a, plutôt, donné raison au pouvoir qui disait que le vote se passerait très bien, selon les normes internationales en la matière.

Les Togolais se rendent aux urnes, jeudi, 20 décembre, pour des élections législatives boycottées par la principale coalition de l’opposition. Cela fait plus d'un an que cette dernière affiche son refus d'aller aux élections tant que le président, Faure Gnassingbé, n'aura pas affirmé qu'il ne serait plus candidat à sa succession à la présidentielle de 2020. Injonction de nul effet, a, à plusieurs reprises, répondu la majorité présidentielle, par la bouche de Gilbert Bawara. La majorité présidentielle est d'accord pour la mise en place des réformes, à condition que le décompte des mandats présidentiels commence en 2020.

Finalement, Ali Bongo Ondimba (ABO) n'est pas si mal que cela en politique. On peut même oser une (certaine) comparaison : Tel père tel fils ! Car le patriarche Ondimba, son feu père, en effet, était un expert hors pair en matière politique. Personne ne rivalisait avec lui au Gabon, ni même dans la sous-région. ABO, c'est vrai, a mis un peu de temps à apprendre les leçons (toutes les leçons du célèbre professeur), mais, à force de forger, il est devenu, maintenant, forgeron. Après la calamiteuse présidentielle d'août 2016 où son parti, le PDG, était descendu dans les abîmes au point qu'on avait craint qu'il y découvre du pétrole, tellement il était allé bas, personne ne pouvait lui prédire une victoire aussi écrasante deux années, après, pendant les législatives. Nous y voilà pourtant ! Maître ABO (appellation désormais contrôlée) a, donc, sévi, détruisant au passage ceux qui lui cherchaient « noise », à commencer par ses ex-alliés du PDG, aujourd'hui, complètement, laminés. Certains vont même arrêter la politique. Jean Ping, lui, doit rire jaune en se disant : « Je leur avais bien dit de ne pas y aller. On aurait pu conserver une certaine crédibilité ». En fait, c'est lui Ping qui est fini. Il le sait. Même ses proches lieutenants ont été défaits. Afriqueeducation.com lui conseille, vivement, de se mettre, sans tarder, dans l'écriture de ses mémoires, ce que le patriarche n'avait pu faire (alors qu'il y pensait fortement) son départ éternel n'ayant jamais jamais été programmé. De cette façon, il aura fait bonne œuvre pour la postérité. Car il est (tout compte fait) un homme de (grande) valeur.

Plusieurs fois reportées pour diverses raisons, depuis deux ans, les élections législatives auront, finalement, lieu les 6 et 27 octobre, sur l'ensemble du territoire national. Ces élections sont les premières depuis la présidentielle d'août 2016. On espère qu'elles se dérouleront dans un climat apaisé, un dialogue pour apaiser les cœurs ayant entre-temps été organisé avec l'adoption d'une feuille de route qui est actuellement mise en œuvre. Signe tangible de ce dialogue : la vice-présidence de la République et le Conseil économique et social, sont deux institutions, actuellement, occupées par des membres de l'opposition. Le gouvernement, lui aussi, a été élargi à l'opposition qui y occupe, notamment, les ministères d'Etat de l'Enseignement supérieur et du Logement. Bref, les deux ans ont fait leur œuvre et la passion de septembre 2016 n'est vraiment plus de mise.

La coalition RHDP (Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix) aura, sans aucun doute, la majorité dans la nouvelle assemblée nationale, afin de permettre à Alassane Ouattara de terminer les travaux entrepris pendant son deuxième mandat. Mais, nul doute que le culot a payé : certains indépendants ont damé le pion aux candidats parachutés par le RHDP tandis que le limogeage de deux ministres ne leur a pas porté la poisse en tant que candidats à la députation.

Présidente de la très difficile transition centrafricaine, de janvier 2014 à mars 2016, Catherine Samba-Panza ne se sera pas reposée pendant longtemps. Si, sur le plan national, elle n'est pas, encore, sollicitée par le nouveau pouvoir, démocratiquement, élu, en février, l'Union africaine, en revanche, n'hésite pas à faire appel à ses compétences. C'est ainsi que dimanche, 18 décembre, elle supervisera les élections législatives, en Côte d'Ivoire, pour le compte de cette organisation.

Le président ivoirien, Alassane Ouattara, qui doit faire face à des frondeurs au sein de son propre camp, vise "une forte majorité au parlement" aux législatives du 18 décembre, dont la campagne a débuté ce samedi, 10 décembre.

Selon les résultats proclamés par la CENI, le CDP fait partie du trio de tête des formations politiques qui siégeront à la future Assemblée nationale.

La date des élections étant désormais connue, les successeurs potentiels de Blaise Compaoré auront, maintenant, 44 jours pour convaincre.