Marine Le Pen

Le Front national (FN) a créé la surprise en réussissant le ralliement du gaulliste, Nicolas Dupont-Aignant, président de Debout la France. Ancien membre du RPR et de l'UMP, il en est parti, en 2005, après que son parti et le Parti socialiste se mirent ensemble pour rejeter le vote du peuple qui ne voulait pas de l'Union européenne. Les Africains désapprouvent la Françafrique, cette politique de pillage systématique et de destruction de leur continent mise en oeuvre par les pouvoirs de droite et de gauche successifs à l'Elysée. Or, si les Républicains et le parti socialiste ont montré, sur ce plan qu'ils étaient bonnet blanc blanc bonnet, le FN, lui, veut que les Africains restent chez eux, aient leur monnaie différente du F CFA, exploitent leurs ressources et élisent, sans interférence extérieure, leurs dirigeants. Voilà pourquoi notre collaborateur se pose la question : qui en réalité est contre l'Afrique et les Africains ? Qui est contre la Françafrique ?

Depuis qu'elle est en chute dans les sondages, menacée comme jamais par le candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen a, considérablement, durci son discours. Non pas que celui-ci avait ramolli. Que non ! La fille de son père, voyant que ses diatribes sur l'immigration (son thème de prédilection) ne faisaient plus recette, la priorité des Français étant ailleurs, dans la sécurité, le chômage, les impôts, le niveau de vie, etc., avait quelque peu banalisé son discours en faisant du Fillon et du Dupont-Aignant, à leur place. Mais chassez le naturel, il revient au galop. La voilà rattrapée par ses vieux démons. Pour enrayer sa chute dans les sondages, elle loue, maintenant, les bienfaits de la colonisation, ce qu'elle n'avait jamais fait avant. Surtout, elle veut se démarquer d'Emmanuel Macron qui pense que la colonisation française est passible de crime contre l'humanité.

Le Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique, qui travaille depuis 2009 sur les processus électoraux en Afrique et sur la politique française en Afrique, a proposé à 11 candidat-e-s de la présidentielle française de 2017 d'informer les électeur-trice-s sur les grandes directions de leur programme concernant l'Afrique, en répondant à un questionnaire.
A la date limite du 9 mars 2017, six candidats ont répondu à ce questionnaire, dans l'ordre de réception, Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot, Marine Le Pen, Benoît Hamon, Nicolas Dupont-Aignan, Emmanuel Macron.
Afriqueeducation.com a choisi, (arbitrairement?), de ne publier que les réponses à trois questions (alternance, sincérité électorale et souveraineté monétaire) de quatre candidats : Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon.
Pour rappel, le premier tour de la présidentielle se déroulera le 23 avril et le deuxième tour, le 7 mai.