Rwanda

Après des mois d'accusations mutuelles, les présidents rwandais, Paul Kagame, et ougandais, Yoweri Museveni, ont signé un mémorandum d'accord, mercredi, 21 août, en Angola, grâce à la facilitation du président, Joao Lourenço. Anciens alliés ayant permis l'éviction du pouvoir rdcongolais du maréchal, Mobutu Sese Seko, au grand bénéfice du Mzee, Laurent Désiré Kabila (père de Joseph Kabila), Paul Kagame et Yoweri Museveni ont-ils, réellement, enterré la hache de guerre quand on sait que les deux chefs d'Etat ne savent entendre que le langage des rapports de force ?

Les gens vivant de part et d'autre de la frontière entre l'Ouganda et le Rwanda à Katuna n'avaient jamais trop prêté d'attention à cette ligne de démarcation : les enfants la traversaient pour se rendre à l'école, les adultes pour aller travailler et le commerce prospérait. Cette harmonie a volé en éclats en février quand le Rwanda a, soudainement, décidé de fermer la frontière. Chauffeurs routiers et commerçants ont déserté les lieux, pendant que les soldats des deux pays s'y déployaient.

L'enquête sur l'attentat contre le président rwandais, Juvénal Habyarimana, épisode déclencheur du génocide de 1994, peut-elle une nouvelle fois être relancée ? C'est l'espoir de l'avocat de plusieurs parties civiles qui se tourne, désormais, vers le Mécanisme de l’ONU pour les Tribunaux pénaux internationaux (MTPI) pour tenter d'obtenir de nouvelles pièces. Paul Kagame est en colère par cette nème ouverture de procédure qui va l'empêcher, à coup sûr, de dormir sur ses deux oreilles. Car, cette fois, les parties civiles sont convaincues que les nouvelles pièces apportées au dossier vont faire changer les décisions passées, parfois, prises de façon curieuse.

Le 25e anniversaire du déclenchement du génocide est commémoré, ce dimanche, 7 avril, à Kigali, et partout au Rwanda. Pourtant, on ne connaît, pas encore, la vérité sur cette question qui continue de hanter les ressorts de notre conscience. Les commémorations se succèdent et se ressemblent toutes. Certes, elles permettent de se souvenir et de ne pas oublier ce qui s'est passé, mais, à un moment donné, il faudra aller au-delà de ces commémorations, en favorisant la recherche de la vérité, de (toute) la vérité. Car au Rwanda, aujourd'hui, la recherche de (toute) cette vérité fait l'objet de soupçon, le dernier mot revenant à ce qu'on appelle, communément, la justice des vainqueurs.

Le président, Emmanuel Macron, a annoncé, vendredi, 5 avril, deux gestes pour tenter d'apurer le rôle de la France durant le génocide rwandais de 1994, avec l'ouverture à des historiens de toutes les archives et un renforcement des moyens pour poursuivre les génocidaires présumés en France.

Un général de division en retraite dénonce les "fautes" de la France au Rwanda avant et pendant le génocide de 1994, dans un entretien à Mediapart et Radio France diffusé ce jeudi, 14 mars.

D'Emmanuel Macron et de Paul Kagame, qui des deux a mis l'autre dans sa poche ? Les Français, en général, n'ont pas beaucoup apprécié que le secrétariat général de l'OIF (Organisation internationale de la francophonie) soit confié à un pays qui a relégué l'enseignement du français, au moins, au troisième rang, après l'anglais et le kinyarwanda. En Afrique, on commence à se questionner sur l'indépendance dont Paul Kagame savait faire montre devant les dirigeants français qu'il accuse d'avoir plus ou moins provoqué le génocide qui fut plus de 800.000 morts en 1994. Et pour cause : la position de Paul Kagame, à l'époque, président en exercice de l'Union africaine (UA), qui avait demandé aux autorités électorales de la RDCongo de suspendre la proclamation des élections, qui annonçaient la victoire de Félix Tshisekedi, a, profondément, étonné. En agissant ainsi, Paul Kagame était-il, secrètement, missionné par la France qui avait, activement, souhaité l'élection de Martin Fayulu, ou tout le moins, avait-il été encouragé par Paris dont le chef de la diplomatie ne cachait pas qu'il avait saisi le Conseil de sécurité des Nations-Unies et les responsables de l'UA pour faire prévaloir la vérité des urnes ? Pour mémoire, c'était la première fois que l'UA s'ingérait, de cette façon, dans le processus électoral d'un pays.

Invité d'honneur du 26e Fespaco (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou), le Rwanda était représenté, lors de la cérémonie finale de remise de trophées, samedi, 2 mars, à Ouagadougou, par son président, Paul Kagame. L'ancien président en exercice de l'Union africaine (UA) n'y était pas venu par hasard. Car, avant lui, à l'ouverture du Festival, le président de la Commission de l'UA, le Tchadien, Moussa Faki Mahamat, avait fait entendre la voix de l'organisation panafricaine à travers un soutien financier qu'elle apportera, désormais, au cinéma africain. Il faut dire que si le Fespaco est le plus célèbre et l'un des plus anciens festivals du cinéma en Afrique, on en compte, qui ont, aussi, leur place. C'est, par exemple, les Ecrans Noirs au Cameroun et les Journées cinématographiques de Carthage en Tunisie.
Paul Kagama n'a pas fait le voyage pour rien. Sa présence à Ouagadougou lui a permis de remettre en mains propres, aux côtés de son homologue, Roch Marc Christian Kaboré, l'Etalon d'Or de Yennenga à son jeune compatriote, Joël Karekezi, pour son film, « The Mercy of the jungle » (La miséricorde de la jungle).

Le président, Paul Kagame, a fait savoir sur twitter, le 25 novembre, que son administration faisait, actuellement, une guerre sans merci aux produits éclaircissants avec une volonté affichée de retirer le blanchiment de la peau des habitudes cosmétiques des Rwandais.

Les mystères de la diplomatie font leur effet : après une vingtaine d'années d'enquêtes inabouties, la justice française, avec le soutien sans doute de la chancellerie, a ordonné un non-lieu dans cette affaire d'attentat du Falcon 50, où il devenait très difficile de réunir des éléments de preuve. De plus, Paul Kagame, le président rwandais qui semblait être en première ligne dans ces accusations de génocide, a changé de fusil d'épaule. Maintenant, il coopère, étroitement, avec la France d'Emmanuel Macron, qui l'a même aidé à placer sa ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, à la tête de l'OIF (Organisation internationale de la francophonie). Depuis ces noces entre Paris et Kigali, rien ne peut plus étonner dans les relations entre les pays.

L'opposante rwandaise, Diane Rwigara, critique du président, Paul Kagame, a été acquittée, jeudi, 6 décembre, par un tribunal de Kigali d'incitation à l'insurrection et falsification de documents, des charges qui lui ont valu d'être emprisonnée, pendant plus d'un an, et dénoncées comme politiques par l'intéressée. "Les charges retenues par l'accusation sont sans fondement", a déclaré le juge président Xavier Ndahayo. La salle d'audience bondée, dans laquelle avaient, notamment, pris place des membres de la famille Rwigara, a laissé exploser sa joie une fois la lecture de la décision achevée. Est-ce la magie de la francophonie ? Car ce retournement de situation qu'on observe, depuis quelques mois, avec la libération d'autres opposants comme Victoire Ingabire, n'est pas le fruit du hasard : Paul Kagame a réussi (malgré beaucoup de critiques) à placer une de ses très proches, son ancienne cheffe de la diplomatie, Louise Mushikiwabo, à la tête de l'OIF (Organisation internationale de la francophonie). Ceci expliquerait cela.

Le président rwandais, Paul Kagame, a procédé, jeudi, 18 octobre, à un remaniement ministériel, avec, notamment, le remplacement aux Affaires étrangères de Louise Mushikiwabo, récemment, élue à la tête de la Francophonie et celui du très influent ministre de la Défense, le général, James Kabarebe, qui devient conseiller spécial du président. Un poste créé. Si le départ du ministère des Affaires étrangères de Louise Mushikiwabo était attendu, celui de James Kabarebe s'explique difficilement. Mais, chez Paul Kagame, on n'explique, jamais, tout.

Son arme fatale c'est le génocide. Un argument que le président du Rwanda, Paul Kagame, n'hésite jamais à brandir quand il est en difficulté. Surtout quand il est en face d'un dirigeant occidental dont le pays ne fit pas grand chose pour l'empêcher en 1994. Devant un Emmanuel Macron, terriblement, affaibli sur le plan intérieur français, Paul Kagame, ses fonctions de président en exercice de l'Union africaine aidant, lui a fait accepter « l'inacceptable », à savoir, une candidature de la ministre, Louise Mushikiwabo, au poste de secrétaire générale de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). Un choix qu'Emmanuel Macron a eu du mal à assumer, par la suite. Le tollé général que son choix a suscité jusqu'au sein de la classe politique française, n'est pas du genre à consolider une institution dont l'utilité peine à être prouvée sauf quand il s'agit d'accompagner les dictateurs dans leur parcours de potentats.

Président en exercice de l'Union africaine (UA) jusqu'en janvier 2019, le président du Rwanda, Paul Kagame, a profité de cette tribune inespérée pour propulser la candidature de sa ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, au poste de secrétaire générale de l'OIF (Organisation internationale de la Francophonie), qu'elle brigue, dans quelques jours, à Erevan. Même si le bilan de la sortante, la Canadienne, Michaëlle Jean, est loin d'être défendable, Paul Kagame, malgré le soutien du Français, Emmanuel Macron, peut se faire des soucis. L'élection de sa ministre ne sera pas comme une lettre à la poste. Car non seulement les Canadiens ne lâchent pas leur candidate, mais, Kagame ne peut, réellement, bénéficier des suffrages de tous les pays francophones d'Afrique puisqu'il n'est nullement un modèle à suivre en Francophonie : il a installé l'anglais à la place du français comme langue d'enseignement dans le système scolaire rwandais (lui-même sait dire à peine « Bonjour » en français). D'autre part, il a rempli ses prisons d'opposants. Il suffit de le contredire pour se retrouver en cellule avec comme motif : « Révisionnisme ». Le génocide dont on peut se demander s'il n'en est pas le principal déclencheur à cause du missile sol air qui venait de l'endroit que contrôlaient ses troupes de l'APR, lequel missile pulvérisa le Falcon 50 à bord duquel avaient pris place les présidents rwandais Juvénal Habyarimana et burundais Cyprien Ntaryamira.

L'opposition rwandaise doit dire : « Merci la Francophonie » ! Non parce que cette organisation a mérité le Prix Nobel de la démocratie. Loin de là, elle est même accusée de caresser les dictateurs (africains) et leur mentor de l'Elysée dans le sens du poil. Mais, parce que Paul Kagame (que tout le monde n'aime pas) est conscient qu'il n'a aucune chance de faire gagner sa candidate, Louise Mushikiwabo, qui brigue le secrétariat général de l'OIF (Organisation internationale de la Francophonie) en octobre, alors que ses prisons, à Kigali, sont remplies d'opposants dont le seul crime est d'avoir fait leur travail d'opposant. Eh oui, l'actuel président en exercice de l'Union africaine (UA), ne supporte pas la contradiction. Lui dire Non est un crime de lèse majesté, qui conduit tout droit en prison. C'est dans ce contexte que l'ex-général de l'APR (Armée patriotique rwandaise) croit manipuler ses pairs avant de faire briguer le siège de l'OIF à sa compatriote.

Désinformation, amplification, intimidation : les dictateurs africains comme le Tchadien, Idriss Déby Itno, le Rwandais, Paul Kagame, le Soudanais, Omar el-Béchir, le Mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, sans oublier, le négativement célèbre en la matière, l'Egyptien, Abdel Fattah el-Sissi, suivent de bon pied leur modèle dans le domaine de la censure et de la manipulation, à savoir, le Russe, Vladimir Poutine, et le Chinois, Xi Jinping. Deux prédateurs (hors pair) de la liberté de la presse, qui opèrent, impunément sur internet. Reporters sans frontières (RSF) montre comment ils procèdent et comment contourner leurs manoeuvres.

Le cabinet d’avocats américain, Cunningham Levy Muse, engagé par le gouvernement rwandais, publie un rapport préliminaire sur le « rôle des officiels français dans le génocide contre les Tutsi ». Il recommande à l’Etat rwandais de poursuivre une « investigation complète » sur la « connaissance, la conduite et la complicité des responsables français ».

Il ne manquait plus que ça : le Conseil constitutionnel français a jugé, vendredi, 15 septembre, conforme, une loi limitant l'accès aux archives des anciens présidents, premiers ministres et ministres, qui était contestée par un chercheur s'étant vu refuser la consultation d'archives sur le génocide rwandais. Quand on voit l'état des relations entre la France et le Rwanda, on donne raison au président, Paul Kagame, qui en a toujours voulu à la France d'avoir oeuvré, indirectement, pour que ce génocide ait lieu, à travers le soutien aveugle à la dictature du général, Juvénal Habyarimana. Et si l'actuel maître du Rwanda n'avait pas raison, la France, sachant qu'elle n'a rien à cacher, aurait permis la consultation des archives de ce drame qui fit, au bas mot, 800.000 morts, selon les statistiques (mesurées) des Nations-Unies. Pour le comprendre, il ne faut pas avoir fait Sc-Po.

Le président rwandais, Paul Kagame, a été investi, ce vendredi, 18 août, pour un troisième mandat de sept ans, en présence de 19 chefs d’Etat africains au stade national de Kigali, après avoir remporté les élections du 4 août avec près de 99% des voix.

Les Rwandais ont voté toute la journée du vendredi, 4 août, pour un scrutin présidentiel, qui n'était en rien différent des scrutins organisés sous le parti unique de son prédécesseur, Juvénal Habyarimana. Après avoir modifié la constitution qui n'autorisait pas un troisième mandat successif, Paul Kagame a, désormais, la voie libre pour la présidence à vie qu'il caresse de toutes ses forces depuis qu'il côtoie d'autres dictateurs (Ouganda, Congo-Brazzaville par exemple). Sans coup férir, il a obtenu son minimum syndical : 98% des voix. Qui dit mieux ?