Mali

Le candidat de l'opposition au Mali, Soumaïla Cissé, a rejeté, lundi, 13 août, à l'avance, les résultats du second tour de la présidentielle, entachés, selon lui, de fraudes, et appelé la population à "se lever". Soumaïla Cissé veut-il brûler le Mali après s'être rendu compte qu'il ne sera pas son prochain président de la République ? La question mérite d'être posée.

La température est en train de changer à la vitesse V au Mali où dix-huit des 24 candidats à la présidentielle du 29 juillet ont "exigé", ce lundi, 6 août, "la démission" du ministre chargé des élections et appelé à manifester mardi, dénonçant un "hold-up électoral" par le camp du chef d'Etat sortant, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), arrivé en tête du premier tour du scrutin. La situation politique se dégrade à vue d'oeil et du coup se pose la question de la tenue dans la sérénité du deuxième tour en date du 12 août prochain.

Sauf cas de force majeure qui a défié toutes les lois de la physique, le chef de l'opposition, Soumaïla Cissé, le restera, pendant les cinq prochaines années. Car avec 18% obtenus au premier tour, il y a de fortes chances qu'il ne rattrape pas son retard comme Alpha Condé, lors du deuxième tour qui l'opposa, en Guinée, à Celou Dalein Diallo en 2010. Après avoir obtenu un peu plus de 20,67% au premier tour contre plus de 39,72% pour Celou Dalein Diallo, Alpha Condé réussit l'exploit de gagner le deuxième tour avec 52,52% alors que les deuxième et troisième candidats de cette élection avaient appelé à voter Celou Dalein Diallo.
L'histoire va-t-elle se répéter au Mali ? Que non ! Ibrahim Boubacar Keita (IBK pour les intimes) est (contrairement à Celou Dalein Diallo) le président sortant, qui gère la machine électorale et contrôle l'administration. Quand ses partisans annonçaient une victoire de leur candidat dès le premier tour, ils n'étaient pas loin de la vérité. Le deuxième tour, sauf retournement de situation, sera, largement, à son avantage. Ceux qui, en France, ne voulaient plus voir IBK au Palais de Koulouba, doivent revoir leurs petites fiches : ils se le « taperont » pendant un nouveau quinquennat bien rempli.

Et si IBK (Ibrahim Boubacar Keita), le président sortant, malgré son fâcheux bilan, était, encore, le meilleur atout malien dans la crise actuelle ? En cinq ans, on ne peut, vraiment, pas dire que le président-candidat à sa succession, ait eu des circonstances atténuantes. Il a, lui-même, montré des insuffisances en nommant cinq premiers ministres en cinq ans de mandat. Autant dire qu'il ne sait pas, exactement, où il va. Pourtant, même s'il est considéré comme n'étant pas la personne qu'il faut pour résoudre la crise, la France pense que le président IBK sera réélu. Les Nations-Unies, quant à elles, le soutiennent, sinon, le secrétaire général, Antonio Guterres, aurait attendu que la présidentielle prévue fin juillet, se tienne, avant de courir rencontrer ses casques bleus de la MINUSMA. Et si la journée internationale des Casques bleus n'était qu'un prétexte ?

Mamoudou Gassama, le Malien qui a sauvé un enfant à Paris, va être naturalisé et intégrer le corps des sapeurs pompiers, annonce Emmanuel Macron, ce lundi, 28 mai. Le « sans papier » (appellation française pour distinguer certains Africains des autres qui ont des papiers) avait escaladé un immeuble parisien pour sauver un enfant suspendu dans le vide. Un acte de bravoure. Une véritable scène à la Rambo qui a émerveillé jusqu'à la France qui vote Front national, et que Emmanuel Macron a tenu à saluer. Honneur à lui !

Qui a dit qu'Ibrahim Boubacar Keita (IBK) était terminé ? Il a, certes, eu un mandat très très difficile. Le fait qu'il ait nommé 5 premiers ministres en 5 ans, le prouve aisément. Mais, il n'entend pas abdiquer, pour autant, et la multiplicité de candidatures, au premier tour, joue, forcément, en sa faveur. C'est pourquoi la position du parti ADEMA, parti qui compte dans l'échiquier politique malien, et qui a, déjà, eu à gérer le pouvoir, était à suivre : ce parti allait-il désigner un candidat en son sein ou pas ? Sans demander son avis, le choix de ses hiérarques semblait se porter sur l'ancien président de transition, Dioncounda Traoré, jusqu'à ce qu'il décline l'offre. Résultat, l'ADEMA, orpheline de candidat, offre, maintenant, un spectacle de division avec trois tendances en son sein : une première tendance qui va soutenir IBK (qui ne demande pas mieux), une deuxième tendance qui apportera son appui au candidat de l'opposition, Soumaïla Cissé, et une troisième tendance, qui choisit de ne pas choisir. Du moins, pour le moment.

Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a nommé premier ministre, l'ancien ministre de la Défense, Soumeylou Boubèye Maiga, en remplacement d'Abdoulaye Idrissa Maiga qui était en poste depuis, seulement, avril. On espère que ce 5e premier ministre sera le tout dernier du premier quinquennat d'IBK car l'élection présidentielle aura lieu mi-2018. Mais avec le président malien, ne sait-on jamais.

L'ex-président malien, Amadou Toumani Touré, en exil au Sénégal depuis le coup d'état qui l'a renversé, il y a cinq ans, est rentré, dimanche, 24 décembre, à Bamako. C'est son premier Noël qu'il passe sur ses terres depuis le coup d'état qui l'éjecta du pouvoir à cause de sa catastrophique gestion du dossier « Djihadistes ». On lui reproche, entre autres, lui, le militaire faiseur de paix dans d'autres pays comme le Centrafrique, d'avoir fermé les yeux devant les islamistes qui gagnaient du terrain dans le Nord du pays. Il avait, plutôt, cherché à rapidement quitter le pouvoir en laissant cette délicate situation à son successeur. Malheureusement, l'assassinat de plus de 80 soldats maliens (certains avaient été égorgés), dans le Nord, par des djihadistes, avait vite sonné le glas de son pouvoir finissant. C'est ainsi que l'armée, très très mécontente de lui, le chassa du pouvoir avant de prendre le chemin de l'exil à Dakar.

Mort le 15 octobre, à l'hôpital de Sévaré, dans le Centre du Mali, à l'âge de 77 ans, de suite d'une longue maladie, l'écrivain malien, Yambo Ouologuem, a produit des œuvres qui ont marqué la littérature négro-africaine, ce que salue, ici, le doyen, Olympe Bhêly-Quenum, à sa manière.

Ecrivain malien célèbre, Yambo Ouologuem, sur le plan de l'âge, venait juste après la génération des Mongo Beti, Camara Laye, Olympe Bhêly-Quenum (encore en vie et bien actif), Birago Diop, Léopold Sédar Senghor, et bien d'autres qui ont bercé notre jeunesse de leurs recueils de poèmes ou de nouvelles. Moins médiatique mais percutant, Yambo Ouologuem développait une pensée profonde. Comme tout bon malien qui se respecte. C'est ce refus des phares des projecteurs qui l'a, sans doute, poussé à mourir un peu dans l'anonymat alors qu'il demeure un classique de la littérature négro-africaine. Mort, dimanche, 15 octobre, à Sévaré, dans le Centre du Mali, afriqueeducation.com adresse ses condoléances les plus attristées à la grande famille des écrivains africains, au gouvernement malien, ainsi qu'à sa famille éplorée.

Comment la guerre peut-elle être gagnée si l'administration d'Etat déserte le terrain, en laissant toute latitude aux rebelles d'y opérer seuls. C'est le cas, à Kidal, dans le Nord-Est du Mali, où le gouverneur (c'est-à-dire l'Etat) avait fui les lieux, depuis 2014, laissant le terrain aux différentes rébellions. Il est, aujourd'hui, de retour, après que les groupes armés pro-gouvernementaux aient accepté d'observer une trêve. C'est une attitude bien peureuse de la part des dirigeants de l'Etat qui devraient, plutôt, donner le bon exemple de courage et de détermination aux soldats maliens, français et des Nations-Unies, qui combattent les djihadistes avec beaucoup d'adversité sur le terrain.

Ahmad al Faqi al Mahdi, déjà, condamné à 9 ans de prison pour avoir ordonné la destruction de ces mausolées inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco, devra verser des réparations à la communauté de la ville de Tombouctou d'un montant de 2,7 millions d'euros.

A Bamako, on est très loin des efforts que l'on attendait de la France. Le budget de la Force a, enfin, été précisée. Sur les 423 millions d'euros que vont coûter les 5000 à 5.250 hommes de cette Force, près du quart pourra être mobilisé d'ici la fin de cette année. Et encore ! Les Américains avaient senti le piège, à l'avance, en refusant de payer pour les autres. C'est pourquoi en homme d'affaire avisé, Donald Trump avait demandé et obtenu que le financement de cette Force ne repose pas sur les Nations-Unies car il savait que l'essentiel du budget allait dépendre des Etats-Unis alors que les bénéfices politiques allaient revenir à la France.

Le débat sur la modification de la constitution engagé par le président, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), bat son plein. L'opposition est vent debout contre ce projet qu'elle trouve mal venue, inopportune, opportuniste. Le pays est divisé en deux, entre les pro et les anti-modification. Ce 2 juillet, alors que les manifestations sont interdites dans Bamako, pour cause de Sommet du G5 Sahel auquel participent les chefs d'Etat de Mauritanie, du Tchad, du Burkina Faso, du Niger, de France et du Mali, l'opposition a bravé les forces de police en mettant, ces dernières heures, plus de 2.000 personnes dans la rue. Heureusement sans violence. C'est dans ce contexte électrique que l'ancienne première dame du Mali, l'historienne, Adame Ba Konaré, a pris sa plus belle plume pour demander à l'ancien premier ministre de son illustre époux (Alpha Oumar Konaré), devenu, aujourd'hui, président de la République, de surseoir, tout simplement, à son projet de modification de la constitution. Solidement argumentée, sa lettre ne manque pas de sel.

Contrairement à ce qui se passe pour ce genre de rencontre, on ne sait pas encore sur quoi va exactement déboucher le prochain Sommet du G5 du Sahel prévu, à Bamako, le 2 juillet et auquel prendra part le chef de l'Etat français, Emmanuel Macron. Le côté financement de cette Force coince à cause des Américains qui considèrent l'Afrique comme un continent où il n'y a que des coups à prendre. Pour préparer ce Sommet, Paris essaie de se concerter, en amont, avec Alger, la véritable force militaire de cette sous-région. Mais comme toujours, rien n'est facile avec les Algériens, surtout, quand ils ont en face d'eux, les anciens colonisateurs français.

Ce n'est un secret pour personne que le quinquennat du président, Ibrahim Boubacar Keïta (IBM), est un véritable calvaire. Un exemple pour illustrer ce propos : en quatre ans de pouvoir, il en est à son quatrième premier ministre. Autrement dit, un chef du gouvernement tous les ans. L'efficacité et la cohésion des ministres s'en ressentent fortement. Et puis, il y a cette guerre contre les djihadistes qui gagne peu à peu le Centre et le Sud du pays, après avoir presque paralysé tout le Nord Mali, malgré la présence, sur place de la Minusma et de la force française Barkhane. Elle contribue, elle aussi, à plomber l'action gouvernementale. Les choses sont donc loin d'être simples pour IBK qui est, néanmoins, candidat à un deuxième mandat. C'est dans ce contexte politique difficile qu'il a initié une modification de la constitution, qui divise l'opinion publique et que dénonce l'opposition, à un an de l'élection présidentielle. Le président veut-il s'attribuer beaucoup trop de pouvoirs pour devenir roi comme l'accuse l'opposition ?

Le chef de l'Etat français, Emmanuel Macron, est bien arrivé à Gao, dans le Nord-Mali, ce vendredi, 19 mai 2017, où il mettra quelques sept heures, avant de retourner à Paris. Venu saluer les 1.600 soldats français de l'Opération Barkhane, dans le Nord-Mali, (selon une promesse de campagne), il a eu l'occasion de, longuement, s'entretenir avec le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keita (IBK).

Rien ne va au Mali. L'armée nationale n'en est pas une. Au point que l'intervention militaire décidée, en janvier 2013, par François Hollande, devient, aujourd'hui, quelque peu suspecte aux yeux de certains : « Les Français veulent-ils aider réellement le Mali à en finir ou s'agit-il d'une stratégie pour mieux s'implanter » ? Ces questions font l'objet de débat dans certains cercles africains, Serval ayant muté en Barkhane. Emmanuel Macron sera, vendredi, 19 mai, au Mali. Continuité ou rupture ? Avec Jean Yves Le Drian aux Affaires étrangères, c'est plutôt la continuité. Cela dit, les chefs d'Etat français et malien devront se dire les vérités en face, surtout, celles qui fâchent.

Plutôt le président malien, IBK (Ibrahim Boubacar Keita), démocratiquement, élu à son poste, que le dictateur tchadien, Idriss Déby Itno, réélu, en avril 2016, pour la cinquième fois consécutive, de la façon la plus contestable possible. Ayant émis le souhait de rendre visite aux soldats français à l'étranger qui combattent le terrorisme, Emmanuel Macron avait été averti : « Si, pour tes débuts, tu t'empresses de te rendre à N'Djamena pour serrer la main du dictateur, ce sera fâcheux pour ton image... ». Le « jeune » chef d'Etat apprend bien les leçons : il a pris bonne note de ce conseil. Il ne visitera pas l'état-major de Barkhane à N'Djamena, mais, directement, les soldats français qui en font partie, à Bamako, et dans le Nord du Mali.

En quatre ans de pouvoir, IBK (Ibrahim Boubacar Keita) en est à son quatrième premier ministre. A un an de la fin de son premier mandat, il n'a pas, encore, pu dénicher l'oiseau rare pour conduire à bien ses réformes. Quatre ans de pouvoir, quatre premiers ministres. Les Maliens vivent ces changements comme un éternel recommencement ! Leurs besoins, eux, sont énormes et constants. Le nouveau (et dernier ?) premier ministre du premier quinquennat d'IBK sera-t-il le dernier de la liste ?