Muhammadu Buhari.

Olusegun Obasanjo n'en est pas à son coup d'essai. Membre du parti de Goodluck Jonathan, il avait préféré soutenir le candidat de l'opposition, Muhammadu Buhari, pendant la présidentielle de 2015. Tout le monde connaît le résultat. L'ancien président est en train de récidiver pour l'élection de février 2019. En effet, il a adoubé jeudi son ancien vice-président et principal candidat de l'opposition à la prochaine présidentielle, Atiku Abubakar, abandonnant Buhari. C'est un soutien de poids malgré quelques années de brouille entre les deux hommes, après avoir, définitivement, tourné le dos à l'actuel président.

Même s'il a dû payer une forte rançon (il n'y a pas de doute là dessus), Muhammadu Buhari est en train de subir, honteusement, la dictature de Boko Haram. Cette secte terroriste est en train de lui montrer, lui, l'ex-général devenu président de la République pour la deuxième fois, que son armée et ses services de sécurité n'en valent pas la peine. Et que sa lutte contre la corruption pour laquelle il avait été élu président en 2015 compte pour du beurre. La réalité est que Boko Haram continue de tenir le pavé malgré les gesticulations de la très faible et corrompue armée du Nigeria. Et que le président de la République, bien qu'issu de la famille des militaires, ne fait pas tellement mieux que son civil de prédécesseur, Goodluck Jonathan.

« Baba Go Slow » (Muhammadu Buhari) est, toujours, en congé médical, à Londres, depuis le 8 mai dernier. Mais, la lutte contre la corruption (qu'il a insufflée) bat son plein, malgré son absence du pays. L'ancienne ministre du Pétrole, Diezani Alison-Madueke, vient d'en être victime, la justice ayant ordonné la saisie d'une de ses luxueuses propriétés, au Nigeria.

Au moins, 50 personnes, dont six humanitaires de la Croix-Rouge locale, ont été tuées lorsqu'un avion de l'armée de l'air nigériane a bombardé, par erreur, un camp de déplacés dans le Nord-Est du Nigeria.

Visiblement satisfait, le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, a déclaré ce samedi, 24 décembre, que l'armée avait "écrasé" Boko Haram dans la forêt de Sambisa, l'un des derniers bastions du groupe islamiste dans le Nord-Est du pays. C'est la débandade du côté de la secte où Abubakar Shekau est en fuite, activement, recherché par l'armée nigériane.

Doit-on s'en réjouir ? Voilà que le pouvoir du président du Nigeria, Muhammadu Buhari, a accepté, pour la première fois, le principe de la négociation des prisonniers avec la secte, Boko Haram. Est-ce à dire que son armée a atteint sa capacité d'engagement limite sur le terrain, qui n'autoriserait plus de victoire rapide et significative (comme on l'espérait), sinon, permettre à Boko Haram de se renforcer encore plus ? Dans tous les cas, la libération des 21 jeunes lycéennes de Chibok est une bonne chose, mais, elle est inquiétante en même temps car cela montre que Boko Haram a, encore, la dent dure.

« Baba Go Slow » (le président Muhammadu Buhari) réaliserait une excellente opération en obtenant des autorités helvétiques qu'elles rapatrient la coquette somme de 321 millions de dollars déposés dans leurs banques par le dictateur, Sani Abacha.