Laurent Gbagbo.

Quelqu’un, après avoir lu mon post sur “le FPI fait quoi si Gbagbo n’est pas libéré en 2019 ?”, m’a interpellé, ce que je ne trouve pas anormal car, pour moi, tout amoureux de la démocratie devrait accepter d’être contredit ou critiqué, pourvu que ce qu’il a écrit ou dit soit bien compris et que la critique qui lui est adressée soit fondée et argumentée. Mon interlocuteur estime que mon post est politiquement incorrect, que je laisse entendre comme Affi N’Guessan qu’il faut tourner la page Laurent Gbagbo, qu’il est important d’attendre Gbagbo parce qu’il est un maillon essentiel de la réconciliation en Côte d’Ivoire et donc qu’il n’y a ni plan B ni plan C. 

Il veut la réconciliation mais considère toujours le 19 septembre 2002 comme la naissance d’un nouvel espoir. Un Forum de réconciliation nationale, où la parole ne fut jamais autant libérée, fut organisé pendant 2 mois (du 9 octobre au 18 décembre 2001). Il s’agissait, pour la Côte d'Ivoire, de “porter, sans complaisance, un regard critique sur son passé pour se projeter dans l’avenir” (discours de Laurent Gbagbo à l’ouverture du Forum).

Après la libération des prisonniers politiques (Soul to Soul, chez qui on saisit des tonnes d’armes, en faisait-il partie ?), certaines personnes n’ont pas tardé à affirmer que ladite libération était le fruit de notre résistance, intransigeance et détermination. Certes, nous avons toujours soutenu que nos frères ne méritaient pas d’être incarcérés pour leurs opinions ou pour leur appartenance au parti de Laurent Gbagbo; certes, nous n’avons jamais cessé d’exiger leur libération (bravo à chacun de nous pour cette constance!) mais, il ne me semble ni vrai, ni honnête de nous attribuer la fin des souffrances de nos camarades, même si nous nous réjouissons tous qu’ils soient, enfin, sortis (dans quel état ?) de cet enfer car, si nous étions, aussi, combatifs que cela, si nous étions aussi déterminés, aussi intransigeants que nous le prétendons, Simone Ehivet, Moïse Lida Kouassi, Assoa Adou, et les autres n’auraient pas attendu 7 ans (je dis bien 7 ans) avant de recouvrer la liberté.

La victoire de Donald Trump est-elle synonyme de non-interventionnisme (politique et militaire) en Afrique comme sous l'ère du démocrate Barack Obama ? On le croit fermement en Afrique.