Libye

Un convoi du chef du gouvernement d'union nationale libyen (GNA), Fayez al-Sarraj, a essuyé, ce lundi, 20 février, des tirs, à Tripoli, selon les porte-parole du GNA et du Conseil d'Etat libyen.

Les chefs de la diplomatie tunisienne, algérienne et égyptienne se réuniront, dimanche, 19 février, à Tunis, pour discuter des moyens de mettre fin à la crise en Libye six ans après le début de la révolte dans ce pays.

Les mots ne pourraient pas bien qualifier la déception du nouveau secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, après l'affront que vient de lui faire subir Donald Trump, en mettant le veto des Etats-Unis à la nomination du Palestinien, Salam Fayyad, comme envoyé spécial des Nations-Unies en Libye.

On ne sait pas si Donald Trump va insuffler une politique, carrément, anti-arabe dans le monde. La façon dont il vient de bloquer la nomination du successeur de Martin Kobler, comme émissaire des Nations-Unies en Libye, peut le laisser penser. En effet, Palestinien et ancien premier ministre, Salam Fayyad a été récusé par Washington. Une décision qui crée un certain émoi aux Nations-Unies.

Il est "temps de fermer" la voie de passage des migrants clandestins entre la Libye et l'Italie et cet objectif est "à notre portée", a affirmé, jeudi, 2 février, le président du Conseil européen, Donald Tusk. Malheureusement, Donald Tusk a évité d'aborder les causes de cette immigration, à savoir, la pauvreté, mais aussi, la très mal-gouvernance des pays africains, parfois, encouragée par certaines capitales européennes.

Décidément, l'Egypte confirme son leadership (total) dans le dossier libyen, au nom du réalisme, de la connaissance du terrain, de la proximité et de l'efficacité militaro-diplomatique. Alors que le Congo-Brazzaville annonçait, il y a quelques jours, un Sommet sur le dossier libyen, à Brazzaville, en date du 25 janvier, l'Egypte qui s'est saisi de ce dossier, il y a quelques jours, seulement, annonce, de son côté, la tenue d'une rencontre au sommet entre les frères ennemis libyens, au Caire, à savoir, le premier ministre, Fayez al-Sarraj et le maréchal, Khalifa Haftar. Avant la tenue du Sommet de l'Union africaine à Addis Abeba ou juste après. C'est la preuve que le principal interlocuteur africain pour la Libye, est bien le maréchal président, Abdel Fattah al-Sissi, et non, le Congolais, Denis Sassou Nguesso.

En sa qualité de président du Comité de haut niveau de l'Union africaine (UA) sur la Libye, depuis le 9 novembre 2016, le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, devrait être, logiquement, le « Monsieur Afrique » sur la question libyenne, ayant la capacité de discuter en tant que tel, devant les interlocuteurs occidentaux, impliqués, eux aussi, dans cette question libyenne. Cela ne sera pas le cas, l'Egypte s'octroyant de facto ce dossier pour cause de proximité avec la Libye et de meilleure compréhension de ce dossier plus que le lointain Congo-Brazzaville qui, décidément, veut être de toutes les médiations en Afrique, même quand il n'en a pas la capacité. Sassou-Nguesso a, d'ores et déjà, programmé un Sommet sur la Libye, le 25 janvier, à Brazzaville. Aura-t-il, encore, lieu ?

Après la défaite du groupe extrémiste, Etat islamique (EI), dans son fief libyen de Syrte, les principales factions rivales de la Libye se livrent une lutte d'influence sans merci, faisant planer la menace d'un conflit généralisé.

Un avion de ligne intérieure libyen vient d'être détourné vers Malte. Les terroristes menacent de le faire exploser.

L'Etat islamique (EI ou Daesh) s'affaiblit, partout, dans le monde : en Syrie, il a été chassé d'Alep, sa principale base de lutte ; en Irak, il est pourchassé jusqu'à ses moindres retranchements. En Libye où il avait tendance à se regrouper comme base arrière, il vient d'être délogé. De son côté, son démembrement en Afrique de l'Ouest et du Centre, Boko Haram, connaît déculottée sur déculottée. Son affaiblissement a encouragé le Nigeria, le Cameroun et le Tchad, à rouvrir leurs frontières qui avaient été fermées du fait de ses attentats et tueries passés.

L'homme d'affaires franco-libanais, Ziad Takieddine, a été mis en examen pour "complicité de corruption d'agent public étranger" et pour "complicité de détournements de fonds publics en Libye", a précisé son avocate.

Cinquante-cinq sites sur 1.052 biens dans le monde figurent, actuellement, sur la liste du patrimoine mondial "en péril" de l'Unesco.

Le mouvement djihadiste, Al-Mourabitoune, de l'Algérien, Mokhtar Belmokhtar, visé par une frappe française en Libye et, probablement, mort selon un responsable américain, a rallié Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) en 2015.

Ils sont, toujours, indéboulonnables depuis six mois que la Coalition internationale veut les bouter hors de Syrte. Les djihadistes de l'Etat islamique (EI ou Daesh) refusent, toujours, d'abdiquer.

L'Occident a porté un coup terrible à l'Afrique en faisant assassiner l'un de ses leaders les plus charismatiques. Et des plus indociles. Pensant le remplacer par une équipe de "béni oui oui" sous ses ordres, l'Occident, après cette déstabilisation planifiée de la Libye, peine, aujourd'hui, à y favoriser le retour de la paix et de la prospérité, comme dans le passé. Du coup, les Libyens regrettent, ouvertement, l'époque du frère guide. Et condamnent, fermement, l'Occident.

Après avoir liquidé Mu'ammar al Kadhafi qui n'arrêtait pas de dire qu'il était le véritable rempart contre une immigration massive des Africains vers le sol européen, l'Union européenne, incapable d'endiguer le flot de migrants venus des côtes africaines, en vient à proposer une solution à peine croyable : la construction des « camps de migrants » sur le sol libyen afin d'empêcher les Africains d'atteindre la terre promise.

Ce sont les Nations-Unies (ONU) qui viennent de tirer la sonnette d'alarme. Plus de 235.000 migrants se préparent à se lancer en mer pour rejoindre l'Europe du Sud. La situation s'est dégradée avec la prise de contrôle des terminaux pétroliers (c'est-à-dire de la Libye utile) par le général, Khalifa Haftar, rival du GNA (Gouvernement d'union nationale) soutenu par la communauté internationale.

Bonne nouvelle pour la Libye. Mais pas dans le sens voulu par la communauté internationale dont le Gouvernement d'union nationale (GNA) ne parvient à ne rien contrôler de significatif dans le pays. C'est le général Haftar Khalifa, non reconnu par la communauté internationale, mais, discrètement, soutenu par l'Egypte et le Tchad, qui a le vent en poupe. Pour preuve, il contrôle les 4 terminaux pétroliers du pays. Donc, s'octroie le vrai pouvoir politique.

Pendant que le gouvernement reconnu par la communauté internationale poursuit son programme de destruction chimique, le général, Khalifa Haftar, le général rebelle, de son côté, a réussi à arracher des mains de ses adversaires, trois terminaux pétroliers, ce qui fait autant de recettes en moins, pour le gouvernement légal.

Pour un drame qui a eu lieu dimanche, le gouvernement s'est bien gardé d'en faire état. Sans doute, ne voulait-il pas apeurer (encore plus) le peuple français qui venait d'être affecté par le carnage de la Promenade des Anglais, le 14 juillet, à Nice, qui a fait 84 morts.