Réforme constitutionnelle

Les députés d'opposition en Guinée ont décidé, vendredi, 11 octobre, de «suspendre leur participation aux travaux de l'Assemblée nationale» pour protester contre l'ambition prêtée au président, Alpha Condé, de faire réviser la constitution pour briguer un troisième mandat, à trois jours de manifestations considérées à haut risque.

Les députés sénégalais ont adopté, samedi, 4 mai, la révision de la constitution devant mener à la suppression du poste de premier ministre. Cette initiative du pouvoir est dénoncée par l'opposition et la société civile, qui soutiennent qu'elle ne transparaissait pas dans le programme du candidat, Macky Sall, pendant sa campagne de réélection.

Homme d'affaires milliardaire, ancien faiseur de président, Patrice Talon s'est, finalement, résolu à devenir, lui-même, calife. Vu son entregent et l'étendue de son réseau d'amitié, il n'a pas eu du mal à gagner ce pari ambitieux car il n'apprenait pas le job. Depuis mai, il est, confortablement, installé dans le Palais de la Marina. Mais, si son accession au pouvoir a bouleversé les habitudes, Patrice Talon a, aussi, surpris par son programme de gouvernement étalé sur un seul et unique mandat alors que la constitution lui donne la possibilité d'en faire deux. Lui veut en faire un seul et souhaite que le mandat unique soit inscrit dans la constitution. Mal vu, mal compris, mal expliqué, son projet passe, difficilement, dans l'opinion.

A côté d'un Paul Kagamé et d'un Denis Sassou Nguesso triomphants, parce qu'ils ont bravé les lois de leur pays qu'ils sont supposés faire respecter, le petit despote de Bujumbura, Pierre Nkurunziza, ne pouvait être insensible à une modification de la constitution qui lui donne la latitude de rester au pouvoir autant d'années qu'il le voudra. D'autant plus que la communauté internationale sur laquelle compte l'opposition burundaise compte pour du beurre, comme on l'a vu au Congo-Brazzaville et au Rwanda. Résultat : Pierre Nkurunziza a annoncé ne pas exclure un 4e mandat si le peuple le lui demande. Puis, un 5e, un 6e, un 7e, un 8e, un 9e, un 10e, bref, jusqu'à ce que Dieu le Tout Puissant veuille bien le convoquer, au ciel.