Présidentielle

Le Parti des Travailleurs (PT) du Brésil a déposé, mercredi, 15 août, la candidature de son chef historique emprisonné, Lula, à la course à la présidentielle d'octobre, prenant un pari politique très risqué et mettant au défi le pouvoir. C'est une première mondiale : un prisonnier qui se porte candidat à une élection présidentielle. L'expérience tentée par Lula est, particulièrement, suivie en Afrique où il compte de très nombreux amis chefs d'Etat.

Le candidat de l'opposition au Mali, Soumaïla Cissé, a rejeté, lundi, 13 août, à l'avance, les résultats du second tour de la présidentielle, entachés, selon lui, de fraudes, et appelé la population à "se lever". Soumaïla Cissé veut-il brûler le Mali après s'être rendu compte qu'il ne sera pas son prochain président de la République ? La question mérite d'être posée.

La température est en train de changer à la vitesse V au Mali où dix-huit des 24 candidats à la présidentielle du 29 juillet ont "exigé", ce lundi, 6 août, "la démission" du ministre chargé des élections et appelé à manifester mardi, dénonçant un "hold-up électoral" par le camp du chef d'Etat sortant, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), arrivé en tête du premier tour du scrutin. La situation politique se dégrade à vue d'oeil et du coup se pose la question de la tenue dans la sérénité du deuxième tour en date du 12 août prochain.

Sauf cas de force majeure qui a défié toutes les lois de la physique, le chef de l'opposition, Soumaïla Cissé, le restera, pendant les cinq prochaines années. Car avec 18% obtenus au premier tour, il y a de fortes chances qu'il ne rattrape pas son retard comme Alpha Condé, lors du deuxième tour qui l'opposa, en Guinée, à Celou Dalein Diallo en 2010. Après avoir obtenu un peu plus de 20,67% au premier tour contre plus de 39,72% pour Celou Dalein Diallo, Alpha Condé réussit l'exploit de gagner le deuxième tour avec 52,52% alors que les deuxième et troisième candidats de cette élection avaient appelé à voter Celou Dalein Diallo.
L'histoire va-t-elle se répéter au Mali ? Que non ! Ibrahim Boubacar Keita (IBK pour les intimes) est (contrairement à Celou Dalein Diallo) le président sortant, qui gère la machine électorale et contrôle l'administration. Quand ses partisans annonçaient une victoire de leur candidat dès le premier tour, ils n'étaient pas loin de la vérité. Le deuxième tour, sauf retournement de situation, sera, largement, à son avantage. Ceux qui, en France, ne voulaient plus voir IBK au Palais de Koulouba, doivent revoir leurs petites fiches : ils se le « taperont » pendant un nouveau quinquennat bien rempli.

L'ancien président du Sénégal, Abdoulaye Wade, est dans tous ses états, depuis que la direction générale des élections (qui dépend du ministère de l'Intérieur) a refusé l'inscription du nom du candidat du PDS à la présidentielle, Karim Wade (fils d'Abdoulaye Wade), sur les listes électorales, ce qui est synonyme de rejet pur et simple de sa candidature, au regard de la législation en vigueur. Au PDS, on soupçonne un coup fourré du président, Macky Sall, qui redoutait un affrontement électoral avec le fils de l'ancien président. Mais, on ne l'entend pas de cette oreille. Les avocats proches d'Abdoulaye Wade, sous la direction de son ancien chef de la diplomatie, Me Madické Niang, organisent la riposte qui va être à la fois judiciaire et politique. La présidentielle sénégalaise prévue en février 2019, risque de commencer plusieurs mois avant l'heure.

Et si IBK (Ibrahim Boubacar Keita), le président sortant, malgré son fâcheux bilan, était, encore, le meilleur atout malien dans la crise actuelle ? En cinq ans, on ne peut, vraiment, pas dire que le président-candidat à sa succession, ait eu des circonstances atténuantes. Il a, lui-même, montré des insuffisances en nommant cinq premiers ministres en cinq ans de mandat. Autant dire qu'il ne sait pas, exactement, où il va. Pourtant, même s'il est considéré comme n'étant pas la personne qu'il faut pour résoudre la crise, la France pense que le président IBK sera réélu. Les Nations-Unies, quant à elles, le soutiennent, sinon, le secrétaire général, Antonio Guterres, aurait attendu que la présidentielle prévue fin juillet, se tienne, avant de courir rencontrer ses casques bleus de la MINUSMA. Et si la journée internationale des Casques bleus n'était qu'un prétexte ?

L'actuel président sud-africain n'a guère le choix. Dans le creux de la vague où Jacob Zuma a laissé l'ANC (Congrès national africain) avant de quitter le pouvoir contraint et forcé, il ne faut pas chercher de midi à quatorze heures pour appeler à l'union, seule et unique stratégie qui pourrait faire la force, et permettre la victoire à la présidentielle de 2019 de Cyril Ramaphosa. Ce dernier ne s'y est, d'ailleurs, pas trompé, en lançant, dès maintenant, l'offensive de charme en direction de toutes les organisations qui démultiplient, souvent, la puissance de l'ANC. La question est, cependant, de savoir si cette opération de charme sera couronnée de succès ?

Tir groupé de plusieurs partis politiques contre George Weah qui, il n'y a pas longtemps (et le score du premier tour l'a montré), était à deux doigts de gagner la présidentielle. Après avoir obtenu le report du deuxième tour, le candidat arrivé troisième à cette élection et d'autres dont le vice-président sortant et candidat au second tour, Joseph Boakai, cherchent, maintenant, à coaliser leurs forces pour barrer la voie à l'ancien international de football que soutiendrait, discrètement, la présidente sortante, Ellen Johnson Sirleaf.

Raila Odinga, contre toute attente, a refusé d'affronter Uhuru Kenyatta au deuxième tour de la présidentielle kényane. Ce dernier a, finalement, obtenu 98,26% des suffrages. Mais, les opposants au vainqueur ne baissent pas les bras. Si Raila Odinga veut lancer une campagne de boycottage économique contre les sociétés proches du pouvoir, les activistes et ONG proches de l'opposition ont, quant à eux, déposé deux recours pour faire annuler la victoire du président sortant, Uhuru Kenyatta, auprès de la Cour suprême.

Le président de la Commission électorale kényane, Wafula Chebukati, a émis, ce mercredi, 18 octobre, de forts doutes sur sa capacité à organiser une élection présidentielle crédible le 26 octobre et dénoncé les "interférences" de la classe politique. Raila Odinga, lui, a, déjà, jeté l'éponge tandis qu'Uhuru Kenyatta est, toujours, dans la course. Odinga appelle à des manifestations dont la plus grande aura lieu le jour de la présidentielle, le 26 octobre. De son côté, le président de la Commission électorale souhaite s'entretenir à trois, avec les deux candidats avant le 26 octobre, mais personne ne l'écoute. Les troubles dans le pays semblent inévitables après le 26 octobre.

Le langage du président sortant, Uhuru Kenyatta, n'a plus rien à voir avec le discours, enrobé, du chef d'Etat en exercice, qu'on lui connaissait. Au regard de la façon dont tournent, maintenant, les événements, il commence à s'exprimer comme un opposant au pouvoir, comme s'il avait perdu la maîtrise de ses sens. C'est une attitude bizarre qui en étonne plus d'un dans son propre camp où, généralement, il est considéré comme quelqu'un de très bien élevé comme tout fils d'ancien chef d'Etat, qui a appris les bonnes manières depuis sa tendre enfance. Mais, en accusant la Cour suprême d'avoir fomenté un « coup d'état » parce que son arrêt ne lui est pas favorable, quelques jours après que le président de cette Cour eut demandé à sa banque de retourner à son envoyeur, les 5 millions de dollars qui avaient, mystérieusement, atterri sur son compte bancaire, Uhuru Kenyatta ne fait-il pas montrer de perdre son self-control ?

Expert en jongleries démocratiques, le président rdcongolais, Joseph Kabila, n'a pas envie de convoquer le corps électoral pour la présidentielle. Afrique Education (version papier) l'avait écrit l'année dernière alors que tout le monde s'attendait à une élection présidentielle avant fin décembre 2016. Soutenu par certains caciques de la sous-région comme le Congolais, Denis Sassou-Nguesso, mais aussi, en observant que les chefs d'Etat comme le Burundais, Pierre Nkurunziza, peuvent rester en place malgré une très grande animosité de la communauté internationale, Joseph Kabila a, déjà, pris sa décision, à savoir, « j'y suis j'y reste ». Cela dit, l'ONU le presse, fortement, d'organiser la présidentielle et de quitter le pouvoir.

Le président kényan, Uhuru Kenyatta, a, officiellement, ouvert, mardi, 12 septembre, la nouvelle législature, en s'exprimant devant le Parlement issu des élections du 8 août, en l'absence de l'opposition, qui a boycotté la séance après l'invalidation, par la justice, du scrutin présidentiel. Uhuru Kenyatta n'a pas le cœur net. Il est envahi par la peur de perdre l'élection présidentielle dont l'issue défavorable entraînerait, par la suite, l'annulation des élections législatives. Un malheur ne venant, jamais, seul, il est, actuellement, soupçonné d'avoir voulu corrompre le président de la Cour suprême,David Maraga, en faisant mettre la somme de 5 millions de dollars sur son compte bancaire.

Course contre la montre au Zimbabwe, entre d'un côté, Robert Mugabe, qui a déclaré qu'il serait, toujours, président de la République à 100 ans (il en a 93), et son opposition, qui s'est rassemblée pour le bouter hors du palais présidentiel, lors du scrutin de l'année prochaine. Camarade Bob sent-il le piège se refermer sur lui ? Pour le moment, il se moque de l'alliance formée par l'opposition, qu'il a nommée "Créature de l'Occident", pour mettre un terme à son règne de trente-sept ans. Ce n'est pas la première fois que l'opposition zimbabwéenne serait soutenue par des lobbys d'Angleterre et des Etats-Unis pour abréger le séjour de Mugabe à la tête de l'Etat. Ce dernier, en bon ancien maquisard, qui a donné l'indépendance à son pays, a, toujours, su jouer les pronostics. Qu'en sera-t-il cette fois-ci ?

La pression de Raila Odinga est, incontestablement, en train de porter les fruits. Après avoir demandé le remplacement des membres de l'IEBC (Commission électorale), le président de cette institution, Wafula Chebukati, vient de lui donner raison en remplaçant sept responsables parmi les plus décriés par l'opposition.

Après une longue journée d'attente, la commission électorale kényane a proclamé, vendredi, 11 août, le président sortant vainqueur de l'élection du 8 août. Uhuru Kenyatta a obtenu 54,27% des voix contre 44,74% à son principal opposant Raila Odinga. « Pas question, c'est Raila qui est gagnant », répond le camp d'Odinga, qui reste silencieux. Déjà une centaine de morts, au moins, selon l'opposition. Une douzaine selon la presse.

L'opposant kényan, Raila Odinga, a rejeté, en bloc, mercredi, 9 août, les résultats provisoires d'une élection présidentielle manipulée, selon lui, par piratage informatique, le sortant, Uhuru Kenyatta, étant crédité d'une confortable avance sur fond de tension, de plus en plus, palpable dans des bastions de l'opposition.

La République démocratique du Congo (RDC) a connu une éruption de violences, lundi, 7 août, avec douze morts par balle, à Kinshasa (certaines sources font état de plusieurs dizaines de morts), selon la police, qui accuse une secte politico-religieuse opposée au président, Joseph Kabila, à la veille du lancement d'une série de mobilisations de l'opposition contre le chef de l'Etat. Joseph Kabila avait refusé de quitter son poste au terme de son mandat, fin décembre 2016, et s'y maintient, toujours, grâce à la seule force militaire. Joseph Kabila est, cependant, assis sur un volcan (politique) susceptible d'entrer en ébullition à tout moment. Les prochains jours s'annoncent, d'ailleurs, tumultueux sur le plan des manifestations de l'opposition et de la société civile.

Le principal chef de l'opposition au Zimbabwe, Morgan Tsvangirai, a annoncé, samedi, 5 août, la formation d'une grande coalition de plusieurs partis d'opposition, dont le sien, en vue de défier à la présidentielle de 2018, Camarade Bob, l'inamovible chef de l'Etat qui trône à la tête du pays depuis 1980. Morgan Tsvangirai prend-il ses désirs pour la réalité ? A-t-il les moyens de son ambition ?

Les résultats du deuxième tour de l'élection présidentielle viennent de tomber : 34% pour Marine Le Pen contre 66% environ pour le vainqueur, Emmanuel Macron. On aura beau dire que deux Français sur trois adhèrent au projet de la France « En Marche ». Ce serait ignorer le plus grave : un Français sur trois vote pour le repli sur soi, le choix du racisme et de la xénophobie.