Nkurunziza

Pierre Nkurunziza a décidé de s'accrocher au pouvoir malgré la réticence de son opposition et de la communauté internationale. Il vient d'imposer une contribution "volontaire" de la population pour financer les élections de 2020 à laquelle il est candidat alors que son pays est plongé, depuis plus de deux ans, dans une profonde crise politique dont il est le seul et unique responsable.

Afriqueeducation.com avait écrit, l'année dernière, que Pierre Nkurunziza voulait un 4e mandat, puis, un 5e, voire, un 6e, pour, finalement, terminer président à vie. Nos craintes sont reprises, aujourd'hui, par le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, qui s'inquiète des propos récents du président burundais, Pierre Nkurunziza, évoquant la possibilité de briguer un quatrième mandat, dans un rapport confidentiel.

Le petit despote de Bujumbura vient de demander de l'aide financière au président angolais, José Eduardo dos Santos. Après avoir remué ciel et terre pour rester président du Burundi, Pierre Nkurunziza ne sait plus quoi faire de son pouvoir qui commence à lui brûler les mains.

Pierre Nkurunziza souhaite un statu quo sur le problème burundais, et surtout, pas d'envoi d'une force africaine de 5.000 hommes, comme l'a proposé l'Union africaine. Pour cela, il compte sur l'Ougandais, Yoweri Museveni, les Congolais, Denis Sassou Nguesso et Joseph Kabila et même, l'Angolais, José Eduardo dos Santos.

C'est certainement une prochaine fois que le président du Bénin, Yayi Boni, rencontrera le dictateur burundais, Pierre Nkurunziza. Le président béninois est chargé de faciliter le dialogue entre le pouvoir et l'opposition du Burundi.

Pierre Nkurunziza pensait qu'en se faisant réélire pour un troisième mandat controversé, il avait fait l'essentiel. Erreur ! C'est maintenant que ses ennuis commencent. A moins qu'il arrête tout, qu'il reconnaisse s'être trompé, et qu'il quitte le pouvoir. En est-il capable ?

Pierre Nkurunziza est de plus en plus conscient de mener le Burundi vers la catastrophe. Va-t-il accepter de négocier comme on le lui demande ? La situation s'aggrave de jour en jour avec des morts à la pelle. Les Belges sont appelés à quitter le pays.

Face à des tueries qui continuent de plus belle à Bujumbura, l'Union européenne élève le ton. Le problème est que Nkurunziza s'en moque éperdument. Il se dit "illuminé".

Après avoir laissé Pierre Nkurunziza, piétiner la constitution et les Accords d'Arusha, la communauté internationale semble, enfin, se mobiliser, très effrayée par le génocide qui se prépare, au Burundi.

Instabilité généralisée, tueries à tous les étages, le « travail » (assassinats ciblés) est bien fait par les forces de Pierre Nkurunziza, accusé de plonger le pays dans la crise à cause d'un troisième mandat dont il n'avait pas droit.

Blaise Célestin Ndihokubwayo, journaliste de 30 ans, est détenu par la police politique de Pierre Nkurunziza, qui lui reproche de continuer de faire son travail de journaliste alors que le pouvoir a fermé sa radio.

Pour la première fois depuis son troisième mandat controversé, Pierre Nkurunziza accepte de faire un pas vers ses adversaires. Entre-temps, Washington a commencé à frapper au portefeuille. Ceci explique sans doute cela.

Le Burundi s'est inscrit dans un cycle d'instabilité depuis la décision très contestée de Pierre Nkurunziza de briguer un 3e mandat à la tête du pays, auquel il n'avait pas droit. Lundi, 26 octobre, on a compté plusieurs morts dans la capitale.

BURUNDI : Nkurunziza tue de plus en plus ses compatriotes
Après s'être fait réélire en fraudant l'élection présidentielle à laquelle il n'avait d'ailleurs pas droit, pour avoir, déjà, effectué ses deux mandats, Pierre Nkurunziza devient tout simplement le bourreau de son peuple.
BURKINA FASO : La fermeté molle face à Nkurunziza a-t-elle stimulé Diendéré ?
Ce qui vient de se produire au Burkina Faso est la conséquence directe de l'incapacité d'agir avec la plus grande fermeté dont a fait montre la communauté internationale face à Pierre Nkurunziza, au Burundi. 
BURUNDI : Pierre Nkurunziza a-t-il définitivement bravé la communauté internationale ?
Au Burundi, malgré quelques coups de feu entendus ici et là, malgré quelques morts ramassés, au petit matin, dans Bujumbura, la situation tend vers la normalisation. Alors qu'il est seul contre tous, Pierre Nkurunziza fait, exactement, ce qu'il veut, sans craindre qui que ce soit. Il montre que la notion de communauté internationale n'est qu'une fiction.
Selon des sources dignes de foi, le président de la Guinée équatoriale a pris son téléphone à deux reprises, pour essayer de raisonner son jeune frère, le président du Burundi.