Robert Mugabe

Lentement "l'Union Jack" glisse le long du mât. Une immense clameur s'élève dans le stade Rufaro à Salisbury. Il est un peu plus de minuit ce vendredi 18 avril 1980 : le Zimbabwe est né. Trente-six mille poitrines fêtent, avec enthousiasme, la montée du drapeau rouge, vert, jaune et noir, frappé de l'étoile et de l'oiseau sacré, symboles du nouvel Etat, qui a abandonné son ancien nom de Rhodésie.

C'est vrai que son pays, le Zimbabwe, ne dispose ni du pétrole ni du gaz, qui provoquent des folies à certains dirigeants de pays qui en possèdent. Mais, on a aussi vu des dirigeants de pays dont le pays ne disposait pas d'or noir, compter parmi des milliardaires du continent alors qu'ils ne sont pas opérateurs économiques. Robert Mugabe, lui, ne s'est pas enrichi malgré ses 37 ans passés au pouvoir. Avec une dizaine de petits millions de dollars trouvés sur ses comptes au Zimbabwe, on a la preuve qu'il ne confisquait pas le pouvoir pour, essentiellement, s'enrichir. Sinon, la presse occidentale (à gages) aurait fait de gros titres sur sa filouterie.

Dans l’article ci-dessous, je cède la parole à Justin Katinan Koné, ex-ministre du Budget de la Côte d’Ivoire. En 2011, après le renversement de Laurent Gbagbo par les bombes et le mensonge, j’ai rencontré M. Koné au Ghana, où il se trouvait en exil forcé. Economiste de formation, il m’avait alors fourni beaucoup de renseignements utiles pour comprendre le conflit dans son pays. Aujourd’hui, alors que Laurent Gbagbo vient d’être acquitté par la Cour pénale internationale des crimes qui lui ont été injustement imputés par la presse aux ordres du G7 depuis le déclenchement de la guerre civile en Côte d’Ivoire, au mois de septembre 2002, Justin Katinan Koné est, lui, encore traqué par le tyran Alassane Ouattara. Depuis son exil, il m’a fait parvenir l’article ci-dessous à l’occasion du décès de Robert Mugabe. Le lecteur y trouvera un éclairage édifiant qui est absent des grands médias occidentaux. - Bernard Desgagné -

L'ancien président zimbabwéen, Robert Mugabe, âgé de 94 ans, est soigné, depuis deux mois, à Singapour, et ne peut plus marcher, a affirmé ce samedi, 24 novembre, son successeur, Emmerson Mnangagwa. Ce dernier s'exprimait, lors d'un meeting de son parti, la Zanu-PF, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980. Très affaibli politiquement à cause des reproches qu'on lui fait de n'avoir pas réussi à relancer l'économie, le nouveau président de la République divulgue, là, un secret médical sans l'autorisation du corps médical soignant son prédécesseur. C'est comme s'il utilisait les arguments de bas de la ceinture pour se tirer d'affaire.

Qui en veut au successeur de Robert Mugabe à ce point ? Cette question est sur toutes les lèvres au Zimbabwe où l'attentat à l'explosif inédit qui a visé une réunion de campagne du président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, a plongé, dimanche, 24 juin, le pays dans l'incertitude à un mois de ses premières élections de l'ère post-Robert Mugabe. Le « crocodile » se rend, fatalement, compte que cette élection présidentielle ne sera pas une partie de plaisir pour lui, et que s'il ne fait pas attention, il risque d'y laisser sa peau.

C'est une plaisanterie de mauvais goût que son successeur, Emmerson Mnangagwa, commence à servir aux Zimbabwéens et aux Africains. Parce que Robert Mugabe, remonté par le coup d'état avec l'implication de l'armée dont il a été victime, a montré son mécontentement en soutenant la création d'un autre parti politique qui rassemble les déçus de la Zanu PF proches de son épouse, Grace Mugabe, le nouveau pouvoir commence à montrer des signes d'énervement qui prouvent qu'il n'est pas aguerri aux batailles politiques. Répondre du détournement de 15 milliards de dollars, ressemble aux procès staliniens que le pouvoir soviétique collait aux ennemis du régime communiste. Car que peut-on, logiquement, attendre de Camarade Bob, du haut de ses 94 ans, lors d'un tel procès, sinon, l'enquiquiner ? Le Zimbabwe, petit à petit, ne serait-il pas en train de prendre une tournure inquiétante ?

Ancien maquisard qui ne sait pas abandonner une cause tant qu'il ne l'a pas gagnée, Robert Mugabe n'a pas encore dit son dernier mot sur sa surprenante perte du pouvoir. Il y a quelques jours, il a surpris en donnant sa caution à la création d'un nouveau parti politique, le Front patriotique zimbabwéen, que préside un ancien général et qui a désigné son candidat à la prochaine élection présidentielle. Il semblerait même qu'il en soit le principal fondateur. Ce parti rassemble toute l'aile de la Zanu-PF qui soutenait Grace Mugabe. Ces dernières heures, c'est son ami, Jacob Zuma (qui a aussi perdu le pouvoir) qu'il attaque en affirmant qu'il aurait dû diligenter une intervention armée pour contrer le coup d'état militaire qui l'a évincé du pouvoir. Qui a dit que Camarade Bob avait perdu sa verve ? Il est plus que jamais présent dans la vie politique du Zimbabwe.

Les Zimbabwéens ont marqué, mercredi, 21 février, le 94e anniversaire de l'ancien président, Robert Mugabe, en observant un jour férié sur l'ensemble du territoire. Cependant, le gâteau d'anniversaire était moins grand (que les années passées) et les courtisans du château, attirés par le délicieux gâteau, beaucoup moins, nombreux. Mais, tout s'est bien passé, Camarade Bob gardant sa popularité intacte, en tant que libérateur du pays du colon britannique. Camarade Bob, en tant que sage, patriarche bien aimé, devrait se voir confier, bientôt, des missions au sein de l'Union africaine (UA), pour le bon devenir du continent. Le président de l'UA, Moussa Faki Mahamat, lui a, d'ailleurs, rendu visite à son domicile, à Harare, pour le saluer et prendre de ses nouvelles.

Vainqueur de la lutte d'indépendance contre le colon britannique, le président, Robert Mugabe, du haut de ses petits 93 ans, vient de gagner la première bataille : refuser de démissionner comme le lui demandait l'armée. C'est donc, désormais, acquis qu'il ne quittera pas le pouvoir même si les discussions continuent de traîner. Y participent l'armée, l'église, les deux ministres sud-africains et des représentants de la SADC, l'organisation sous-régionale. La lassitude de la population et même des négociateurs aidant, on tend vers la normalisation rapide de la situation. Deux signes ne trompent pas : alors que Camarade Bob a participé, ce vendredi, 17 novembre, matin, à une cérémonie de remise de diplômes à l'Université de Harare, ce qui veut dire qu'il n'est plus en « résidence surveillée », le vice-président, récemment, limogé, Emmerson Mnangagwa, lui, est rentré, jeudi, au Zimbabwe, en provenance d'Afrique du Sud où il s'était exilé.

L'armée du Zimbabwe qui a arraché l'indépendance au colon britannique détient la substance du pouvoir d'Etat depuis près de trois jours. Bien qu'elle ait déclaré urbi et orbi qu'elle ne faisait pas un coup d'état (dans le sens classique du terme) contre son commandant suprême, Robert Mugabe, elle continue, néanmoins, sa purge dans l'entourage présidentiel, empêche les ministres de travailler et garde le président de la République en « résidence surveillée ». Bien sûr qu'à 93 ans, Camarade Bob qui avait annoncé vouloir rester président du Zimbabwe jusqu'à 100 ans, a multiplié les erreurs, qui lui sont, aujourd'hui, fatales. Bien sûr que l'armée a eu raison de stopper les dérives du président de la République. Mais, il est temps de revenir au bon fonctionnement des institutions du Zimbabwe en rejetant l'aventure dont le principal bénéficiaire, grand tireur de ficelles devant l'éternel, ne sera, au final, que l'Occident (Washington et Londres en premier lieu) qui cherche à humilier Camarade Bob depuis des lustres, sans y parvenir. Jamais deux sans trois : après Kadhafi et Gbagbo, Mugabe sera-t-il le troisième sur la liste ? On espère que le bon sens des choses prendra le dessus du côté de Harare.

Pour la première fois, depuis très longtemps, Robert Mugabe risque de perdre le sommeil, après la sortie fracassante du chef des armées, pour le mettre en garde contre la purge qu'il a entreprise au sein de la Zanu-PF. En effet, le chef de l'armée zimbabwéenne, le général, Constantino Chiwenga, a dénoncé, lundi, 13 novembre, l'éviction du vice-président du pays, Emmerson Mnangagwa, et réclamé la "fin" de ce qu'il a qualifié de purge au sein du parti présidentiel Zanu-PF, prévenant que l'armée pourrait "intervenir".

Le président sud-africain n'est pas seul dans la sous-région australe de l'Afrique à vouloir se faire succéder par son ex-épouse Xhosazana. Au Zimbabwe, Robert Mugabe nourrit, exactement, la même ambition. Son épouse, Grace, qui, après avoir pris la direction de la puissante ligue féminine de la Zanu-PF, va devenir, avant la fin 2017, vice-présidente du parti. C'est le chemin tout indiqué pour devenir la prochaine présidente du Zimbabwe. Qui a dit que Camarade Bob, du haut de ses 93 ans, était sénile (comme le disent ses détracteurs) et ne savait pas ce qu'il faisait ? Il démontre, au contraire, aux Zimbabwéens qu'il a de la suite dans les idées.

Camarade Bob n'est pas content de certains ministres. A quelque six mois de l'élection présidentielle à laquelle il est candidat, il va composer un nouveau gouvernement, cette semaine, qui défendra son bilan pendant la campagne qui s'annonce âpre. Car en face, l'opposition s'organise pour présenter un candidat unique. Dans le camp présidentiel, par contre, la ZANU-PF, le parti présidé par le président de la République, connaît des luttes intenses sur fond de succession à laquelle Camarade Bob ne veut pas entendre parler.

Course contre la montre au Zimbabwe, entre d'un côté, Robert Mugabe, qui a déclaré qu'il serait, toujours, président de la République à 100 ans (il en a 93), et son opposition, qui s'est rassemblée pour le bouter hors du palais présidentiel, lors du scrutin de l'année prochaine. Camarade Bob sent-il le piège se refermer sur lui ? Pour le moment, il se moque de l'alliance formée par l'opposition, qu'il a nommée "Créature de l'Occident", pour mettre un terme à son règne de trente-sept ans. Ce n'est pas la première fois que l'opposition zimbabwéenne serait soutenue par des lobbys d'Angleterre et des Etats-Unis pour abréger le séjour de Mugabe à la tête de l'Etat. Ce dernier, en bon ancien maquisard, qui a donné l'indépendance à son pays, a, toujours, su jouer les pronostics. Qu'en sera-t-il cette fois-ci ?

Le président, Robert Mugabe, se rend-il, encore bien, compte de ce qu'il fait ? On peut, sérieusement, en douter. Le 21 février, jour de son anniversaire, sera, désormais, férié au Zimbabwe. Explication : honorer celui qui dirige le pays, avec intelligence, pugnacité et passion, depuis 1980. On se croirait en Corée du Nord où seul le culte d'une personnalité excessive peut conduire à de telles aberrations. Camarade Bob (qui mérite une certaine vénération de la part des Africains au regard de son combat pour libérer, non seulement, le Zimbabwe, mais aussi, l'Afrique du Sud (raciste), n'accepte-t-il pas qu'on en fasse un peu trop sur son nom ?

La victime présumée de l'épouse du président zimbabwéen, Robert Mugabe, soupçonnée de coups et blessures en Afrique du Sud, s'est vu offrir de l'argent pour "classer l'affaire", a affirmé, ce jeudi, 17 août, l'avocat de la jeune femme. Cela aurait fait du beurre dans les épinards de Gabriella Engels sauf que la famille de la jeune femme a considéré que c'était une insulte. Du coup, l'affaire se corse pour Camarade Bob qui vient d'arriver, lui-même, en Afrique du Sud.

La première dame du Zimbabwe, Grace Mugabe, a connu quelques soucis à Johannesburg où elle se trouvait en fin de semaine dernière. Accusée d'avoir, violemment, agressé la voisine de sa chambre d'hôtel qui a porté plainte pour coups et blessures, elle a préféré quitter, précipitamment, l'Afrique du Sud, malgré le fait que, porteuse d'un passeport diplomatique et épouse de chef d'Etat, elle ne risquait, absolument, rien, quant à sa sécurité qui était assurée par les services de l'Etat.

Le président zimbabwéen, Robert Mugabe, a offert un chèque de 60.000 dollars à sa belle-soeur comme cadeau d'anniversaire. C'est une somme, suffisamment, élevée pour être signalée, surtout, dans un pays en crise comme le Zimbabwe. Agé de 93 ans, le président de la République estime qu'il a, suffisamment, travaillé, dans sa vie pour faire de telles largesses à des proches qu'il chérit. Cette somme d'argent fait, néanmoins, polémique à cause des pénuries de liquidités, particulièrement, prononcées que connaît le système bancaire national.

Au sein de l'Union africaine (UA), ce ne sont pas toujours ceux qui sont riches qui sont les bons payeurs. On peut, par exemple, surprendre en affirmant que celui qui cumulait le plus de retards de paiement (alors qu'il n'était pas pauvre), c'était Feu le Frère Guide. Ces propos sont de Jean Ping, ancien président de la Commission de l'Union africaine, dans une interview accordée à Afrique Education, parue dans la deuxième quinzaine de décembre 2011. Aujourd'hui, l'Union africaine compte un certain nombre de chefs d'Etat et de gouvernement multi-milliardaires. Pourtant, elle croule sous les dettes et des déficits. Du haut de ses 93 ans, l'ex-grand maquisard, Robert Mugabe, qui mit hors d'état de nuire le colonisateur britannique, vient de faire le geste qui sauve, en allouant sous forme de don, un million de dollars à l'Union africaine. C'est le fruit de la vente de quelques têtes de son bétail.

Pourquoi un pays devrait-il se priver de compétences d'une de ses filles sous le fallacieux prétexte qu'elle est le rejeton du chef de l'Etat ? Ce serait tellement injuste si on ne désigne pas « the right man at the right place ». Est-ce le cas au Zimbabwe parlant de la fille du président de la République ? La réponse est donnée selon qu'on est de l'opposition ou de la majorité présidentielle.