Omar el-Béchir

L'ancien président soudanais, Omar el-Béchir, continue à vivre son long chemin de croix. Ce qui lui arrive, aujourd'hui, est la conséquence des actes qu'il posait sous sa présidence. N'est-il pas écrit dans la Sainte Bible (et certainement dans le Saint Coran) que « qui crache en l'air retombe sur sa face » ? Destitué par l'armée le 11 avril après 30 années de pouvoir, il a été inculpé, ce samedi, 31 août, par un tribunal de Khartoum pour possession illégale de fonds étrangers et utilisation frauduleuse de ces fonds, selon le juge. Il devra s'expliquer.

L’ex-président soudanais, Omar el-Béchir, évincé du pouvoir en avril dernier, apparaissait, ce samedi, 24 août, devant un tribunal de Khartoum pour la deuxième audience de son procès. Celui-ci va durer un certain temps. La défense a demandé sa libération sous caution. Mais, ce qui fait le plus mal, c'est l'image qui est véhiculée de ce procès. Voilà un homme qui a eu le droit de vie et de mort sur les Soudanais pendant une trentaine d'années, et qui, du jour au lendemain, se retrouve, lui-même, prisonnier et subit, en personne, ce qu'il a fait endurer à ses opposants pendant des décennies. Que penser d'une telle image dans l'inconscient populaire en Afrique ? Sur un autre plan, que pourraient se dire les chefs d'Etat africains actuels dont certains sont en porte à faux avec leurs opinions publiques, et qui voient comment un des (anciens) leurs se fait traiter, après avoir présidé aux destinées du pays pendant une trentaine d'années ? Loin d'en faire une polémique, cette situation devrait pousser les Africains (des pouvoirs, des oppositions, de la société civile, de la classe intellectuelle non partisane) à réfléchir sur l'état de leur continent. Avec objectivité et sans passion.

Le procès de l’ex-chef d’Etat, Omar el-Bechir, accusé de corruption s’ouvre, au Soudan, samedi, 17 août, alors que le Conseil militaire et les chefs de file de la contestation sont parvenus à un accord historique qui doit être rendu public ce même jour. Une journée pleine de symbole, donc, pour les Soudanais qui, au moment, où démarre ce jugement (synonyme de la volonté de commencer le calcul du solde du bilan de leur ancien président), les dirigeants de la contestation et l'armée annoncent avoir trouvé les personnes qui vont gérer la transition avant les élections générales prévues dans trois ans.

L'ex-président soudanais, Omar el-Béchir, a été déféré, dimanche, 16 juin, au parquet en charge des affaires de corruption à Khartoum, sa première apparition en public depuis sa destitution par l'armée en avril sous la pression de la rue. Nul n'étant au-dessus de la loi, l'ancien président mérite, amplement, de comparaître devant la justice de son pays d'autant plus qu'il est accusé de mauvaise gouvernance et de détention illégale de très fortes sommes de devises, ce qu'il laisse croire qu'il aurait, massivement, détourné les fonds publics. La comparution d'Omar el-Béchir, président du Soudan, il y a encore six mois, ne laisse aucun chef d'Etat africain indifférent, surtout, ceux qui ont une certaine durée au pouvoir et qui sont contestés dans leur pays.

L'ex-président, Omar el-Béchir, va être interrogé sur des affaires de «blanchiment d'argent et de financement du terrorisme», selon l'agence de presse officielle du Soudan. Pour l'heure, on n'en sait pas plus : s'agit-il de quels terroristes qu'il finançait ? Dans quels pays ? Sous quelles formes ? On sait que l'Union africaine avait pris fait et cause pour cet ancien président que les Occidentaux voulaient (et veulent toujours) traduire auprès de la Cour pénale internationale (CPI). A moins que cette accusation soit une manœuvre venant de ses ennemis (qui sont nombreux de par le monde), Omar el-Béchir, bras financier du terrorisme international, donnerait beaucoup d'arguments à ceux qui pensent qu'il n'a, jamais, été un chef d'Etat recommandable. Mais, c'est quoi un chef d'Etat recommandable ?
Cela dit, il faut savoir ce qu'on entend par soutenir le terrorisme quand on sait que les principaux alliés de Washington, au Moyen-Orient comme l'Arabie Saoudite et le Qatar, par exemple, sont, aussi, considérés comme de grands soutiens des mouvements terroristes dont la plupart déstabilise le Sahel africain. Mais Washington ne les a jamais mis sur sa liste noire de pays qui soutiennent le terrorisme. Une politique de deux poids deux mesures ?

Les organisateurs des manifestations antigouvernementales au Soudan ont annoncé, mercredi, 13 février, être déterminés à poursuivre la mobilisation jusqu'au renversement du régime, excluant tout dialogue avec le président Omar el-Béchir.

Grand allié des Russes, ce qui chamboule les équilibres géo-stratégiques de la région, le président, Omar el-Béchir, a assuré, lundi, 14 janvier, que la contestation qui secoue le Soudan depuis près d'un mois ne parviendrait pas à bout du pouvoir qu'il exerce depuis près de trois décennies, lors d'un rassemblement de ses partisans au Darfour (Ouest). Le message est adressé, non seulement, à ses opposants de l'intérieur, mais surtout, à ceux qui les manipulent sur le plan international, à commencer, par ceux qui avaient imposé la partition (sans raison) du pays, à savoir, les Américains, très mécontents de l'arrivée des Russes dans la sous-région.

Né en 1944, à Hosh Bonnaga, Omar el-Béchir est le président de la République du Soudan. Militaire de formation, il a combattu aux côtés des Egyptiens, durant la guerre du Kippour, en 1973. Devenu colonel, il renverse le pouvoir en place en 1989, fait interdire tous les partis et instaure un nouveau code légal islamique. Il s'autoproclame président de la République, en 1993, avant de se faire élire en 1996, puis, en 2010. Il est sous le coup d'un mandat d'arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI), pour crimes de guerre présumés au Darfour. C'est cet Omar el-Béchir qui est vivement contesté et qui risque de perdre le pouvoir si ces manifestations s'intensifient.

Ce n'est pas le genre de nouvelles qu'on annonce souvent. Après avoir bravé les sanctions et l'embargo des pays occidentaux sous couvert du Conseil de sécurité qui voulaient le faire emprisonner à la CPI (Cour pénale internationale), l'insaisissable président soudanais, Omar el-Béchir, se déploie, maintenant, sans crainte, dans les pays où il n'est pas persona non grata. C'est le cas de la Syrie dont les multiples tentatives d'assassinat de son chef d'Etat, Bachar al-Assad, par les grandes capitales occidentales (Washington, Paris, Londres pour ne citer que celles-là) ont toutes échoué, grâce à l'appui stratégique de la Russie et à l'aide non négligeable au niveau de la sous-région apportée par l'Iran et le Hezbollah. Pour une fois, les Africains ne sont pas restés inertes : l'Union africaine avait, officiellement, déclaré de nul effet les résolutions tendant à le condamner et demandé à tous les pays africains de lui réserver un bon accueil chaque fois qu'il décidait de se rendre dans un pays du continent. Voilà qui est clair.

Les Etats-Unis ont réaffirmé mardi, 13 novembre, qu'ils étaient prêts à retirer le Soudan de la liste des Etats soutenant le terrorisme. Pourtant, doublement, inculpé par la Cour pénale internationale (CPI), le président du Soudan, le général, Omar el-Béchir, est resté égal à lui-même. Pourquoi les Etats-Unis sont-ils obligés de changer de fusil d'épaule ? Pour certains observateurs, l'Iran détient quelques clés de réponse. Mais aussi le Soudan du Sud.

Le général-président n'est guère usé par la fonction. Toujours prêt à servir, son parti l'a désigné candidat à la présidentielle de 2020 pour un troisième mandat, malgré les restrictions stipulées dans la Constitution. Personne ne jettera la pierre à Omar el-Béchir. Il s'inscrit dans une tradition africaine de la conservation du pouvoir qui anime les dirigeants de ce continent où on aime le pouvoir pour le pouvoir.

Vive un monde multipolaire dans lequel on ne dépend pas de l'Occident pieds et poings liés. Si cela ne dépendait que de Washington et du monde occidental, le Soudan aurait été renvoyé paître d'autant plus que son président, le général, Omar el-Béchir, est, doublement, inculpé par la CPI (Cour pénale internationale). Il serait voué aux gémonies. Heureusement que Washington n'est pas la seule capitale à guider le monde, avec ses satellites, Londres, Paris, Tokyo, Berlin, Ottawa, Rome, etc. Aujourd'hui, on peut, valablement, se passer de ces capitales et coopérer avec des pays émergents comme la Chine, la Russie, et beaucoup d'autres. Voilà qui sauve Omar el-Béchir dont le sort aurait été, déjà, scellé si les seuls pays occidentaux régentaient le monde. Le Soudan, grâce à l'appui de la Russie, va jusqu'à envisager la construction d'une centrale nucléaire, ce qui aurait pu être impossible avec un pays de l'Ouest.

L'Union africaine (UA) a, toujours, été claire sur le sujet : la CPI (Cour pénale internationale) a son utilité en tant que juridiction internationale, mais, elle reste très sectaire dans le choix des personnes à inculper et en ce qui concerne l'enrôlement des affaires. Depuis la création de ce tribunal, il n'y a que les Africains qui y défilent. Sont-ils les seuls malfaiteurs de la terre ? Du coup, le consensus n'a pas été difficile à se dégager à l'UA pour soutenir le président soudanais Omar el-Béchir. Ce soutien a même été étendu au niveau de la Ligue arabe et de l'OCI (Organisation de la conférence islamique) où on n'est pas loin de penser qu'au niveau de la CPI, on pratique une politique du deux poids deux mesures.