Russie

Les Etats-Unis veulent contrer les "comportements prédateurs" de Pékin et Moscou en Afrique, tout en promettant, dans la stratégie africaine de Donald Trump dévoilée, jeudi, 13 décembre, de mettre fin aux aides financières et aux missions de paix de l'ONU inefficaces. En guise de stratégie, il serait, plutôt, question de mettre fin à certaines aides et subventions que Trump juge inutiles pour l'Afrique et qu'il voudrait détourner en faveur d'autres régions du monde amies des Etats-Unis. Il est clair que sur l'Afrique, il n'a aucune stratégie. Pour lui, l'Afrique ne compte pas et n'a jamais compté.

Ils n'arrêteront jamais de nous étonner les Gaulois. Après avoir attaqué la Russie d'avoir utilisé à d'autres fins la résolution onusienne qui l'autorisait à livrer des armes au Centrafrique, la France, après avoir constaté que la Russie faisait la sourde oreille à ses remarques, change, aujourd'hui, de fusil d'épaule. La sortie de la ministre française de la Défense, Florence Parly, est plus conciliante, constructive et montre une volonté de coopération et non de confrontation.

Le deuxième groupe bancaire russe, VTB, a attribué, par erreur, un prêt de plus de 800 milliards de roubles (10,5 milliards d'euros, soit, 6.877,75 milliards de F CFA) au Centrafrique, a fait savoir la banque en réponse aux révélations de plusieurs médias.

La Russie et la Chine vont être, de plus en plus, des partenaires et non des concurrents en Afrique, où elles ont tout à gagner. Les domaines couverts par l'une, sur le continent, ne le sont pas, forcément, par l'autre. Exemple : la Chine assure les financements aux Etats africains sans rechigner et construit des infrastructures, partout, où on le lui demande. Mais, encore faudrait-il que les pays bénéficiaires vivent en paix et en sécurité, à long terme. La Russie dont le point fort se concentre dans les questions militaires et de sécurité, pourrait donner aux pays africains, cette chose qui leur fait défaut, parfois. Les choses vues sous cet angle, il est sûr que le développement des pays africains serait mieux assuré.

Les méthodes coup de poing de Donald Trump ont une limite. Elles ne peuvent réussir que si les autres pays, par faiblesse ou par complaisance, les laissent passer. Pour affronter le président américain, il faut utiliser ses propres façons de faire, user des rapports de force qu'il affectionne surtout quand ceux-ci lui sont défavorables. Aux Nations-Unies, par exemple, la Russie vient de bloquer un rapport critique d'experts chargés de l'application des sanctions internationales contre la Corée du Nord. Ce rapport fait la part trop belle aux positions de Washington dont on sait qu'elles sont jusqu'au boutistes. Moscou est en désaccord sur certains de ses éléments, ce qui est une première depuis l'imposition, en 2017, de vastes sanctions économiques contre ce pays. Parfois et surtout, avec l'aide de la Chine dans leur application.

Avec des amis occidentaux comme Michel Gally, Bernard Houdin, Albert Bourgi ou Me Jean Balan (bravo à eux !), nous luttons, chaque jour, pour la fin du F CFA, ainsi que, pour la fermeture et le départ des bases militaires étrangères présentes dans certains pays africains ; nous désirons jouir des richesses de nos sols et sous-sols ; nous ne voulons plus que nos matières premières soient pillées ou achetées à vil prix ; nous souhaitons que l’ancienne puissance coloniale arrête de décider à notre place aux Nations-Unies et de nous dire ce qui est bon/mauvais pour nous ou qui doit nous diriger.

La Russie (comme la Chine) a un principe : coopérer avec les Etats d'Afrique sans s'ingérer dans leurs affaires intérieures, contrairement, aux Occidentaux qui sont des donneurs de leçons devant l'éternel. De plus, la Russie n'a pas un passé colonial en Afrique, nommément, identifié, contrairement, aux pays occidentaux, qui avaient fait semblant de quitter l'Afrique en y restant pleinement. Alors, où est le problème quand un pays (malmené par son ancienne puissance colonisatrice) décide de prendre son destin en main, en s'alliant avec l'ennemi de son ancien colonisateur ? Voilà le cas de figure qui se pose en Centrafrique où, après avoir pris la poudre d'escampette en octobre 2016, en rapatriant sa Force Sangaris, à cause des coûts qu'elle générait dans le budget de l'Etat, la France est jalouse (c'est le mot exact), aujourd'hui, que le Centrafrique se trouve un nouveau protecteur pour l'aider à faire face aux menaces sécuritaires qui l'assaillent. Ce n'est pas juste de la part de Paris ! Les puissances occidentales, surtout, membres du Conseil de sécurité, devraient plutôt applaudir Moscou des deux mains. Mais, il y a qu'avec la présence des Russes en Centrafrique, les manœuvres de déstabilisation des uns et des autres ne passeront plus comme une lettre à la poste. Moscou les bloquera. Et cela énerve. Dès lors, pour ternir cette présence, on la salit de plusieurs manières, même en attentant à la vie de trois illustres confrères qui n'étaient là que pour faire leur métier. Mais la Russie n'étant pas un enfant de choeur, on la trouvera sur sa route si on lui cherche « noise ».

Trois journalistes russes présents depuis quelques jours en République centrafricaine (RCA) pour une enquête sur l’implication de mercenaires russes dans le pays, ont été, froidement, abattus par des inconnus. Depuis, l'enquête piétine et fait craindre le même sort qui fut réservé à Camille Lepage, cette photojournaliste qu'on assassina, en mai 2014, alors qu'elle se trouvait avec les miliciens anti-balaka, dans le maquis, pour effectuer son travail de journaliste. Son enquête n'a, depuis lors, donné lieu à aucune avancée. Ni en France, ni en Centrafrique. Reporters sans frontières (RSF), la police de la presse, tire, à juste titre, la sonnette d'alarme. L'organisation demande aux gouvernements centrafricain et russe de tirer cette affaire au clair.

Désinformation, amplification, intimidation : les dictateurs africains comme le Tchadien, Idriss Déby Itno, le Rwandais, Paul Kagame, le Soudanais, Omar el-Béchir, le Mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, sans oublier, le négativement célèbre en la matière, l'Egyptien, Abdel Fattah el-Sissi, suivent de bon pied leur modèle dans le domaine de la censure et de la manipulation, à savoir, le Russe, Vladimir Poutine, et le Chinois, Xi Jinping. Deux prédateurs (hors pair) de la liberté de la presse, qui opèrent, impunément sur internet. Reporters sans frontières (RSF) montre comment ils procèdent et comment contourner leurs manoeuvres.

Le président, Joao Lourenço, poursuit sa lutte contre la corruption. Après la purge dans les milieux politiques et économiques, il s'intéresse, maintenant, au milieu diplomatique où il a limogé, mardi, 6 mars, les ambassadeurs du Vatican et de la Grande Bretagne. Son engagement séduit hors d'Afrique où on se bouscule pour aller le rencontrer à Luanda. La semaine dernière, c'est le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, qui l'a rencontré, avant de lui transmettre l'invitation d'Emmanuel Macron à se rendre en visite officielle en France, avant la fin de l'année. Ce lundi, 5 mars, c'est le chef de la diplomatie russe, Serguey Lavrov, qui s'était rendu, à Luanda, pour quelques heures, afin de rencontrer le chef de l'Etat. Joao Lourenço a, donc, le vent en poupe et en profite, largement, pour renouveler la classe politique, économique et diplomatique qu'il veut, désormais, à son image.

L'Angola veut, désormais, jouer dans la cour des grands. Pour fluidifier ses communications et les rendre accessibles au moindre coût, Luanda a décidé de faire comme les grands pays industrialisés. Pour y parvenir, ce pays a fait appel à l'amie de toujours : la Russie. C'est ainsi que la Russie a lancé, mardi, 26 décembre, de sa station de Baïkonour, une fusée porteuse du premier satellite angolais de télécoms, Angosat-1, en utilisant une fusée ukrainienne, dont l'utilisation est assez rare en raison des mauvaises relations (politiques) entre la Russie et l'Ukraine. Visiblement, dans le domaine du commerce et des affaires, les relations entre la Russie et l'Ukraine sont, plutôt, bonnes.

Vive un monde multipolaire dans lequel on ne dépend pas de l'Occident pieds et poings liés. Si cela ne dépendait que de Washington et du monde occidental, le Soudan aurait été renvoyé paître d'autant plus que son président, le général, Omar el-Béchir, est, doublement, inculpé par la CPI (Cour pénale internationale). Il serait voué aux gémonies. Heureusement que Washington n'est pas la seule capitale à guider le monde, avec ses satellites, Londres, Paris, Tokyo, Berlin, Ottawa, Rome, etc. Aujourd'hui, on peut, valablement, se passer de ces capitales et coopérer avec des pays émergents comme la Chine, la Russie, et beaucoup d'autres. Voilà qui sauve Omar el-Béchir dont le sort aurait été, déjà, scellé si les seuls pays occidentaux régentaient le monde. Le Soudan, grâce à l'appui de la Russie, va jusqu'à envisager la construction d'une centrale nucléaire, ce qui aurait pu être impossible avec un pays de l'Ouest.

Le président soudanais, Omar el-Béchir, a assuré, jeudi, 23 novembre, au cours d'une rencontre avec le président russe, Vladimir Poutine, que le Soudan avait besoin d'être protégé contre les "actes agressifs" des Etats-Unis, malgré la levée récente de l'embargo américain imposé pendant 20 ans à son pays.

Après avoir mis le bordel en Libye, pays qui vivait, paisiblement, sous la dictature éclairée du colonel Kadhafi, les Occidentaux peinent, aujourd'hui, à y réinstaurer la paix. Chaque faction libyenne se fait manipuler, plus ou moins, par son mentor. Placé à Tripoli de façon fantoche par les Nations-Unies, le premier ministre, Fayez al-Sarraj, est réputé être l'homme des Occidentaux (à qui il ne sait pas dire Non). A l'Est, le maréchal Haftar dont les intentions sont, encore, floues, composent avec des puissances sous-régionales dont l'Egypte qui dispose d'une force militaire non négligeable. Il entretient, aussi, de très bonnes relations avec Moscou, qui fait attention à ne pas se faire enrôler par les Nations-Unies (les yeux fermés) et se retrouver, d'une manière ou d'une autre, à soutenir le gouvernement pro-occidental de Tripoli dirigé par Sarraj, l'ennemi de Haftar. En tournée à Moscou, ce lundi, 14 août, le maréchal Haftar a obtenu ce qu'il cherchait, à savoir, le soutien du gouvernement russe dans les futurs pourparlers inter-libyens. Il est à noter que dans ce processus difficile, point de place notable pour la « médiation » de l'Union africaine, conduite par le dictateur congolais, Sassou-Nguesso.

Monnaie par excellence des échanges internationaux, le dollar commence à subir des assauts, qui visent à contester sa suprématie. Si la mise de l'euro sur le marché, au début des années 2000, a, finalement, été contenue au point où le dollar n'en a plus peur, le contournement de la devise américaine par la Chine et la Russie (qui ne l'utilisent plus systématiquement dans leurs échanges), rentre dans la stratégie globale des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), qui consiste à trouver une alternative crédible à la dictature du système financier occidental bâti autour des institutions (américaines) de Bretton Woods, à savoir, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

Les Etats-Unis ont envoyé une soixantaine de missiles, jeudi, 6 avril, soir, sur la base syrienne d'où a été menée une attaque chimique sur la population deux jours plus tôt, qui avait causé près de 80 morts. Des frappes effectuées sans l'aval du Conseil de sécurité des Nations-Unies. Une entorse au droit international. Allié de Vladimir Poutine, jusqu'à hier, notamment, sur cette question syrienne, Donald Trump s'était montré, particulièrement, affecté par la mort d'une trentaine d'enfants (sur les 80 tués) au point de surprendre les Américains qui le considéraient comme un homme sans cœur. Cela dit, la précipitation de Trump pour frapper la Syrie pousse à poser quelques questions : fait-il cette opération qui le met en froid avec le président russe, pour relancer sa présidence qui bat sérieusement de l'aile sur le plan national ? S'agit-il d'une intervention à géométrie variable en ce sens qu'il ne réagirait pas de la même façon ailleurs dans le monde ? Commence-t-il à devenir le digne successeur de Georges W. Bush l'interventionniste suprême ?

Moscou joue le chaud et le froid. Après avoir annoncé la réciprocité, en expulsant 35 diplomates américains accrédités en Russie, VladimirPoutine atteint par la grâce et le pardon, annonce ne vouloir expulser personne.

Moscou n'a pas attendu une journée pour répondre à l'expulsion de ses 35 diplomates par Barack Obama. Ce sera le même traitement : 35 diplomates américains vont quitter la Russie incessamment.

L'avion effectuait un vol de routine à destination de la base aérienne russe de Hmeimim, près de Lattaquié, dans le Nord-Ouest de la Syrie. Il transportait, entre autres, des journalistes.

Le président russe considère que son expédition, en Syrie, est un succès total, qui a atteint ses objectifs. Maintenant, retour à la maison. Les bases navales et aériennes russes en Syrie continueront, toutefois, à opérer, normalement, a précisé le Kremlin.