Roch Marc Christian Kaboré.

Dans le numéro 483-484 d'Afrique Education, actuellement, chez les marchands de journaux, un article explique comment la France caresse, depuis les années 90, l'idée d'obtenir la partition du Mali pour mieux contrôler ses ressources naturelles. Cette politique commencée dans les années 90 n'a pas pris un ride : les présidents François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande, ont beau faire un tour à l'Elysée (14 ans pour Mitterrand et 12 ans pour Chirac), cet objectif n'a guère changé d'un iota. Au Sommet de la « clarification » que le président, Emmanuel Macron, compte organiser, à Pau, début 2020, il serait intéressant que le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, demande des explications à ce sujet à son homologue français, à un moment où l'assistance militaire de Barkhane, devient un sujet de préoccupation pour tout le peuple malien.

Le Quai d’Orsay (ministère français des Affaires étrangères) déconseille de se rendre au Burkina Faso en raison d’attaques attribuées à des groupes djihadistes. Ces attaques ont fait près de 700 morts depuis le début de l’année 2015. C'est un coup dur pour l'économie touristique du pays, et surtout, la preuve de l'échec de la lutte contre le djihadisme et l'extrémisme violent, que mènent les pays du G 5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Niger, Mauritanie, Tchad), sous la coordination de la France, qui y entretient l'Opération Barkhane avec 4.500 soldats.

Dieu est juste, bon, et protège les faibles. Alors que l'action de l'ancien président français, Nicolas Sarkozy, en Libye, relève de ce que la CPI (Cour pénale internationale) considère comme « Crime contre l'humanité », ce dernier se pavane, à travers le monde, en homme libre, à faire des conférences tarifées 200.000 dollars la conférence et au bas mot, alors que sa place est entre quatre petits murs d'une cellule de 4 m². Le 5e Sommet Europe-Afrique aura lieu les 29 et 30 novembre, en Abidjan. Mais, d'ores et déjà, seul le sujet libyen est sur les lèvres, dans des conversations privées. Publiquement, on se retient, par pudeur. On comprend la grande gêne de la délégation française qui (au nom de la continuité de l'Etat) porte sur elle, les bévues de l'administration Sarkozy en Libye, et la destruction (gratuite pure et simple) d'un pays prospère, généreux et ambitieux pour le devenir de tout un continent africain. Ce pays, hier, considéré comme un eldorado, compte, aujourd'hui, deux ou trois gouvernements, des dizaines de milices, un commerce d'esclaves africains au vu et au su des Européens qui sont, d'ores et déjà, accusés de l'avoir, volontairement, ignoré pour freiner l'envahissement de leur continent par des migrants africains. Comment Emmanuel Macron, dans ces conditions, peut-il améliorer l'image de la France en Afrique ?

Pour sa première tournée en Afrique, le président français, Emmanuel Macron, a choisi le Burkina Faso pour livrer son message à la jeunesse africaine. Accompagné en ce temple de contestation par son homologue, Roch Marc Christian Kaboré, le jeune président français n'a, vraiment, pas passé un moment de plaisir devant un parterre d'un millier d'étudiants parmi les plus politisés de la sous-région. Pour preuve, n'ont-ils pas chassé Blaise Compaoré du pouvoir, fin octobre 2014, avant que la France ne l'exfiltre en Côte d'Ivoire à leur grand mécontentement ? Ils avaient, donc, de bonnes raisons d'attendre le représentant de cette France de pied ferme, même si cette lâche extradition fut, plutôt, une basse besogne de François Hollande. Autre signe d'irritation des étudiants à l'endroit du représentant français : alors qu'il s'entretenait à Kosyam (Palais présidentiel) avec son homologue burkinabé, certains étudiants manifestaient, déjà, à l'Université avant même qu'il n'y mette les pieds.

Le courant ne passe plus entre l'ancien premier ministre de transition, le général, Isaac Zida, et le nouveau pouvoir du Burkina Faso. Installé au Canada depuis la fin de la transition, ce dernier n'a répondu à aucune des convocations qui lui ont été adressées pour reprendre ses fonctions dans l'armée.

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a accordé une audience au président du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) et président de la Coordination des mouvements de l’Azawad, Bilal Ag Acherif, dans la soirée du 3 mars 2016, à Ouagadougou.

Cela lui changera des manifestations des agriculteurs et des incessantes critiques de la droite, de la gauche du parti socialiste, et de l'extrême gauche. Au Mali et au Burkina, le premier ministre sera au chaud au propre comme au figuré. Une chaleur qui transparaîtra, aussi, dans les coeurs des dirigeants qui vont le recevoir.