Rwanda

La justice française s'est prononcée, mercredi, 3 juin, en faveur du transfert de Félicien Kabuga devant un tribunal de l'ONU. L'homme d'affaires, considéré comme le "financier" du génocide au Rwanda, avait été arrêté près de Paris le 16 mai.

Les restes d'Augustin Bizimana, considéré comme l'un des principaux commanditaires toujours en fuite du génocide au Rwanda en 1994, ont été identifiés dans un cimetière au Congo-Brazzaville, a annoncé, vendredi, 22 mai, le Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux. Si la mort de ce génocidaire remonte à il y a une vingtaine d'années, reste posée la responsabilité de Denis Sassou-Nguesso, qui était, déjà, en fonction, depuis octobre 1997, et qui maîtrisait les va et vient des réfugiés encombrants que son régime accueillait parfois à des fins de déstabilisation et de basses besognes.

Paul Kagame est en train de passer à la vitesse supérieure en matière d'attractivité du Rwanda. Après avoir fait de Kigali l'une des villes les plus propres d'Afrique et signé des contrats de publicité mentionnant le slogan « Visit Rwanda » avec les clubs prestigieux de Londres, Arsenal, et de la capitale française, Paris Saint-Germain, il vient de supprimer les frais de visas pour une centaine de pays dans le monde. Si ce n'est pas un autre signe d'ouverture pour ce pays dont le président est un homme à poigne qui loue les bienfaits du parti unique, de la parole unique et du chant unique, on se demande bien ce que c'est.

Qui arrêtera Paul Kagame, ce général-président tout puissant arrivé au pouvoir grâce au génocide de 1994 ? Grâce parce qu'il le provoqua par ses propres soins, après avoir pulvérisé, avec un missile sol-air, le Falcon 50 à bord duquel avaient pris place les présidents du Rwanda, le général, Juvénal Habyarimana, et burundais, Cyprien Ntaryamira ? Pour étouffer la vérité, il tue, aujourd'hui, toute personne qui est susceptible de livrer des vérités sur ce forfait. Notamment, les militaires qui étaient, comme lui, dans l'APR (Armée patriotique rwandaise) et qui ont fini par prendre la poudre d'escampette pour avoir la vie sauve. Il met en prison en évoquant le négationnisme toute personne prête à apporter un son de cloche différent de SA vérité officielle sur ce génocide. Le dernier forfait de sa main noire tachée de sang s'appelle l'artiste Kisito Mihigo. Kagame n'a visiblement peur de personne. Ni des qu'en dira-t-on. Il n'éprouve aucune gêne à tuer ses ennemis et adversaires politiques même réfugiés dans des pays étrangers. Les dirigeants sud-africains en savent quelque chose, notamment, Jacob Zuma. Jusqu'à quand continuera-t-il sa sauvagerie actuelle qu'on passe sous silence, sur le plan international, sous prétexte qu'il est un dictateur éclairé dont la gestion économique, contrairement, aux autres dictateurs africains, produit des résultats visibles et concrets ? Des résultats qui, en réalité, ne sont, en grande partie, que le fruit du pillage des ressources minières du Kivu (RDCongo) que le régime de Joseph Kabila lui avait accordé de fait pour avoir, en retour, la paix et la tranquillité de pouvoir gouverner son pays sans déstabilisation.

Après des mois d'accusations mutuelles, les présidents rwandais, Paul Kagame, et ougandais, Yoweri Museveni, ont signé un mémorandum d'accord, mercredi, 21 août, en Angola, grâce à la facilitation du président, Joao Lourenço. Anciens alliés ayant permis l'éviction du pouvoir rdcongolais du maréchal, Mobutu Sese Seko, au grand bénéfice du Mzee, Laurent Désiré Kabila (père de Joseph Kabila), Paul Kagame et Yoweri Museveni ont-ils, réellement, enterré la hache de guerre quand on sait que les deux chefs d'Etat ne savent entendre que le langage des rapports de force ?

Les gens vivant de part et d'autre de la frontière entre l'Ouganda et le Rwanda à Katuna n'avaient jamais trop prêté d'attention à cette ligne de démarcation : les enfants la traversaient pour se rendre à l'école, les adultes pour aller travailler et le commerce prospérait. Cette harmonie a volé en éclats en février quand le Rwanda a, soudainement, décidé de fermer la frontière. Chauffeurs routiers et commerçants ont déserté les lieux, pendant que les soldats des deux pays s'y déployaient.

L'enquête sur l'attentat contre le président rwandais, Juvénal Habyarimana, épisode déclencheur du génocide de 1994, peut-elle une nouvelle fois être relancée ? C'est l'espoir de l'avocat de plusieurs parties civiles qui se tourne, désormais, vers le Mécanisme de l’ONU pour les Tribunaux pénaux internationaux (MTPI) pour tenter d'obtenir de nouvelles pièces. Paul Kagame est en colère par cette nème ouverture de procédure qui va l'empêcher, à coup sûr, de dormir sur ses deux oreilles. Car, cette fois, les parties civiles sont convaincues que les nouvelles pièces apportées au dossier vont faire changer les décisions passées, parfois, prises de façon curieuse.

Le 25e anniversaire du déclenchement du génocide est commémoré, ce dimanche, 7 avril, à Kigali, et partout au Rwanda. Pourtant, on ne connaît, pas encore, la vérité sur cette question qui continue de hanter les ressorts de notre conscience. Les commémorations se succèdent et se ressemblent toutes. Certes, elles permettent de se souvenir et de ne pas oublier ce qui s'est passé, mais, à un moment donné, il faudra aller au-delà de ces commémorations, en favorisant la recherche de la vérité, de (toute) la vérité. Car au Rwanda, aujourd'hui, la recherche de (toute) cette vérité fait l'objet de soupçon, le dernier mot revenant à ce qu'on appelle, communément, la justice des vainqueurs.

Le président, Emmanuel Macron, a annoncé, vendredi, 5 avril, deux gestes pour tenter d'apurer le rôle de la France durant le génocide rwandais de 1994, avec l'ouverture à des historiens de toutes les archives et un renforcement des moyens pour poursuivre les génocidaires présumés en France.

Un général de division en retraite dénonce les "fautes" de la France au Rwanda avant et pendant le génocide de 1994, dans un entretien à Mediapart et Radio France diffusé ce jeudi, 14 mars.

D'Emmanuel Macron et de Paul Kagame, qui des deux a mis l'autre dans sa poche ? Les Français, en général, n'ont pas beaucoup apprécié que le secrétariat général de l'OIF (Organisation internationale de la francophonie) soit confié à un pays qui a relégué l'enseignement du français, au moins, au troisième rang, après l'anglais et le kinyarwanda. En Afrique, on commence à se questionner sur l'indépendance dont Paul Kagame savait faire montre devant les dirigeants français qu'il accuse d'avoir plus ou moins provoqué le génocide qui fut plus de 800.000 morts en 1994. Et pour cause : la position de Paul Kagame, à l'époque, président en exercice de l'Union africaine (UA), qui avait demandé aux autorités électorales de la RDCongo de suspendre la proclamation des élections, qui annonçaient la victoire de Félix Tshisekedi, a, profondément, étonné. En agissant ainsi, Paul Kagame était-il, secrètement, missionné par la France qui avait, activement, souhaité l'élection de Martin Fayulu, ou tout le moins, avait-il été encouragé par Paris dont le chef de la diplomatie ne cachait pas qu'il avait saisi le Conseil de sécurité des Nations-Unies et les responsables de l'UA pour faire prévaloir la vérité des urnes ? Pour mémoire, c'était la première fois que l'UA s'ingérait, de cette façon, dans le processus électoral d'un pays.

Invité d'honneur du 26e Fespaco (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou), le Rwanda était représenté, lors de la cérémonie finale de remise de trophées, samedi, 2 mars, à Ouagadougou, par son président, Paul Kagame. L'ancien président en exercice de l'Union africaine (UA) n'y était pas venu par hasard. Car, avant lui, à l'ouverture du Festival, le président de la Commission de l'UA, le Tchadien, Moussa Faki Mahamat, avait fait entendre la voix de l'organisation panafricaine à travers un soutien financier qu'elle apportera, désormais, au cinéma africain. Il faut dire que si le Fespaco est le plus célèbre et l'un des plus anciens festivals du cinéma en Afrique, on en compte, qui ont, aussi, leur place. C'est, par exemple, les Ecrans Noirs au Cameroun et les Journées cinématographiques de Carthage en Tunisie.
Paul Kagama n'a pas fait le voyage pour rien. Sa présence à Ouagadougou lui a permis de remettre en mains propres, aux côtés de son homologue, Roch Marc Christian Kaboré, l'Etalon d'Or de Yennenga à son jeune compatriote, Joël Karekezi, pour son film, « The Mercy of the jungle » (La miséricorde de la jungle).

Le président, Paul Kagame, a fait savoir sur twitter, le 25 novembre, que son administration faisait, actuellement, une guerre sans merci aux produits éclaircissants avec une volonté affichée de retirer le blanchiment de la peau des habitudes cosmétiques des Rwandais.

Les mystères de la diplomatie font leur effet : après une vingtaine d'années d'enquêtes inabouties, la justice française, avec le soutien sans doute de la chancellerie, a ordonné un non-lieu dans cette affaire d'attentat du Falcon 50, où il devenait très difficile de réunir des éléments de preuve. De plus, Paul Kagame, le président rwandais qui semblait être en première ligne dans ces accusations de génocide, a changé de fusil d'épaule. Maintenant, il coopère, étroitement, avec la France d'Emmanuel Macron, qui l'a même aidé à placer sa ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, à la tête de l'OIF (Organisation internationale de la francophonie). Depuis ces noces entre Paris et Kigali, rien ne peut plus étonner dans les relations entre les pays.

L'opposante rwandaise, Diane Rwigara, critique du président, Paul Kagame, a été acquittée, jeudi, 6 décembre, par un tribunal de Kigali d'incitation à l'insurrection et falsification de documents, des charges qui lui ont valu d'être emprisonnée, pendant plus d'un an, et dénoncées comme politiques par l'intéressée. "Les charges retenues par l'accusation sont sans fondement", a déclaré le juge président Xavier Ndahayo. La salle d'audience bondée, dans laquelle avaient, notamment, pris place des membres de la famille Rwigara, a laissé exploser sa joie une fois la lecture de la décision achevée. Est-ce la magie de la francophonie ? Car ce retournement de situation qu'on observe, depuis quelques mois, avec la libération d'autres opposants comme Victoire Ingabire, n'est pas le fruit du hasard : Paul Kagame a réussi (malgré beaucoup de critiques) à placer une de ses très proches, son ancienne cheffe de la diplomatie, Louise Mushikiwabo, à la tête de l'OIF (Organisation internationale de la francophonie). Ceci expliquerait cela.

Le président rwandais, Paul Kagame, a procédé, jeudi, 18 octobre, à un remaniement ministériel, avec, notamment, le remplacement aux Affaires étrangères de Louise Mushikiwabo, récemment, élue à la tête de la Francophonie et celui du très influent ministre de la Défense, le général, James Kabarebe, qui devient conseiller spécial du président. Un poste créé. Si le départ du ministère des Affaires étrangères de Louise Mushikiwabo était attendu, celui de James Kabarebe s'explique difficilement. Mais, chez Paul Kagame, on n'explique, jamais, tout.

Son arme fatale c'est le génocide. Un argument que le président du Rwanda, Paul Kagame, n'hésite jamais à brandir quand il est en difficulté. Surtout quand il est en face d'un dirigeant occidental dont le pays ne fit pas grand chose pour l'empêcher en 1994. Devant un Emmanuel Macron, terriblement, affaibli sur le plan intérieur français, Paul Kagame, ses fonctions de président en exercice de l'Union africaine aidant, lui a fait accepter « l'inacceptable », à savoir, une candidature de la ministre, Louise Mushikiwabo, au poste de secrétaire générale de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). Un choix qu'Emmanuel Macron a eu du mal à assumer, par la suite. Le tollé général que son choix a suscité jusqu'au sein de la classe politique française, n'est pas du genre à consolider une institution dont l'utilité peine à être prouvée sauf quand il s'agit d'accompagner les dictateurs dans leur parcours de potentats.

Président en exercice de l'Union africaine (UA) jusqu'en janvier 2019, le président du Rwanda, Paul Kagame, a profité de cette tribune inespérée pour propulser la candidature de sa ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, au poste de secrétaire générale de l'OIF (Organisation internationale de la Francophonie), qu'elle brigue, dans quelques jours, à Erevan. Même si le bilan de la sortante, la Canadienne, Michaëlle Jean, est loin d'être défendable, Paul Kagame, malgré le soutien du Français, Emmanuel Macron, peut se faire des soucis. L'élection de sa ministre ne sera pas comme une lettre à la poste. Car non seulement les Canadiens ne lâchent pas leur candidate, mais, Kagame ne peut, réellement, bénéficier des suffrages de tous les pays francophones d'Afrique puisqu'il n'est nullement un modèle à suivre en Francophonie : il a installé l'anglais à la place du français comme langue d'enseignement dans le système scolaire rwandais (lui-même sait dire à peine « Bonjour » en français). D'autre part, il a rempli ses prisons d'opposants. Il suffit de le contredire pour se retrouver en cellule avec comme motif : « Révisionnisme ». Le génocide dont on peut se demander s'il n'en est pas le principal déclencheur à cause du missile sol air qui venait de l'endroit que contrôlaient ses troupes de l'APR, lequel missile pulvérisa le Falcon 50 à bord duquel avaient pris place les présidents rwandais Juvénal Habyarimana et burundais Cyprien Ntaryamira.

L'opposition rwandaise doit dire : « Merci la Francophonie » ! Non parce que cette organisation a mérité le Prix Nobel de la démocratie. Loin de là, elle est même accusée de caresser les dictateurs (africains) et leur mentor de l'Elysée dans le sens du poil. Mais, parce que Paul Kagame (que tout le monde n'aime pas) est conscient qu'il n'a aucune chance de faire gagner sa candidate, Louise Mushikiwabo, qui brigue le secrétariat général de l'OIF (Organisation internationale de la Francophonie) en octobre, alors que ses prisons, à Kigali, sont remplies d'opposants dont le seul crime est d'avoir fait leur travail d'opposant. Eh oui, l'actuel président en exercice de l'Union africaine (UA), ne supporte pas la contradiction. Lui dire Non est un crime de lèse majesté, qui conduit tout droit en prison. C'est dans ce contexte que l'ex-général de l'APR (Armée patriotique rwandaise) croit manipuler ses pairs avant de faire briguer le siège de l'OIF à sa compatriote.

Désinformation, amplification, intimidation : les dictateurs africains comme le Tchadien, Idriss Déby Itno, le Rwandais, Paul Kagame, le Soudanais, Omar el-Béchir, le Mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, sans oublier, le négativement célèbre en la matière, l'Egyptien, Abdel Fattah el-Sissi, suivent de bon pied leur modèle dans le domaine de la censure et de la manipulation, à savoir, le Russe, Vladimir Poutine, et le Chinois, Xi Jinping. Deux prédateurs (hors pair) de la liberté de la presse, qui opèrent, impunément sur internet. Reporters sans frontières (RSF) montre comment ils procèdent et comment contourner leurs manoeuvres.