Madagascar

Une très grande et bonne nouvelle. Pas seulement pour les fidèles catholiques, mais, pour tous les croyants et même pour le pays tout entier. Pourtant, cette bonne nouvelle a failli passer inaperçue à cause du flot d'informations qui occupent la Une de l'actualité africaine : législatives au Gabon au lendemain de la périlleuse présidentielle d'août 2016, présidentielle au Cameroun sur fond de suspicion de part et d'autre, désignation de candidats devant s'affronter à la présidentielle du Nigeria de février 2019, duel au sommet entre les deux partenaires d'hier que sont Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié, etc. Bref, le temporel a, ces derniers temps, pris le dessus sur le spirituel, mettant aux oubliettes l'une des meilleures annonces de cette fin d'année en Afrique : la venue du très Saint-Père à Madagascar en 2019 à une date pas encore déterminée.

La Haute cour constitutionnelle malgache (HCC) a annoncé, mardi, 22 août, avoir enregistré pas moins de 46 candidatures pour l'élection présidentielle prévue à la fin de l'année dans le pays, dont celles de ses trois derniers chefs de l'Etat en date. Les Malgaches n'auront que l'embarras du choix. Mais à qui profite cette multitude de candidatures ? Sans doute pas à la démocratie. Parmi les candidats, on compte, les anciens présidents, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, mais surtout, l'amiral rouge, Didier Ratsiraka, qui, à 81 ans, voudrait revenir au premier plan.

Madagascar, habitué aux crises qui aboutissent parfois à des coups d'état militaires et à la transition politique, a failli récidiver, n'eût été le sursaut de tout un pays qui en a marre de cet éternel recommencement. Ecoutant son opposition et se pliant aux injonctions des institutions dont la Haute Cour constitutionnelle, le président de la République, Heri Rajaonarimampianina, a nommé un premier ministre de consensus et annoncé la tenue de l'élection présidentielle ouverte à tous, avant la fin de cette année. La température a, immédiatement, rebaissé en attendant l'ouverture de la campagne électorale.

Le président malgache, Hery Rajaonarimampianina, a nommé, lundi, 4 juin, en fin de journée, Christian Ntsay, nouveau premier ministre, lors d'une adresse à la nation au Palais d'Etat d'Iavoloha. Le nouveau premier ministre est le fruit du consensus politique entre la majorité présidentielle, l'opposition, sous la discrète surveillance du Conseil constitutionnel. Quatrième premier ministre du président, Hery Rajaonarimampianina, il terminera son premier mandat et sera, notamment, chargé de l'organisation de la future élection présidentielle dont la date n'est pas encore fixée, mais, qui devrait se tenir, avant la fin de cette année.

Le ministre malgache de la Défense, Béni Xavier Rasolofonirina, a tapé du poing sur la table, jeudi, 31 mai, en menaçant de faire intervenir les forces de défense et de sécurité si le gouvernement et l'opposition ne trouvent pas, rapidement, une issue à la crise politique qui secoue le pays depuis plus d'un mois. En langage non policé, il s'agit de la prise du pouvoir par la force. Autrement dit, les militaires viendraient mettre de l'ordre dans les affaires de l'Etat que les politiques auraient mis sens dessus dessous. L'avertissement du ministre de la Défense est à prendre d'autant plus au sérieux que ce n'est pas la première fois que l'armée prend le pouvoir pour départager les civils en conflit.

Le président malgache, Hery Rajaonarimampianina, est dans le collimateur de l'opposition dont la montée en force est un grand risque pour son maintien à la tête de l'Etat. En effet, cette opposition a durci, mardi, 24 avril, son discours contre le gouvernement en exigeant, ni plus ni moins, la démission du président de la République, lors de la quatrième journée consécutive de manifestations dans la capitale Antananarivo. C'est la première fois que cette revendication est, publiquement, clamée. Quand on connaît la puissance de l'opposition, le président de la République ne peut qu'être très inquiet.