Maréchal Haftar

Malgré les soutiens multiformes dont il bénéficie de différents pays, citons en vrac, la Russie, la France, les Etats-Unis, l'Egypte, l'Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis, le maréchal, Khalifa Haftar, n'a, jamais, réussi à prendre la capitale, Tripoli, comme il ambitionnait, en avril 2019, quand n'écoutant personne, il avait lancé une offensive solitaire pensant qu'il ne ferait qu'une petite bouchée, les combattants des forces du Gouvernement d'entente nationale (GEN) du premier ministre Sarraj. L'hémorragie côté Haftar continue : après avoir perdu l'un de ses principaux bastions, lundi, 18 mai, ses forces ont annoncé le début d'un repli de deux à trois kilomètres de toutes les lignes de front de la capitale Tripoli. Selon leur porte-parole, cette opération vise à faciliter les déplacements de population pendant le ramadan. Un mensonge éhonté qui cache plutôt une déconfiture militaire que subit l'ANL (Armée nationale libyenne) du maréchal Haftar. 

Après avoir mis le bordel en Libye, pays qui vivait, paisiblement, sous la dictature éclairée du colonel Kadhafi, les Occidentaux peinent, aujourd'hui, à y réinstaurer la paix. Chaque faction libyenne se fait manipuler, plus ou moins, par son mentor. Placé à Tripoli de façon fantoche par les Nations-Unies, le premier ministre, Fayez al-Sarraj, est réputé être l'homme des Occidentaux (à qui il ne sait pas dire Non). A l'Est, le maréchal Haftar dont les intentions sont, encore, floues, composent avec des puissances sous-régionales dont l'Egypte qui dispose d'une force militaire non négligeable. Il entretient, aussi, de très bonnes relations avec Moscou, qui fait attention à ne pas se faire enrôler par les Nations-Unies (les yeux fermés) et se retrouver, d'une manière ou d'une autre, à soutenir le gouvernement pro-occidental de Tripoli dirigé par Sarraj, l'ennemi de Haftar. En tournée à Moscou, ce lundi, 14 août, le maréchal Haftar a obtenu ce qu'il cherchait, à savoir, le soutien du gouvernement russe dans les futurs pourparlers inter-libyens. Il est à noter que dans ce processus difficile, point de place notable pour la « médiation » de l'Union africaine, conduite par le dictateur congolais, Sassou-Nguesso.