Nigeria

Olusegun Obasanjo n'en est pas à son coup d'essai. Membre du parti de Goodluck Jonathan, il avait préféré soutenir le candidat de l'opposition, Muhammadu Buhari, pendant la présidentielle de 2015. Tout le monde connaît le résultat. L'ancien président est en train de récidiver pour l'élection de février 2019. En effet, il a adoubé jeudi son ancien vice-président et principal candidat de l'opposition à la prochaine présidentielle, Atiku Abubakar, abandonnant Buhari. C'est un soutien de poids malgré quelques années de brouille entre les deux hommes, après avoir, définitivement, tourné le dos à l'actuel président.

Le premier tour de la présidentielle qui se tiendra au Nigeria en février 2019 opposera deux vieux routards de la politique issus du Nord du pays : le chef de l'Etat sortant, Muhammadu Buhari, 75 ans, sera face à l'ancien vice-président et riche homme d'affaires, Atiku Abubakar, 71 ans. Atiku Abubakar a une excellente carte à abattre : De 1999 à 2007, il avait été le vice-président du général-président, Olusegun Obasanjo. Ce dernier, qui fut l'un des anciens chefs d'Etat nigérian à avoir laissé une bonne image en quittant sa fonction, avait appelé à voter contre Goodluck Jonathan alors qu'ils appartenaient tous les deux au même parti politique. Il se rangea dans la catégorie des déçus de son régime qui appelèrent à voter le général, Muhammadu Buhari. Mais le triste bilan de l'actuel président l'a contraint, à nouveau, à réviser sa position. S'il apporte son soutien à son ancien vice-président, Atiku Abubakar, l'actuel président candidat à sa succession aura de gros soucis à se faire.

Général à la retraite, Muhammadu Buhari a le courage de se représenter à l'élection présidentielle de février 2019. Alors que tout son bilan sonne faux : persistance de la corruption, résurgence de la secte Boko Haram dont il annonçait la disparition, absence de leadership du pays sur le plan continental, santé précaire du chef de l'Etat, etc. Bref, les 4 ans à la tête du Nigeria de Muhammadu Buhari n'ont vraiment pas convaincu les Nigérians, à commencer dans son propre camp où on compte des départs de poids lourds politiques, qui pour se présenter à la présidentielle, qui pour soutenir d'autres candidats à cette élection. Si Buhari veut avoir une quelconque chance de passer, il lui faut inverser, radicalement, la tendance, surtout, dans la lutte contre Boko Haram. Mais son armée en a-t-elle la capacité ? On peut en douter !

La Grande Bretagne n'a pas d'amis, elle n'a que des intérêts. Après son départ avec armes et bagages de l'Afrique, contrairement, à la France qui fit mine de partir pour mieux s'implanter, elle cherche, aujourd'hui, à remettre pied dans ses anciennes possessions les plus juteuses. Il faut dire que le Brexit est passé par là, ce qui fait que Londres ne peut plus miser sur l'Union européenne au moment où l'incontrôlable, Donald Trump, montre à la Grande Bretagne qu'elle n'est plus l'alliée naturelle des Etats-Unis en tous points. La Grande Bretagne se doit, donc, d'assurer ses arrières, en allant reconquérir en Afrique, ce qui est, d'ores et déjà, perdu en Europe. Mais membre des BRICS, l'Afrique du Sud n'est pas à prendre malgré sa fragilité économique actuelle. Le président, Cyril Ramaphosa, mise beaucoup plus sur la dynamisation des relations économiques de son pays avec la Chine et l'Inde. Alors que le président kenyan, Uhuru Kenyatta, est, actuellement, invité, à la Maison Blanche, par Donald Trump, pour parler terrorisme et affaires économiques, pays où le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, a, déjà, été invité, fin avril 2018, tout comme le président égyptien, Fattah al Sisi, début avril 2017, premier président africain à y avoir été convié, Donald Trump (outre les intérêts bilatéraux) voulant saluer le flair de Sisi qui, avait su miser sur son élection à la Maison Blanche quand personne n'y croyait, Theresa May va arriver sur un continent où ses anciennes principales colonies ont, toutes, été prospectées par son ancien encombrant allié. Mais, mieux vaut tard que jamais, semble se dire la première ministre britannique. Par les temps qui courent, a-t-elle encore les moyens de faire la fine bouche ?

Et si c'étaient les Etats eux-mêmes qui alimentaient Boko Haram avec des rançons qui lui permettent de payer des armes, des tenues militaires et de procéder à des recrutements avec des salaires plus élevés que ceux payés par les gouvernements aux militaires de l'armée régulière ? Ce sont les Nations-Unies, elles-mêmes, qui portent l'estocade au pouvoir nigérian qu'elles accusent, dans un rapport, d'avoir versé une forte somme pour permettre la libération des lycéennes de Dapchi. Les preuves concrètes à la demande d'Abuja (qui a démenti cette information) n'ont pas été données par les Nations-Unies, mais, la façon dont cette libération avait été obtenue (par de simples négociations selon le gouvernement) laisse penser que le gouvernement du Nigeria n'a pas dit toute la vérité.

Il l'a dit lui-même dans son premier discours en tant que président en exercice de la CEDEAO, le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, qui succède au Togolais, Faure Gnassingbé, n'a été candidat à rien à la tête de l'organisation sous-régionale. « Ce sont mes homologues qui m'ont proposé, et je ne pouvais pas me défiler », a-t-il expliqué, lors de la cérémonie de clôture, ce mardi, 31 juillet, quand Faure Gnassingbé lui transmettait le fanion de la présidence en exercice de l'organisation. En tout cas, Muhammadu Buhari avait une partie de son cœur qui battait (favorablement) du côté de Lomé tandis que l'autre partie du cœur battait (défavorablement) à Abuja. Et pour cause !

Le général, Muhammadu Buhari, après 4 ans au pouvoir aura beaucoup déçu. C'est le moins qu'on puisse dire. Ses réponses apportées à la corruption et à la secte terroriste Boko Haram n'ont pas été à la hauteur des attentes. Au sein du parti au pouvoir, le Congrès des progressistes (APC), la candidature de Muhammadu Buhari est loin de faire l'unanimité. Il lui a même été conseillé de ne pas se représenter, ce à quoi il a opposé ne fin de non recevoir. Cette situation pousse certains membres de ce parti à le quitter, pour soutenir, éventuellement, d'autres candidats. Alors, questions : se trouve-t-il menacé ou cette hémorragie n'aura aucune incidence sur sa volonté de se succéder à lui-même ?

La coupe du monde est terminée pour le Maroc, le Nigeria, l'Egypte et la Tunisie. Le Sénégal (qui a naïvement raté sa qualif contre le Japon) attend de jouer un match très difficile contre la Colombie qui décidera de son sort. Mais, déjà, des enseignements peuvent être, valablement, tirés.

Que la honte ! Rien que la honte ! On ne sait pas si la Tunisie et le Sénégal sauveront ce qui reste de l'honneur des Africains dont la participation à Russie 2018 fait piètre figure. Qu'importe ! Après la sortie déshonorante et humiliante de l'Egypte, du Maroc, surtout surtout, du Nigeria, il faudrait que les élites africaines n'aient plus de mots assez durs pour critiquer la très mauvaise (mal) gouvernance du football africain. Un football qui continue d'être, littéralement, pris en otage par des intérêts non-africains, avec la complicité des fédérations, suprêmement, corrompues, et qui fait couler larmes après larmes aux supporteurs africains à chaque coupe du monde ou grande compétition internationale. Il est temps de tout détruire, TOUT DETRUIRE, tout bousculer, du Caire, à Yaoundé, d'Abuja à Pretoria, de Rabat à Tunis, en passant par Dakar, Abidjan, dans toutes les capitales africaines, sans exception. Il est temps que les amoureux du ballon rond en Afrique se révoltent. Qu'ils cessent de parloter, de pleurer, et qu'ils agissent (fortement et brutalement) pour que ça change. Ca suffit comme cela la honte ! Sortons de nos maisons, envahissons nos fédérations de football et chassons ces dirigeants qui ne sont là que pour se servir d'un football qui a grand besoin qu'on s'occupe, vraiment, de lui.

Le Nigeria a la clé qui permet la survie ou l'anéantissement de la secte terroriste Boko Haram. Tant que des espaces du territoire du Nigeria seront, encore, confisqués par cette secte, les autres pays qui arrivent à la maîtriser chez eux, à savoir, le Tchad, le Niger et le Cameroun, subiront, toujours, le moment venu, ses assauts au départ des territoires qu'elle contrôle au Nigeria. C'est pourquoi la capacité de l'armée du Nigeria à devenir un réel danger pour Boko Haram, comme le sont les trois autres armées, est une condition nécessaire pour son démantèlement. Boko Haram n'est vraiment pas invincible à condition que l'armée du Nigéria se montre (quelque peu) à la hauteur.

Quatre ans après leur enlèvement par Boko Haram, le sort d'une centaine de lycéennes de Chibok reste incertain au Nigeria où, selon certaines sources, des dizaines d'entre elles sont mortes en captivité. Boko Haram ne confirme ni n'infirme cette information qui déchire les parents desdites lycéennes.

Là où elle fait de bonnes affaires, la Chine ne se mêle, jamais, de politique. Elle ne fait qu'aligner des contrats. Sa stratégie est, radicalement, différente de celle des Occidentaux, grands donneurs de leçons d'éthique et de morale (qu'ils ne s'appliquent pas à eux-mêmes) devant l'éternel. Avec son trésor de guerre, l'empire du milieu ne se fait pas prier pour conquérir l'Afrique. Cette Afrique qui est de moins en moins la chasse gardée de l'Occident. Ce dernier tente, actuellement, de rattraper son retard en suscitant, parfois, des conflits (sans queue ni tête ici et là), juste pour qu'on continue de faire appel à lui. Chacun fait la politique de ses moyens.

Tous les pensionnats dans l'Etat du Borno, dans le Nord-Est du Nigeria, un des plus touchés par le conflit avec le groupe djihadiste Boko Haram, vont être fermés pour raisons de sécurité. Une décision qui montre la grande prudence du président, Muhammadu Buhari, qui ne laisse plus de place à l'improvisation alors que la présidentielle à laquelle il est candidat, aura lieu en 2019.

Même s'il a dû payer une forte rançon (il n'y a pas de doute là dessus), Muhammadu Buhari est en train de subir, honteusement, la dictature de Boko Haram. Cette secte terroriste est en train de lui montrer, lui, l'ex-général devenu président de la République pour la deuxième fois, que son armée et ses services de sécurité n'en valent pas la peine. Et que sa lutte contre la corruption pour laquelle il avait été élu président en 2015 compte pour du beurre. La réalité est que Boko Haram continue de tenir le pavé malgré les gesticulations de la très faible et corrompue armée du Nigeria. Et que le président de la République, bien qu'issu de la famille des militaires, ne fait pas tellement mieux que son civil de prédécesseur, Goodluck Jonathan.

Muhammadu Buhari s'est fait élire en 2015 en promettant aux Nigérians de vaincre la secte terroriste, Boko Haram, et d'éradiquer la corruption sur l'ensemble du territoire. Trois ans, plus tard, alors qu'il est candidat à sa propre succession à la présidentielle de 2019, il n'en est rien. Comme en 2014 quand elle a fait le rapt des 276 lycéennes de Chibok, cette secte a récidivé, le mois dernier, cette fois, à Dapchi, toujours dans le Nord-Est, en faisant un autre rapt de collégiens, à la barbe de l'armée et de la police nigérianes. Après avoir nié pendant six jours, Muhammadu Buhari, lui-même, a pris la parole pour demander « Pardon » aux parents des 110 collégiennes enlevées et conduites vers une destination inconnue. L'échec de Buhari dans sa lutte contre Boko Haram ne se commente plus. Il se constate. D'où sa hargne en s'attaquant, maintenant, à la pieuvre, cette corruption qui n'a ni queue ni tête, espérant obtenir des résultats probants de ce côté. Il a fait comparaître, ce lundi, 5 mars, les compagnies pétrolières Eni et Shell pour des faits de corruption patents. La semaine dernière, ce sont deux résidences de Diezani Alison-Madueka, ancienne ministre du Pétrole du président, Goodluck Jonathan, qui ont été saisies pour le compte de l'Etat. Mais, à cause d'une surcharge de travail des juges, le procès a été reporté au 14 mai prochain.

Muhammadu Buhari ne cesse de le répéter depuis son arrivée au pouvoir : Boko Haram est vaincu. Mais l'enlèvement de masse d'une centaine d'adolescentes, en février, a révélé de graves failles sécuritaires, à un an de l'élection présidentielle. Il a finalement demandé pardon aux familles des filles enlevées. Venu au pouvoir parce qu'il avait promis qu'il vaincrait cette secte, on se rend compte, aujourd'hui, que c'est Boko Haram qui l'a vaincu, la faiblesse de l'armée nigériane n'aidant pas à la résolution du problème, même si au Cameroun, au Tchad et au Niger, Boko Haram est, plutôt, tenu en quarantaine, malgré quelques incursions meurtrières.

Bien fait pour lui. Il n'a que ce qu'il mérite. Un des djihadistes du groupe nigérian, Boko Haram, a été condamné à 15 ans de prison pour sa participation à l'enlèvement, en 2014, de plus de 200 jeunes lycéennes à Chibok, dans le Nord-Est du Nigeria.

Président du Nigeria depuis 2015, Muhammadu Buhari souhaiterait être candidat à sa propre succession en 2019, pour un deuxième mandat. S'il a engagé des réformes qui limitent la corruption et, s'il a, considérablement, diminué l'influence de la secte, Boko Haram, dans le Nord-Est du Nigeria, il reste vrai que son premier mandat a été entrecoupé par de longues absences pendant lesquelles il se rendait, à Londres, pour soigner un mal qui n'a, jamais, été expliqué aux Nigérians, qui ne savent, donc, pas de quoi il souffre exactement. C'est pour cette raison que des voix parmi les plus autorisées commencent à s'élever, dans le pays, pour qu'il ne se représente pas pour un deuxième mandat. C'est, par exemple, le cas de celle de l'ancien président, Olusegun Obasanjo.

Le président sud-africain, Jacob Zuma, a annoncé, mardi, 9 janvier, soir, la mise en place d'une très attendue commission judiciaire d'enquête sur les graves accusations de corruption à la tête de l'Etat dans lesquelles il est, régulièrement, cité depuis des mois. Il ne voulait pas mettre cette commission en place qui doit enquêter sur ses divers détournements de fonds et autres malversations financières. Mais, il est contraint de le faire l'instance judiciaire suprême (Cour constitutionnelle) encourageant le parlement à initier une action de destitution contre lui. Car trop c'est trop. Désormais, tout va aller très vite, Jacob Zuma ayant, pendant toute sa présidence, cherché à contourner l'action des juges, chaque fois qu'il était susceptible d'être poursuivi par la justice. On peut, donc, dire à son endroit : Fin de la récréation. Cette fois, on ne dira pas : on ne va pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. L'échec de son ex-épouse, Xhosazana Dlamini-Zuma, dans sa volonté de lui succéder, fausse tous les plans de Zuma et donne de la force à l'action menée par la Cour constitutionnelle. D'autre part, le futur président de l'ANC (et donc de l'Afrique du Sud), Cyril Ramaphosa, a inscrit comme priorité de son action, la lutte contre la corruption. Jacob Zuma va, donc, assurément, quitter la présidence par la petite porte. Il n'atteindra pas le terme de son mandat.

Arrivé au pouvoir en 2015, le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, surnommé Baba Go Slow pour le temps de réflexion qu'il se donne avant de prendre toute décision, s'est donné deux objectifs majeurs : la lutte contre la corruption et l'éradication de la secte terroriste Boko Haram. Si son action a, considérablement, affaibli la secte terroriste, devenue, aujourd'hui, adepte des attentats aveugles à cause de la réduction de ses moyens de combat, la corruption reste, encore, un cancer pour la société.