Présidentielle de 2020

"Monsieur le premier ministre, s’il y a une leçon que j’ai apprise ces dernières semaines aux côtés du président de la République Son excellence monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, et surtout, à vos côtés, lors du dernier séjour que j’ai effectué, avec vous, à Berlin (du 19 au 22 novembre), c’est que le Togo est le premier pays réformateur en Afrique et troisième au monde, selon le Rapport Doing Business 2020", a souligné le professeur, Robert Dussey. Ici, il ne s'agit ni de magie, ni de sorcellerie, mais, de la performance réelle et effective du Togo à effectuer des réformes économiques en vue d'attirer les investisseurs privés. Réformes réalisées par le gouvernement togolais comme aucun autre pays africain n'a été capable de le faire.

Le Burkina Faso commence à être en ébullition à 15 mois d'une élection présidentielle qui paraît, particulièrement, indécise. Candidat à sa succession, l'actuel président, Roch Marc Christian Kaboré, n'a aucune garantie qu'il sera réélu, les attaques répétées des djihadistes et les massacres des populations et des militaires, qui vont avec, constituant l'un des principaux points noirs de sa gouvernance. C'est dans ce contexte d'incertitude que le CDP (Congrès pour la démocratie et le progrès) cherche à faire revenir son président d'honneur, Blaise Compaoré, de son exil doré en Côte d'Ivoire.

Le 31 mai 2019, lors de la célébration des 74 ans de l’ancien président ivoirien, Hubert Oulaye a dit une chose qui, pour certains Ivoiriens, n’est pas vraiment une révélation : Laurent Gbagbo ne peut rentrer en Côte d’Ivoire qu’avec l’accord du gouvernement français et de Dramane Ouattara. Pourquoi fallait-il s’attendre à cela ? Parce que c’est la France et Ouattara qui l’ont kidnappé et déporté illégalement à la Haye.

Alassane Ouattara a dit qu'il avait un doctorat en économie mais on n'a jamais vu un ouvrage écrit par lui dans son domaine. Même un petit article de lui sur la monnaie et l'économie africaine, ça n'existe nulle part. On ne sait pas non plus quelle maison d'édition a publié sa "thèse". Enfin, les faibles d'esprit qui se laissent abuser par lui, répètent à l'envi qu'il était au FMI sans se poser la question de savoir quelles couleuvres il avala ou combien de fois il dut baisser la culotte (au sens propre et figuré du terme) pour y entrer. Bref, ils parlent de leur gourou comme si ce dernier était le premier Africain à travailler dans cette institution.

L'ancien candidat à la présidentielle américaine, Bernie Sanders, envisage de se présenter, en 2020, s'il est le "mieux placé" pour battre le républicain, Donald Trump, a-t-il confié au New York Magazine. "Si quelqu'un d'autre apparaît qui puisse, pour une raison ou une autre, faire un meilleur boulot que moi, alors je ferais tout ce que je peux pour qu'il ou elle soit élu", déclare le sénateur indépendant âgé de 77 ans, dans un entretien publié dimanche. Mais "s'il s'avère que je suis le meilleur candidat pour battre Donald Trump, alors je serais probablement candidat", ajoute-t-il.

L'envie de sortir de prison de Laurent Gbagbo semble prendre le dessus sur le bon sens. Présidée par un proche de l'ancien président, Aboudramane Sangaré, l'aile dissidente du FPI (Front populaire ivoirien) a confié sa présidence au prisonnier Laurent Gbagbo. Autrement dit, c'est depuis sa prison de la CPI (Cour pénale internationale) qu'il dirigera son aile du FPI, l'autre aile, dite officielle, étant présidée par l'ancien premier ministre, Pascal Affi N'Guessan. Les partisans de Laurent Gbagbo n'ont pas tort de le positionner. Sa demande de liberté provisoire devrait être examinée en octobre. Cette fois-ci, ses avocats gardent bon espoir après la libération du RDCongolais, Jean-Pierre Bemba, dont le dossier, comme celui de Gbagbo, était, aussi, vide bien que gardé en prison. Bemba s'est, d'ores et déjà, porté candidat à la présidentielle du 23 décembre au Congo-Kinshasa, dès le 3 août.
Le RHDP ayant donné lieu à un parti unifié qui ne réunit pas tous ses partis adhérents dont le PDCI d'Henri Konan Bédié, il y a donc de la contestation dans l'air dans l'initiative conduite par le président, Alassane Ouattara. Visiblement, le PDCI serait à la recherche de nouvelles alliances pour présenter son candidat à la présidentielle de 2020, après avoir refusé de se soumettre aux primaires voulues par Alassane Ouattara. Désigné président du parti unifié (RHDP), Alassane Ouattara se dirigerait, doucement mais sûrement, vers un troisième mandat dont ne veut plus le PDCI. Les alliances de la vieille dame cinquantenaire serait, donc, à rechercher du côté des ennemis d'hier, en l'occurrence, les deux tendances du FPI.
Dans tous les cas, l'élection de Laurent Gbagbo comme président d'une aile du FPI n'est pas anodine. Elle sonne comme une volonté de ce parti de sortir de son isolement en mettant en avant celui qui symbolise le mieux ses valeurs, son unité, surtout, son rayonnement. Les grandes manœuvres pour 2020 ne font que commencer.

Pierre Nkurunziza a décidé de s'accrocher au pouvoir malgré la réticence de son opposition et de la communauté internationale. Il vient d'imposer une contribution "volontaire" de la population pour financer les élections de 2020 à laquelle il est candidat alors que son pays est plongé, depuis plus de deux ans, dans une profonde crise politique dont il est le seul et unique responsable.

Guillaume Soro n'a même pas attendu la tenue du Congrès du RDR, en septembre, qui devrait permettre à Alassane Ouattara d'en briguer la présidence, pour créer son propre mouvement politique. L'appétit le dévore. De plus en plus à l'étroit pour ne pas dire marginalisé du dispositif du président de la République, qui aurait, déjà, fait ses choix pour 2020, Soro n'a fait que tirer les conséquences avant d'autoriser la création, pour son propre compte, de l'AFN (Amicale des Forces Nouvelles). Appellation qui est tout un programme.

L'ancien président de Côte d'Ivoire et actuel président du PDCI et du RHDP, Henri Konan Bédié, vient d'en avoir pour son grade. Homme politique qui est tout sauf « faux », il n'a pas décelé, à temps, malgré de nombreuses mises en garde, que son « jeune frère », Alassane Ouattara, allait (comme il sait bien le faire) le tourner en bourrique. Complètement enfariné, aujourd'hui, le Grand Aimé Henri n'a plus que ses yeux pour pleurer, lui qui en voulait à certains de ses militants, qui osaient le mettre en garde contre Alassane Ouattara, homme qui a, rarement, respecté ses engagements.

Les militants du PDCI-RDR commencent, enfin, à se rendre compte qu'ils ont été roulés dans la farine par leurs frères et camarades du RDR. Après avoir soutenu le candidat du RDR, en l'occurrence, son président, Alassane Ouattara, à l'élection présidentielle, en 2010 et en 2015, le PDCI-RDR (ce n'est plus, tellement, un secret) croisera, à nouveau, un candidat RDR (Alassane Ouattara ou quelqu'un d'autre) en 2020. Cette éventualité ne fait pas beaucoup plaisir au président du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié, qui avait (naïvement ?) cru à la parole donnée par son jeune frère Alassane Ouattara. La consécration de cette option sera, clairement, affirmée, les 9 et 10 septembre, pendant le 3e Congrès du RDR dont le président du Comité d'organisation, est l'infatigable, Adama Bictogo.