Lazarus Chakwera élu.

L'opposition remporte l'élection présidentielle. Au terme de quatre longues journées de dépouillement, la Commission électorale (MEC) a confirmé, samedi, 27 juin, la large victoire de l'opposant, Lazarus Chakwera, avec 58,57 % des suffrages, face au chef de l'Etat sortant, Peter Mutharika. La question centrale se pose : pourquoi la démocratie et l'alternance à la tête de l'Etat sont beaucoup plus effectives dans les anciennes colonies anglaises que françaises ? Aussi bien, en Afrique de l'Ouest que du Centre, de l'Est et australe, les pays anglophones, connaissent partout l'alternance alors que les pays francophones, surtout, d'Afrique centrale sont hostiles au changement de président. Une remarque rapide : les pays francophones qui sont rétifs à l'alternance à la tête de l'Etat, sont, souvent, accusés d'être sous la forte emprise de la France, sur le plan économique et politique. Autrement dit, la longévité des chefs d'Etat francophones d'Afrique centrale est due à leur soumission et à leur docilité à la France. C'est pourquoi certains observateurs sévères les considèrent non pas comme des chefs d'Etat élus par leurs peuples, mais, comme de simples et vulgaires sous-préfets de la France. Dans les pays anglophones, au contraire, c'est la réelle démocratie. Le président est élu par le peuple et non par Londres. La défaite du président sortant, Peter Mutharika, malgré le fait qu'il est en poste et pouvait profiter de la complaisance de l'administration, est la preuve que le Malawi appartient aux Malawites.