PDCI

Epître aux caciques du PDCI. C'est un courrier que notre frère, le professeur, Jean-Claude Djereke, écrit aux responsables de ce parti septuagénaire, afin qu'ils sachent prendre leurs responsabilités historiques. Content que le PDCI a tenu tête à l'ogre (au pouvoir) en refusant d'intégrer le nouveau parti, RHDP, il est, totalement, déçu que le même PDCI n'ait pas été capable de boycotter les élections du 13 octobre alors qu'il est conscient qu'avec cette Commission électorale Pro-RDR (contrairement aux promesses de l'ogre de la réformer), il va tout droit à l'abattoir.

Le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), une des trois grandes formations politiques du pays, a demandé, mercredi, 29 août, un report des prochaines élections locales et dénoncé les "menaces" du parti du président, le RDR (Rassemblement des républicains), son ancien allié dans la coalition au pouvoir, en vue du scrutin. Mais, rien n'indique que le président, Alassane Ouattara, accède à cette demande de son ancien allié en passe de (re)devenir son principal adversaire politique.

Le président de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, va-t-il mettre sa menace à exécution ? Après avoir indiqué à qui voulait l'entendre qu'il demandait la fin des querelles au sein de la grande famille houphouétiste du RHDP, mais aussi, la mise en place d'un « parti unifié » avant la présidentielle, sinon, il se réservait la possibilité de briguer un troisième mandat, la nouvelle constitution lui donnant cette possibilité, le PDCI que préside son aîné, Henri Konan Bédié ne s'en est pas laissé décontenancer. Pour preuve, il a rejeté, dimanche, 17 juin, la mise en place d'"un parti unifié" avant la présidentielle de 2020, créant une véritable situation de défiance à l'endroit du chef de l'Etat ivoirien, Alassane Ouattara.

Les militants du PDCI-RDR commencent, enfin, à se rendre compte qu'ils ont été roulés dans la farine par leurs frères et camarades du RDR. Après avoir soutenu le candidat du RDR, en l'occurrence, son président, Alassane Ouattara, à l'élection présidentielle, en 2010 et en 2015, le PDCI-RDR (ce n'est plus, tellement, un secret) croisera, à nouveau, un candidat RDR (Alassane Ouattara ou quelqu'un d'autre) en 2020. Cette éventualité ne fait pas beaucoup plaisir au président du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié, qui avait (naïvement ?) cru à la parole donnée par son jeune frère Alassane Ouattara. La consécration de cette option sera, clairement, affirmée, les 9 et 10 septembre, pendant le 3e Congrès du RDR dont le président du Comité d'organisation, est l'infatigable, Adama Bictogo.

Très très long à l'allumage, le président du PDCI, Henri Konan Bédié, vient, enfin, de sortir de sa réserve, en annonçant la candidature (qu'il neige ou qu'il vente), d'un membre de son parti, à l'élection présidentielle de 2020, qu'il y ait eu entente au sein du RHDP ou non. Si les militants de la vieille dame cinquantenaire peuvent pousser un gros Ouf de soulagement, le Maradona du paysage politique ivoirien (Alassane Ouattara) qui a pris pour habitude de dribbler tout le monde et de marquer les buts qui profitent à son seul parti, le RDR, a, très vite, botté en touche : pour lui, « 2020 c'est dans trois ans », donc, il ferme la parenthèse. Traduisez en langage dioula : je ne suis pas d'accord, étant en train de préparer mon candidat RDR que les Ivoiriens connaissent déjà.

Que ceux qui le croyaient fini se ravisent. Interné à la CPI (Cour pénale internationale) depuis cinq ans, l'ancien président de Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, mettrait son isolement carcéral à profit pour réfléchir à son retour aux affaires. Cette idée a de quoi faire trembler ce qui reste du RHDP que le président, Alassane Ouattara, a presque fait voler en éclats : aujourd'hui, le PDCI-RDA de son très cher aîné, Aimé Henri Konan Bédié, et son RDR sont loin de parler le même langage.