Mauvaise gestion

Le président du Tchad, Idriss Déby Itno, est comme une grenouille qui voulait ressembler à l'éléphant. Mécontente de sa petite corpulence, et sans tenir compte des données du créateur suprême, elle s'était mise à boire, boire, boire, jusqu'à l'éclatement de son ventre, parce qu'elle ambitionnait de grossir comme l'éléphant. Le sultan du Tchad, heureusement, n'en est, pas encore, à l'éclatement de son pouvoir (que tôt ou tard Paris n'arrivera plus à sécuriser), mais, il doit, sérieusement, remettre en question sa catastrophique gouvernance. Après avoir contenu, pendant quelques années, les multiples rébellions qui l'assaillaient de toutes parts, il a voulu, grâce à l'argent du pétrole, faire aussi bien, sinon, mieux, que certains de ses voisins de la CEMAC : investissements dans tous les secteurs à grands frais et parfois sans études préalables de marché, enrichissement illicite immédiat et sans cause du clan présidentiel et de sa famille, corruption généralisée, exportation de façon démesurée de son armée sur plusieurs terrains militaires étrangers, parfois, aux frais du (seul) trésor public tchadien, etc. Bref, le pétrole peut faire des miracles, comme on le voit, parfois, dans les pays comme la Guinée équatoriale, mais, au Tchad, le pétrole, mauvaise gestion à l'appui, ne pouvait pas tout faire. La baisse des cours est venue ébranler le fragile édifice. Voilà le sultan (grenouille) qui risque d'éclater pour avoir voulu ressembler à l'éléphant.

Le président, Ismaël Omar Guelleh, s'en sortirait, très mal, si la présidentielle prévue, dans quatre mois, au Djibouti, donnait lieu à un débat contradictoire entre les différents candidats. Il peut se réjouir d'une campagne sans débat. Car Guelleh, c'est peu de le dire, entraîne Djibouti vers la banqueroute totale.

Camair Co, sous perfusion gouvernementale, va recevoir, en janvier 2015, 4 nouveaux appareils dont deux Boeing 737 et 777 Dreamliner pour desservir l'Europe et l'Asie. Si elle ne décolle pas, cette fois-ci, il faudra que l'Etat mette la croix sur elle et passe à autre chose.