Pascal Affi N'Guessan

Laurent Gbagbo vient de discuter à Bruxelles (Belgique) avec Konan Bédié qui, en plus de l’avoir combattu et renversé avec la complicité de Nicolas Sarkozy et de Dramane Ouattara, le traita de tyran, puis, se réjouit de sa déportation et de son incarcération à La Haye. Si l’on en croit les rumeurs, il n’est pas impossible que l’ancien président accueille, dans les jours ou semaines à venir, Soro Kigbafori qui ne se priva pas, en Côte d’Ivoire comme à l’étranger, de l’accuser d’être un mauvais perdant et d’avoir exterminé des nordistes, des musulmans et des ressortissants de la CEDEAO. 

L'envie de sortir de prison de Laurent Gbagbo semble prendre le dessus sur le bon sens. Présidée par un proche de l'ancien président, Aboudramane Sangaré, l'aile dissidente du FPI (Front populaire ivoirien) a confié sa présidence au prisonnier Laurent Gbagbo. Autrement dit, c'est depuis sa prison de la CPI (Cour pénale internationale) qu'il dirigera son aile du FPI, l'autre aile, dite officielle, étant présidée par l'ancien premier ministre, Pascal Affi N'Guessan. Les partisans de Laurent Gbagbo n'ont pas tort de le positionner. Sa demande de liberté provisoire devrait être examinée en octobre. Cette fois-ci, ses avocats gardent bon espoir après la libération du RDCongolais, Jean-Pierre Bemba, dont le dossier, comme celui de Gbagbo, était, aussi, vide bien que gardé en prison. Bemba s'est, d'ores et déjà, porté candidat à la présidentielle du 23 décembre au Congo-Kinshasa, dès le 3 août.
Le RHDP ayant donné lieu à un parti unifié qui ne réunit pas tous ses partis adhérents dont le PDCI d'Henri Konan Bédié, il y a donc de la contestation dans l'air dans l'initiative conduite par le président, Alassane Ouattara. Visiblement, le PDCI serait à la recherche de nouvelles alliances pour présenter son candidat à la présidentielle de 2020, après avoir refusé de se soumettre aux primaires voulues par Alassane Ouattara. Désigné président du parti unifié (RHDP), Alassane Ouattara se dirigerait, doucement mais sûrement, vers un troisième mandat dont ne veut plus le PDCI. Les alliances de la vieille dame cinquantenaire serait, donc, à rechercher du côté des ennemis d'hier, en l'occurrence, les deux tendances du FPI.
Dans tous les cas, l'élection de Laurent Gbagbo comme président d'une aile du FPI n'est pas anodine. Elle sonne comme une volonté de ce parti de sortir de son isolement en mettant en avant celui qui symbolise le mieux ses valeurs, son unité, surtout, son rayonnement. Les grandes manœuvres pour 2020 ne font que commencer.

Des partis de l'opposition dont le Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, ont lancé, samedi, 17 septembre, à Abidjan, une campagne de mobilisation contre la nouvelle Constitution voulue par le président, Alassane Ouattara. Grave !