Laurent Gbagbo

La Cour pénale internationale (CPI) a condamné ce jeudi, 7 novembre, l'ex-chef de guerre congolais, Bosco Ntaganda, à une peine de 30 ans de prison pour des crimes de guerre et contre l'humanité. C'est la peine la plus lourde jamais prononcée par la juridiction basée à La Haye.

Pour commencer, je voudrais remercier les responsables et militants FPI de Boston de m’avoir invité à leur journée du militant. Mon propos s’articulera autour de deux mots : “espérance” et “lutte”. Lorsqu’on a connu des catastrophes comme celles du 19 septembre 2002 et le bombardement des symboles de notre souveraineté en 2010-2011, lorsqu’on a vu certains camarades mourir en prison ou en exil et qu’on constate que celui qui a provoqué toute cette tragédie continue d’avoir le soutien des pays se glorifiant d’être pour la démocratie et les droits de l’homme, la tentation est grande de céder au désespoir et de penser qu’il ne sert plus à rien de lutter. Le texte qui va suivre estime, au contraire, que nous devons, malgré tout, garder espoir et lutter pour la Côte d’Ivoire et l’Afrique parce que “l’on peut toujours reconstruire, même sur des ruines” (Martin Gray). Autrement dit, ce texte est une invitation à l’espérance que René Descartes définit comme “une disposition de l’âme à se persuader que ce qu’elle désire adviendra” (“Les passions de l’âme”).

Quelques GORs (“Gbagbo ou rien”) se sont offusqués de la réplique apportée par certains Ivoiriens aux propos tenus par Soro Kigbafori à Valence (Espagne), il y a quelques jours. Ils pensent que rappeler les crimes économiques et crimes contre l’humanité de Soro risquerait de mettre à mal l’union dont les fils et filles d’Eburnie ont aujourd’hui besoin pour débarrasser leur pays du monstre que le même Soro a contribué à installer au sommet de l’Etat ivoirien. Bref, à les en croire, l’on devrait tirer, non pas sur Soro qui aurait rallié la plateforme de Konan Bédié, mais, sur Dramane Ouattara qui, en ce moment, fait tout pour confisquer le pouvoir.

Laurent Gbagbo vient de discuter à Bruxelles (Belgique) avec Konan Bédié qui, en plus de l’avoir combattu et renversé avec la complicité de Nicolas Sarkozy et de Dramane Ouattara, le traita de tyran, puis, se réjouit de sa déportation et de son incarcération à La Haye. Si l’on en croit les rumeurs, il n’est pas impossible que l’ancien président accueille, dans les jours ou semaines à venir, Soro Kigbafori qui ne se priva pas, en Côte d’Ivoire comme à l’étranger, de l’accuser d’être un mauvais perdant et d’avoir exterminé des nordistes, des musulmans et des ressortissants de la CEDEAO. 

Claude Guéant, ministre de l’Intérieur de Sarkozy, était venu à Abidjan peu avant l’élection présidentielle d’octobre 2010. Après une rencontre avec le président Gbagbo, il déclara, un peu pince sans-rire, que son pays ne soutenait pas de candidat mais travaillerait avec celui qui serait élu par les Ivoiriens.

C’était en avril 2005. J’avais été invité, par une amie du Congo-Brazzaville, à la conférence mensuelle de “ Confrontations ”, un groupe d’intellectuels catholiques de Paris. Dans une salle de l’Institut catholique (21, rue d’Assas), pendant que nous prenions une collation, le comité d’organisation, probablement, informé de ma présence par Régine Oboa, vint me trouver là où j’étais assis. Le « chef » de ce comité me salua, puis, s’adressa à moi en ces termes : « Ma collègue Régine m’a dit que vous avez écrit un ouvrage sur ce qui se passe en Côte d’Ivoire depuis septembre 2002. On aimerait vous inviter, le mois prochain, si vous êtes disponible. Notre public aurait ainsi l’occasion d’écouter un témoignage de première main ». Il ajouta : « Comme notre groupe s’appelle “ Confrontations ”, on souhaiterait que vous et une autre personne puissiez confronter vos points de vue sur la situation dans votre pays. Cela signifie que le second conférencier pourrait ne pas voir les choses comme vous ». Sans hésiter, je donnai mon accord au projet et je proposai de débattre avec Jean-Pierre Dozon quand on me demanda si j’avais un nom en tête. 

Ces derniers jours, la meute a repris du service en répétant ad nauseam que Laurent Gbagbo allait en Belgique où vit sa « seconde épouse ». Espérait-elle « chauffer » le cœur de Simone Gbagbo et la braquer contre son mari ? Echec et mat puisque Simone s’est rendue, il y a trois jours, à Mama, à Gagnoa, dans sa belle-famille et chez elle, aussi, le village du mari devenant ipso facto celui de la femme dans plusieurs cultures africaines. Rêvaient-ils, ces aboyeurs et énergumènes de petite vertu, de salir, une fois de plus, Laurent Gbagbo ?

L'ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, acquitté par la Cour pénale internationale (CPI) de crimes contre l'humanité, est en liberté conditionnelle en Belgique, a annoncé la CPI, mardi, 5 février.

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ne sont plus en prison depuis vendredi, 1er février. La Cour pénale internationale (CPI) a libéré sous conditions, l'ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, suite à son retentissant acquittement, il y a deux semaines, de crimes contre l'humanité commis en 2010 et 2011 lors de violences post-électorales en Côte d'Ivoire. Il en est de même de son ancien ministre, Charles Blé Goudé. La CPI ayant refusé, pour le moment, leur retour en Côte d'Ivoire et ce, à la demande de la procureure, Fatou Bensouda, la Belgique a accepté d'accueillir Laurent Gbagbo. Pas de pays d'accueil pour le moment pour Charles Blé Goudé.

Je comprends parfaitement la déception et la colère des Ivoiriens face à une décision qui témoigne d’une certaine légèreté et d’un racisme certain tout en discréditant un peu plus la CPI (Cour pénale internationale) mais qu’est-ce que deux semaines supplémentaires pour un homme qui a déjà passé 7 ans en prison ? Contre mauvaise fortune, faisons donc bon cœur. Ne laissons pas les esclavagistes modernes gâcher notre joie de voir nos deux frères acquittés !

Premier ancien chef d'Etat traduit devant la Cour, Laurent Gbagbo était en détention depuis sept ans. Après avoir recouvré la liberté, il va regagner la Côte d'Ivoire, son pays, dans quelques jours. Il en est de même de Charles Blé Goudé. L'élargissement de l'ancien président ivoirien change les cartes de l'élection présidentielle de 2020 qui risque d'être plus ouverte que jamais.

Alors que chacun de nous espérait qu’il tiendrait le coup jusqu’à la libération de Laurent Gbagbo pour faire la passation de service avec lui, voici qu’Aboudrahamane Sangaré nous quitta, le 3 novembre 2018. Ce jour-là et les autres qui suivirent furent vécus ici et là comme une catastrophe, tant nous étions assommés, dévastés, anéantis. Nous pleurâmes et pleurâmes alors, versant quantité de larmes. Cette subite disparition nous apparaissait comme une injustice, nous mettait en colère, et nul ne savait où trouver la force de porter la croix de cette autre cruelle épreuve, après le départ inattendu de Raymond Abouo N’Dori et de Marcel Gossio. Nous en étions réduits à nous demander pourquoi le sort nous frappait et nous malmenait de cette façon, sept ans après le renversement et la déportation de Laurent Gbagbo par les forces impérialistes. Bref, sans crier gare et avant de remettre les clés du « Temple » à son alter ego, Sangaré s’en alla mais, il restera de lui ce qu’il a semé et ce qu’il a partagé aux mendiants de la liberté et de la justice. Ce qu’il a semé et partagé, en d’autres, en nous, germera. Mais qu’a-t-il semé et partagé ? Quel est le message essentiel qu’il nous laisse et que nous avons l’obligation de faire fructifier ?

On a dit aux militants du FPI que Laurent Gbagbo, injustement, détenu à La Haye (Pays-Bas) depuis le 30 novembre 2011, serait libéré en 2017 et qu’il fallait se préparer à l’accueillir. Malheureusement, la “prophétie” ne se réalisa pas. Au début de cette année 2018, on entonna le même refrain : “Il sera là bientôt et c’est avec lui que nous irons à la reconquête du pouvoir.” Ainsi, il n’est pas demandé aux militants d’engager la lutte pour la liberté et la justice comme dans les années 1990 mais d’attendre Gbagbo.

Ce matin, j’ai regardé, dans les journaux abidjanais, le compte-rendu de la conférence de presse animée hier par Abou Drahamane Sangaré (le représentant de l'aile du FPI qui a pour président Laurent Gbagbo, ndlr). Alors que je pensais y trouver quelque chose de nouveau, je me suis aperçu que le conférencier reprenait simplement une ancienne demande de Bédié : le report des élections municipales et régionales du 13 octobre 2018 à une date ultérieure et la réforme de la Commission électorale. Une demande à laquelle Dramane Ouattara avait, déjà, opposé une fin de non-recevoir.

“Je ne comprends pas pourquoi des personnes sont parachutées dans certaines localités pour être des élus de la Nation alors que le président, Félix Houphouët-Boigny, nous a appris la géopolitique. Aujourd’hui, celui qui parle au nom des Dida de Lakota à l’Assemblée nationale s’appelle Kouyaté Abdoulaye. Je trouve inadmissible que celui qui parle au nom des Abbey à l’Assemblée nationale s’appelle Adama Bictogo, que celui qui parle au nom des Agni d’Aboisso s’appelle Sylla.” Mais, il n'y a pas de réciprocité dans la partie musulmane du pays.

L'envie de sortir de prison de Laurent Gbagbo semble prendre le dessus sur le bon sens. Présidée par un proche de l'ancien président, Aboudramane Sangaré, l'aile dissidente du FPI (Front populaire ivoirien) a confié sa présidence au prisonnier Laurent Gbagbo. Autrement dit, c'est depuis sa prison de la CPI (Cour pénale internationale) qu'il dirigera son aile du FPI, l'autre aile, dite officielle, étant présidée par l'ancien premier ministre, Pascal Affi N'Guessan. Les partisans de Laurent Gbagbo n'ont pas tort de le positionner. Sa demande de liberté provisoire devrait être examinée en octobre. Cette fois-ci, ses avocats gardent bon espoir après la libération du RDCongolais, Jean-Pierre Bemba, dont le dossier, comme celui de Gbagbo, était, aussi, vide bien que gardé en prison. Bemba s'est, d'ores et déjà, porté candidat à la présidentielle du 23 décembre au Congo-Kinshasa, dès le 3 août.
Le RHDP ayant donné lieu à un parti unifié qui ne réunit pas tous ses partis adhérents dont le PDCI d'Henri Konan Bédié, il y a donc de la contestation dans l'air dans l'initiative conduite par le président, Alassane Ouattara. Visiblement, le PDCI serait à la recherche de nouvelles alliances pour présenter son candidat à la présidentielle de 2020, après avoir refusé de se soumettre aux primaires voulues par Alassane Ouattara. Désigné président du parti unifié (RHDP), Alassane Ouattara se dirigerait, doucement mais sûrement, vers un troisième mandat dont ne veut plus le PDCI. Les alliances de la vieille dame cinquantenaire serait, donc, à rechercher du côté des ennemis d'hier, en l'occurrence, les deux tendances du FPI.
Dans tous les cas, l'élection de Laurent Gbagbo comme président d'une aile du FPI n'est pas anodine. Elle sonne comme une volonté de ce parti de sortir de son isolement en mettant en avant celui qui symbolise le mieux ses valeurs, son unité, surtout, son rayonnement. Les grandes manœuvres pour 2020 ne font que commencer.

L'ex-président de la Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, a exhorté les juges internationaux à prononcer son acquittement et à le libérer de prison, argumentant que le procureur n'a pas été en mesure de prouver les accusations de crimes contre l'humanité. Du coup, Fatou Bensouda, ce fameux procureur, est sous pression après la libération du RDCongolais Jean-Pierre Bemba. On imagine ce qu'il deviendrait, en terme de crédibilité si les juges suivaient, une fois de plus, l'ancien président ivoirien dans sa requête.

Que de menteurs, que de manipulateurs, que de caméléons en Côte d'Ivoire où de grands hommes ont, pourtant, souvent, montré la voie à suivre, sans faillir. Il en est, par exemple, de l'ancien cardinal, Bernard Yago, qui, sa Bible dans la main, tint, à plusieurs reprises, un discours de vérité au Tout Puissant Houphouët-Boigny. Aujourd'hui, c'est un comportement contraire qu'on voit un peu partout. Mais, peut-on être fier et heureux tout en bafouant les commandements du Très Haut ? A chacun d'interroger sa conscience profonde.

Le 28 août 2017, le procès du président Laurent Gbagbo et du Ministre Charles Blé Goudé a repris à la Cour pénale internationale (CPI). Mais auparavant deux événements importants sont intervenus dans le déroulement de la procédure visant la liberté provisoire du président Laurent Gbagbo. Ils pourraient, à terme, modifier les données de cette affaire au niveau de l’instance criminelle.

Professeur de littérature africaine à l'Université de Temple en Pennsylvanie (Etats-Unis), notre ami, Jean-Claude Djereke, n'y va pas de main morte contre le régime d'Alassane Ouattara dont il demande la chute sans porter les gants. Alassane Ouattara un chef d'Etat qui oeuvrerait contre les intérêts des Ivoiriens et qui recevrait ses ordres de Paris.