RDCongo

Le courant passe 5/5 entre le nouveau président de la RDCongo, Félix Tshisekedi, et son prédécesseur, Joseph Kabila. En l'espace de quelques jours, les deux hommes ont appris à se connaître, à se respecter et à parler le même langage. On a, aussi, l'impression qu'ils regardent dans la même direction. Au niveau des institutions, par exemple, on ne sent pas, vraiment, l'alternance. C'est le sentiment de la continuité qui prédomine avec la nomination du futur premier ministre, qui a de fortes chances d'être proche de Joseph Kabila, le parti de ce dernier ayant raflé plus de la moitié des députés de la future Assemblée nationale. C'est donc un sentiment contrasté qui anime les RDCongolais : ils ont, certes, obtenu le changement qu'ils escomptaient avec le départ formel de Joseph Kabila, mais, ce changement se fait dans la continuité car Joseph Kabila reste omniprésent dans les rouages de l'Etat. Alors changement ou pas changement ? Continuité ou pas continuité ? A chaque RDCongolais de définir ces concepts à sa façon.

Sénateur à vie (avec tout ce qui va avec), ancien président de la République, qui garde tous les investissements effectués par lui-même, ainsi que, sa famille, pendant ses dix-huit ans de pouvoir, Joseph Kabila n'a pas pensé, seulement, à lui-même et aux siens proches. Chef d'un système de prédation (en voie disparition?), il a, aussi, oeuvré pour que tous ses ministres et anciens collaborateurs, manquent de rien. Ils vivront, tous, comme s'ils étaient, toujours, en fonction. Voilà le prix de la victoire d'Etienne Tshisekedi que semble dénoncer Martin Fayulu qui manifestait, cet après-midi, à Kinshasa où il a appelé ses militants et sympathisants à la « résistance pacifique ».

Ramazany Shadary n'est pas bavard de nature. Ancien ministre de l'Intérieur, homme des dossiers, il sait garder un secret. Mais, en tant qu'être humain, il peut être exaspéré. Et il l'a été. Lors de cette élection présidentielle à laquelle il avait été désigné par le chef de l'Etat comme le candidat du pouvoir, il s'est senti trahi par son patron, celui-là là même qui l'avait convaincu d'aller au feu. Sans état d'âme, il lâche, à son tour, Joseph Kabila, en expliquant pourquoi.

La prestation de serment du nouveau président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, qui va prendre le relais du chef de l’Etat sortant, Joseph Kabila, aura bien lieu, jeudi, 24 janvier, à Kinshasa. Elle est prévue à partir de midi (11h00 GMT) au Palais de la Nation de Kinshasa, siège de la présidence de la République.

Le miracle attendu par Martin Fayulu et ses amis, n'a pas eu lieu. La Cour constitutionnelle congolaise a proclamé, dimanche, 20 janvier, Félix Tshisekedi, président de la République. Martin Fayulu, dont le recours a été rejeté, appelle à "ne pas reconnaître un pouvoir qui n'a ni légitimité ni qualité légale". C'est une rhétorique qu'on a souvent entendu ailleurs, en Afrique, et qui ne peut déboucher sur rien. Martin Fayulu doit se comporter en homme d'Etat et prendre date pour l'avenir : vainqueur selon les décomptes de la CENCO (Conférence épiscopale nationale congolaise) et des observateurs neutres, et non par ceux de la CENI qui est l'organe officiel des élections, il doit appeler à la paix et accepter la main tendue de Félix Tshisekedi. Tous deux étant issus de l'opposition, il leur appartient de mettre de côté leurs égos personnels et trouver un terrain d'entente pour travailler ensemble à l'avancement de la RDCongo.

Du jamais vu sous les tropiques : pour la première fois, l'instance continentale n'est pas d'accord avec la proclamation des résultats des élections faite par la CENI en République démocratique du Congo (RDC). Président en exercice de cette organisation, le président du Rwanda, Paul Kagame, a demandé, jeudi, 17 janvier, soir, la "suspension" de la proclamation des résultats électoraux définitifs, ainsi que, l'envoi d'une délégation de "haut niveau" à Kinshasa. Cette délégation composée, essentiellement, de chefs d'Etat sera conduite par lui-même, avec à ses côtés, le président de la Commission, le Tchadien, Moussa Faki Mahamat.

Trop trop trop de contestations sont en train de contraindre la CENI à ré-compter les voix. Elle y va en traînant les pieds. Mais, le poids déterminant de l'épiscopat rdcongolais fait pencher la balance en faveur de cette solution qui devrait arranger tout le monde, sauf, peut-être, le pouvoir en place, ainsi que, Félix Tshisekedi, déclaré vainqueur de cette présidentielle contestée. Même le Conseil de sécurité à la demande de la France, s'est emparé de ce dossier, ce qui est fort rare si on consulte les annales de cette institution des Nations-Unies. La CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) qui avait déployé des observateurs sur l'ensemble du territoire, a fait ses calculs : c'est Martin Fayulu qui a gagné. Ce dernier brandit un score de 61% des voix à qui veut l'entendre. Même contestation des résultats de la CENI par les églises protestantes de la RDC. Tshisekedi, le régime de Kabila et la CENI sont le dos au mur.

Candidat de l'opposition, Martin Fayoulou est coiffé au poteau, alors qu'il se voyait déjà au palais présidentiel. Que s'est-il passé pour que son rival de l'opposition, Félix Tshisekedi, le double, de cette manière, au dernier moment alors que les décomptes de voix lui étaient favorables ? Le candidat de l'opposition n'est pas le seul à protester et à penser qu'il y aurait une sorte d'arrangement entre le vainqueur désigné et le pouvoir. Dans une sortie inhabituelle, le Quai d'Orsay (Ministère français des Affaires étrangères) juge les résultats communiqués par la CENI « non conformes ».

Tout le monde ne voulait pas que les élections se déroulent dans de bonnes conditions en RDC (République démocratique du Congo). Après avoir assisté, hier, 30 décembre, à une journée électorale (bon enfant), à Kinshasa, et sur presque tout l'ensemble du territoire rdcongolais, tout Africain désireux de voir son continent prendre son destin en main, pouvait être heureux. Il y a lieu de dire que, globalement, tout s'est bien passé, mieux même que dans certains pays africains où les observateurs européens et américains viennent crédibiliser l'organisation des élections. Premier point positif : aucune mort, à Kinshasa, due à ces élections n'a été enregistrée par la police de la capitale, ce qui montre le haut niveau de conscience des populations kinoises, mais aussi, la maîtrise des forces de défense et de sécurité, chargées de sécuriser le vote. A l'intérieur du pays, on note, cependant, quelques morts, notamment, dans le Kivu. Cela dit, si ces morts sont à regretter, ils sont loin des craintes qui avaient provoqué le Sommet de Brazzaville organisé, en catastrophe, par Denis Sassou Nguesso avec quatre autres chefs d'Etat de la sous-région.. Deuxième point positif : après avoir refusé les aides de toutes sortes venant de l'Union européenne, de la Francophonie, de l'Union africaine et d'autres pays occidentaux, la RDC a montré que malgré ses 40 millions d'électeurs, la CENI était à la hauteur de l'événement, sans l'aide de qui que ce soit. Troisième point positif : même si la logique électorale devrait favoriser le candidat commun de l'opposition, Martin Fayulu, ses deux principaux concurrents, à savoir, Félix Tshisekedi, et le candidat du pouvoir, Emmanuel Ramazani Shadari (qui crierait déjà victoire), s'organisent, aussi, pour se déclarer vainqueurs, sans remettre, fondamentalement, en cause, l'organisation des élections. C'est une victoire énorme que doit savourer le raïs sortant.

Le docteur, Denis Mukwege, a profité de la remise du Prix Nobel de la Paix qu'il partage avec l'Irakienne, Nadia Murad, pour en appeler à la « responsabilité de la communauté internationale » pour une bonne tenue de l'élection présidentielle prévue le 23 décembre prochain. Denis Mukwege qu'on présente, parfois, comme un possible recours pour une transition en RDCongo a semblé très préoccupé par la catastrophique situation dans son pays, qui est, essentiellement, provoquée par son extrême richesse. La RDCongo, en effet, est un scandale géologique, tellement, elle aligne des mines à caractère stratégique et rarissimes (coltan, uranium, cobalt, cristaux divers, glaukosphaerite, etc.). Tout ce qui ne se trouve nulle part ailleurs dans le monde gît dans le sous-sol rdcongolais. Voilà la source de son instabilité.

Pour ce numéro double 471-472, nous avons hésité entre deux couvertures : Ali Bongo Ondimba dont l'état de santé venait de mobiliser l'attention de toute l'Afrique et de la communauté internationale, et le dictateur 5 étoiles du Congo-Brazzaville. Pour des raisons de sympathie non déguisée, Ali Bongo Ondimba a été choisi pour faire la pleine page dudit numéro.

Martin Fayulu, le candidat de la coalition de l'opposition rdcongolaise, est arrivé, à Kinshasa, pour livrer la bataille de la libération du Congo. Officiellement, il lance sa campagne, vendredi, 23 décembre, avec le soutien des poids lourds de l'opposition dont Jean-Pierre Bemba et le gouverneur, Moïse Katumbi, mais sans, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, eux aussi, candidats à la même élection.

Le candidat du président sortant de la RDCongo Joseph Kabila, Emmanuel Ramazani Shadary, a promis, lundi, 19 novembre, 86 milliards de dollars pour le développement du pays sur cinq ans, en présentant son programme pour l'élection présidentielle prévue le 23 décembre. Du renforcement de l'autorité de l'Etat à la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics, tout y va.

La honte ! La terrible déception ! La très grande désillusion ! Chacun qualifiera cela comme il l'entend. Toujours est-il que l'unité tant saluée ces dernières semaines n'a même pas tenu 24 heures : deux poids lourds de l'opposition congolaise ont annoncé dès lundi, 12 novembre, qu'ils se retiraient de l'accord qu'ils avaient signé la veille pour désigner un candidat unique de l'opposition à l'élection présidentielle prévue le 23 décembre en République démocratique du Congo (RDC). On n'a pas besoin d'être le marabout de Sassou-Nguesso pour savoir que Joseph Kabila a sablé le champagne, maintenant qu'il commence, vraiment, à être rassuré de la possible réalisation de son plan de maintien (via son candidat) au pouvoir. Du coup, la retraite anticipée de sa charge de prêtre du cardinal, Laurent Mosengwo, il y a, quelques jours, prend toute son importance. Afriqueeducation.com avait alors titré : « Présidentielle en RDC : Le cardinal Laurent Mosengwo en embuscade » (2 novembre 2018 à 12h38), s'attirant quelques foudres de fidèles catholiques rdcongolais.

La République démocratique du Congo (RDC) a annoncé, mardi, 16 octobre, la signature d'un "accord de développement exclusif" avec deux entreprises chinoise et espagnole pour tenter de financer son projet de méga-barrage hydro-électrique Grand Inga sur le fleuve Congo d'une capacité de 11.000 MW.

Le gynécologue rdcongolais, Denis Mukwege, a obtenu, ce vendredi, 5 octobre, le Prix Nobel de la Paix qu'il va partager avec l'activiste yézidie, Nadia Murad.

Au total, 21 candidatures ont étaient retenues pour la présidentielle de décembre prochain et 15 355 candidatures aux législatives nationales après inscription de nouvelles candidatures ordonnées par la Cour constitutionnelle. On pourrait se diriger vers un « Tous contre Shadary », le candidat de Joseph Kabila, dont ne veut pas l'opposition, qui court le risque de se présenter à cette élection en rangs dispersés.

Six responsables de l'opposition congolaise, dont deux candidats à la présidentielle, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, ont appelé, ensemble, mercredi, 12 septembre, le régime du président, Joseph Kabila, à respecter la loi électorale, sous peine d'entraîner le "chaos" dans le pays. Le calme observé par Kinshasa est déconcertant. Après avoir été pressé, par la communauté internationale, d'organiser la présidentielle, Joseph Kabila surnommé le « boulanger de Kinshasa » pour sa capacité à rouler ses adversaires dans la farine, déploie une stratégie qui laisse penser que le pouvoir va rester à son candidat, même si, numériquement, on peut penser que l'opposition est, largement, majoritaire dans le pays. Comment faire à ce que la majorité des populations qui soutiennent l'opposition se transforme en majorité électorale le jour du vote ? Réunis, à Bruxelles, mercredi, 12 septembre, les principaux candidats de l'opposition ne prennent pas le chemin de l'unité et du candidat unique, ce qui est à l'avantage du « boulanger de Kinshasa ».

L'Angola dont le président, Joao Lourenço, assiste, rarement, aux Sommets organisés dans d'autres pays, a invité, au moins, cinq chefs d'Etat, à Luanda, pour discuter d'un ordre du jour qui avait trait à la République démocratique du Congo (RDC), au Soudan du Sud, entre autres. Sur les cinq chefs d'Etat attendus, au moins, seuls le Gabonais, Ali Bongo Ondimba et le Congolais, Denis Sassou-Nguesso, ont effectué le déplacement de Luanda. Les principaux concernés, à savoir, le RDCongolais, Joseph Kabila, et le Soudanais du Sud, Salva Kiir, ont brillé par leur absence, tout comme, les deux parrains de la sous-région, l'Ougandais, Yoweri Museveni et le Rwandais, Paul Kagame, qui préside, actuellement, l'Union africaine (UA) dont le président, le Tchadien, Moussa Faki Mahamat, s'est fait représenter par son conseiller, le Mauritanien, Ould Lebatt. Non seulement, l'utilité de ce Sommet était à démontrer, mais, le président, Joseph Kabila, qui a accepté de quitter le pouvoir sans modifier la constitution, comme certains de ses voisins, a eu raison de ne pas venir se faire applaudir par les fossoyeurs de la démocratie africaine.

Vingt-trois candidats ont déposé leurs dossiers pour succéder au président, Joseph Kabila, qui ne peut plus se représenter à la présidentielle du 23 décembre en République démocratique du Congo (RDCongo), selon un décompte fait, jeudi, 8 août par la commission électorale.