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Mauritanie

La principale incompréhension de ce scrutin, c'est finalement le fait que les candidats de l'opposition, se comportent comme s'ils espéraient, réellement, que le sortant, Mohamed Ould Abdel Aziz, avait accepté de quitter le pouvoir sans assurer ses arrières. Il a bien dit, dans une conférence de presse tenue avant la présidentielle, qu'il n'était pas exclu qu'il soit, à nouveau, candidat dans cinq ans, car le constitution ne le lui interdit pas. Le message était, suffisamment, clair pour faire comprendre aux Mauritaniens qu'il va assurer la réélection de son poulain (cela s'est fait au premier tour) qui assurera la gestion du pouvoir, pendant un seul mandat, avant son retour, en 2024. Si cette stratégie à la Poutine était décelable même pour un étudiant de deuxième année de sciences-politiques de l'Université de Nouakchott, elle n'a pas, volontairement, été prise en compte par l'opposition, surtout, les quatre candidats malheureux, qui veulent porter leur contestation auprès du Conseil constitutionnel. N'ont-ils pas autre chose à faire ?

Voilà un président de la République, qui, toutes ces dernières années, n'a pas varié d'un iota dans son discours. Il avait, toujours, dit que les versets du coran lui interdisaient de modifier la constitution pour briguer un troisième mandat consécutif, et qu'il respecterait la constitution. Comme sous d'autres cieux en Afrique, il s'est trouvé des partisans qui le poussaient à braver cet interdit d'ordre religieux et à penser, avant tout, au peuple qu'il n'avait pas le droit d'abandonner. Le général-président a passé outre ces faux conseils et écouté la voix de son cœur (ainsi que le coran), qui lui demandait de passer la main. Dans d'autres pays africains, les chefs d'Etat font le contraire parce qu'ils sont, tellement, liés à la jouissance du bien public pour lequel ils ne rendent aucun compte. Ce n'est, visiblement, pas le cas du président sortant. A Afriqueeducation.com, le général-président, Mohamed Ould Abdel Aziz, n'était pas notre tasse de thé. Il y était même, régulièrement, vilipendé. On lui reprochait beaucoup de choses dont le fait qu'il ait protégé (malgré quelques mesurettes) le système esclavagiste qui fait que les Noirs et les Haratines sont des Mauritaniens de seconde zone. Avec ce départ voulu, on lui reconnaît une hauteur d'esprit qui suscite du respect à son égard et de la sympathie à sa personne.

Le premier tour de l'élection présidentielle en Mauritanie a été, officiellement, fixé au samedi, 22 juin, et un éventuel second tour au 6 juillet, selon un décret présidentiel publié ce mercredi, 17 avril. La publication du décret ouvre la période officielle de dépôt de candidatures qui s'achève le mercredi 8 mai, selon le texte. Mais, plusieurs candidats se sont, déjà, déclarés, dont celui du parti au pouvoir, Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed, compagnon de toujours du président sortant, Mohamed Ould Abdel Aziz, qui ne peut se représenter au terme de son second mandat. Il a, rigoureusement, respecté non seulement la constitution, mais aussi, le coran qui l'interdisait d'aller à l'encontre de cette disposition. Une leçon en Afrique où les chefs d'Etat font tout ce qui est possible (et même impossible) pour mourir au pouvoir.

Voilà au moins un sujet qui unit les pays du Maghreb, et singulièrement, les Algériens dont certains soutiennent le pouvoir en place tandis que d'autres manifestent pour le départ d'Abdelaziz Bouteflika et de tout le système en place. L'unité politique tant recherchée et jamais trouvée au sein de l'Union du Maghreb arabe (UMA), se manifeste, aujourd'hui, sur le plan culturel, et plus précisément, de la gastronomie, à propos du « couscous », communément, appelé « couscous algérien ». Et si les merveilles de la table pouvaient unir les hommes ?

La Mauritanie a aboli l'esclavage en 1991, alors pourquoi criminalise-t-elle les opposants à l'esclavage, se demandent Irwin Cotler et Judith Abitan, deux défenseurs canadiens des droits de l'homme ? La triste vérité est que le pays du général-président (dictateur), Mohamed Ould Abdel Aziz, n’a pas aboli l’esclavage, mais reste sa dernière place forte.

Entre les militaires de mon pays et moi subsiste un mécompte séculaire, que nous peinons, ensemble, à apurer ; de notre laborieuse insolvabilité à deux, découlent des épanchements de bile et des déglutitions de rancœurs, d’une régularité plus ou moins mesurable.  Leur vaine rébellion contre le temps me conforte et procure de la pitié : gardiens d’une citadelle promise à la ruine, ils s’obstinent, cependant, à la croire inexpugnable. Or, parmi eux, à découvert, sans jamais agir à leur insu, je m’assume fossoyeur de cette bâtisse hideuse que maintient debout et désaltère le sang de mes ancêtres. Chaque jour, j’arrache une brique de l’édifice et défais ainsi un pan de mur ; mieux, désormais, je ne suis solitaire à l’ouvrage.

Très tôt le matin du 07/08/2018, un groupe de policiers ont interpellé Biram Dah Abeid, chez lui, pour l’emmener au Commissariat 1 de Riyadh. Le commissaire, Hamoudi Ould M’Hadi, lui lance : Biram, il ne faut pas politiser cette arrestation car elle ne s’est pas faite à cause de tes opinions politiques et ton activisme des droits de l’homme comme cela était le cas pour tes arrestations passées. Biram a dit être très étonné que le commissaire reconnaisse ce que ses supérieurs et son gouvernement n’avaient, jamais, reconnu auparavant, à savoir, que les différents procès intentés aux dirigeants et militants de l’IRA, l'aient été à cause de leurs opinions et leur activisme.

C'est une bataille en passe d'être gagnée, celle de l'esclavage qui, malgré les textes de lois les uns plus coercitifs que les autres, continue de gangrener la société mauritanienne. Lundi, 23 avril, trois Mauritaniens ont été condamnés à des peines d'un an de prison ferme pour avoir "traité autrui d'esclave", une première pour ce type de délit dans un pays où la persistance de pratiques esclavagistes est, régulièrement, dénoncée par des ONG.

Depuis quelques jours, la presse privée mauritanienne se fait l'écho de la découverte d'ossements humains dans une fosse commune à quelques kilomètres de l'arrondissement de Choum, dans la Wilaya de l'Adrar. Les médias ont indiqué que les ossements seraient ceux de quinze personnes dont certaines semblaient avoir été ligotées. Qui est à l'origine de cette barbarie ? Dans le système vertical du président, Mohamed Ould Abdel Aziz, les décisions viennent du sommet de l'Etat. Est-ce la raison du silence de cathédrale des autorités de Nouakchott ? Toujours est-il que le Collectif des Veuves que dirige Houlèye Samba Sall s'insurge, fortement, contre cette attitude silencieuse et très indifférente des autorités mauritaniennes, face à la douleur des parents des victimes concernées. Elle s'indigne à très haute voix et demande la lumière, toute la lumière, sur ces charniers, directement au général-président, Mohamed Ould Abdel Aziz, l'homme qui décide de tout en Mauritanie.

Trois personnes ont été reconnues coupables de pratiques esclavagistes et condamnées à des peines de prison par la Cour spécialisée dans l’esclavage de Nouadhibou. S'agit-il des peines pour l'exemple ou de la détermination, enfin, du gouvernement de ne plus tolérer cette pratique d'un autre âge ?

Seuls les imbéciles ne changent pas d'avis. Accusée de corruption, la présidente mauricienne, Ameenah Gurib-Fakim, contestant les faits qui lui sont reprochés en lien avec un scandale financier, a annoncé, mercredi, 14 mars, qu'elle refusait de démissionner, contrairement, à ce qu'avait annoncé, la semaine passée, le premier ministre, Pravind Jugnauth, qui l'avait rencontrée à deux reprises, à ce sujet, en l'espace d'une semaine.

La récente révélation de ventes de migrants africains à Tripoli n'est pas un cas isolé : plus de 40 millions de personnes dans le monde, dont un quart d'enfants, sont, actuellement, réduits en esclavage, selon une étude menée en 2016. En 2003, Afrique Education avait lancé une rubrique bimensuelle alimentée, essentiellement, par les associations négro-mauritaniennes pour dénoncer l'esclavage et le racisme anti-noir qui sont pratiqués en Mauritanie. Ce mouvement avait conduit à la chute du colonel-président, Maaouiya Ould Sid Ahmed Taya, en août 2005, ce qui avait conduit le magazine à supprimer cette rubrique, l'objectif ayant été atteint. D'autre part, le successeur du colonel Taya, le général, Ely Ould Mohamed Vall, s'était montré homme de bonne volonté, qui, contrairement, à son prédécesseur, avait prôné la fin de cette pratique, une fois arrivé au pouvoir. Mais, force est de reconnaître que sous le général-président, Mohamed Ould Abdel Aziz, cette pratique est revenue en force, parfois, avec la complicité des autorités. Il faut, donc, à nouveau, se mobiliser. D'autant plus que la Libye, aujourd'hui, vient de nous démontrer que l'esclavage est capable de naître là où il n'existait pas, il y a quelques années, et qu'il faut une vigilance de tous les instants.

Le général-président, Mohamed Ould Abdel Aziz, est un président maure qui n'aime pas les Négro-Mauritaniens, en particulier, et les Noirs d'Afrique, en général. C'est la raison pour laquelle, sans raison valable, l'ancien président Taya avait enlevé, en décembre 2000, la Mauritanie de la CEDEAO (son organisation géographique naturelle) pour l'inscrire à l'UMA. Arrivé au pouvoir, en août 2008, Aziz n'a pas trouvé utile de corriger cette erreur. Mais, après s'être rendu compte que l'UMA n'est qu'une organisation fictive, qui ne tient aucune réunion, qui ne propose aucun projet intégrateur, il est en train d'imiter le roi Mohammed VI du Maroc, qui a, déjà, obtenu le ticket d'entrée du royaume au sein de la CEDEAO. Pour ne pas s'isoler davantage, le général-président, à son tour, a entrepris un retour au sein de cette organisation que la Mauritanie n'aurait, jamais, dû quitter. Mais, un retour qui lui fait honte car il va retrouver des chefs d'Etat noirs dont les semblables sont ostracisés sur le plan intérieur. Le djihadisme l'a, aussi, aidé à devenir réaliste en s'approchant de ses homologues ouest-africains, dans le G5 Sahel. Sa survie en tant que dictateur en dépend. Mais pour ce qui concerne le racisme stricto sensu qu'il fait subir à ses compatriotes noirs, pas de changement. Toujours la tyrannie ! Voici un cas patent parmi tant d'autres qui aurait pu l'interpeller s'il priait, réellement, du fond du cœur, Allah le Miséricordieux, 5 fois par jour.

Le général-président, Mohamed Ould Abdel Aziz, a pris la bonne décision en rompant, avec effet immédiat, ses relations diplomatiques avec le Qatar. Il est conséquent avec lui-même car la Mauritanie vit, très mal, l'activité des djihadistes dans le Nord du pays et dans les pays voisins, notamment, le Mali et le Niger. Une fois ce pas franchi, on attend que les présidents Ibrahim Boubacar Keita du Mali, Mahamadou Issoufou du Niger, Roch Marc Christian Kaboré du Burkina Faso, Macky Sall du Sénégal, Alassane Ouattara de la Côte d'Ivoire, Idriss Déby Itno du Tchad, Muhammadu Buhari du Nigeria, et tous les autres présidents africains dont la main est au-dessous de celle du Qatar qui leur donne quelques financements, rompent, à leur tour, les relations diplomatiques avec Doha. Au nom de la lutte contre le djihadisme que finance, largement, le Qatar et qui provoque tant de dégâts dans leurs pays.

Le 51e Sommet de la CEDEAO (Commission économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) a pris fin, ce dimanche, 4 juin, à Monrovia, au Liberia. Outre la passation de témoin entre la Libérienne, Ellen Johnson Sirleaf, et le Togolais, Faure Gnassingbé, qui va présider aux destinées de l'organisation, pendant un an, on aura observé un mouvement de foule du Maroc, de la Tunisie et de la Mauritanie, qui demandent, selon des formules différentes, à adhérer à la CEDEAO.

Le projet de révision constitutionnelle en Mauritanie, approuvé par l'Assemblée nationale, mais, rejeté par le Sénat, sera soumis à référendum, "le plus rapidement possible", a annoncé le général-président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, mercredi, 22 mars, soir.

Les présidents mauritanien et guinéen ont obtenu, vendredi, 20 janvier, à Banjul, l'accord de principe de Yahya Jammeh pour quitter la Gambie, mais, les discussions se poursuivaient sur les conditions de son départ, prolongeant, de facto, la suspension d'une opération militaire ouest-africaine. D'autre part, il serait, aussi, question de se mettre d'accord sur le traitement que les proches de Yahya Jammeh feraient l'objet, après son départ du pouvoir, et de son éventuelle immunité judiciaire afin qu'il ne soit pas pourchassé par les juridictions gambiennes ou internationales. Les négociations ne sont pas simples.

Le site www.taqadoumy.co a publié un document signé par la branche d'Al-Qaïda dans le Maghreb (AQMI)  qui confirme l'existence d'un accord de non-agression entre la République islamique de Mauritanie et l'organisation terroriste.

Reporters sans frontières, le Committee to Protect journalists, Pen America et Freedom Now, écrivent au président de Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz, pour demander la libération du blogueur, Mohamed Cheikh Ould Mohamed. Il a été condamné à mort pour un article écrit, en 2013, dans lequel il critiquait le système de castes. A ce jour, ses appels au pardon et sa repentance n'ont, toujours, pas été entendus.

Un groupe d'experts des droits de l'homme des Nations-Unies a exprimé, ce mercredi, 19 octobre, sa grave préoccupation par le fait que des militants mauritaniens emprisonnés en raison de leur rôle présumé dans une manifestation contre les expulsions forcées, à Nouakchott, sont ciblés par le gouvernement pour leur plaidoyer anti-esclavagiste.

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