Madagascar

Madagascar, habitué aux crises qui aboutissent parfois à des coups d'état militaires et à la transition politique, a failli récidiver, n'eût été le sursaut de tout un pays qui en a marre de cet éternel recommencement. Ecoutant son opposition et se pliant aux injonctions des institutions dont la Haute Cour constitutionnelle, le président de la République, Heri Rajaonarimampianina, a nommé un premier ministre de consensus et annoncé la tenue de l'élection présidentielle ouverte à tous, avant la fin de cette année. La température a, immédiatement, rebaissé en attendant l'ouverture de la campagne électorale.

Le président malgache, Hery Rajaonarimampianina, a nommé, lundi, 4 juin, en fin de journée, Christian Ntsay, nouveau premier ministre, lors d'une adresse à la nation au Palais d'Etat d'Iavoloha. Le nouveau premier ministre est le fruit du consensus politique entre la majorité présidentielle, l'opposition, sous la discrète surveillance du Conseil constitutionnel. Quatrième premier ministre du président, Hery Rajaonarimampianina, il terminera son premier mandat et sera, notamment, chargé de l'organisation de la future élection présidentielle dont la date n'est pas encore fixée, mais, qui devrait se tenir, avant la fin de cette année.

Le ministre malgache de la Défense, Béni Xavier Rasolofonirina, a tapé du poing sur la table, jeudi, 31 mai, en menaçant de faire intervenir les forces de défense et de sécurité si le gouvernement et l'opposition ne trouvent pas, rapidement, une issue à la crise politique qui secoue le pays depuis plus d'un mois. En langage non policé, il s'agit de la prise du pouvoir par la force. Autrement dit, les militaires viendraient mettre de l'ordre dans les affaires de l'Etat que les politiques auraient mis sens dessus dessous. L'avertissement du ministre de la Défense est à prendre d'autant plus au sérieux que ce n'est pas la première fois que l'armée prend le pouvoir pour départager les civils en conflit.

Le président malgache, Hery Rajaonarimampianina, est dans le collimateur de l'opposition dont la montée en force est un grand risque pour son maintien à la tête de l'Etat. En effet, cette opposition a durci, mardi, 24 avril, son discours contre le gouvernement en exigeant, ni plus ni moins, la démission du président de la République, lors de la quatrième journée consécutive de manifestations dans la capitale Antananarivo. C'est la première fois que cette revendication est, publiquement, clamée. Quand on connaît la puissance de l'opposition, le président de la République ne peut qu'être très inquiet.