Sahel

Emmanuel Macron invite les 5 présidents des pays du Sahel en France le 16 décembre. Pour la énième fois, Idriss Déby Itno du Tchad, Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed El-Ghazouani de Mauritanie, Mahamadou Issoufou du Niger, Roch Marc Christian Kaboré du Burkina Faso et Ibrahim Boubacar Keïta du Mali, vont rencontrer leur homologue français pour parler du G5 Sahel dont la force peine à fonctionner réellement. A qui la faute ? Aux cinq présidents africains, qui ont tort d'attendre le soutien étranger, et notamment, de la France, pour combattre le terrorisme chez eux. C'est aussi la faute de la France, qui, de son côté, compte, maintenant, sur l'OTAN et sur certains alliés européens pour redéfinir une autre stratégie dans le Sahel, ce qui n'était pas le cas au départ. Les djihadistes en rigolent car on sent une certaine confusion dans la façon de combattre le djihadisme. Si on faisait la comptabilité des morts, ceux du camp du G5 Sahel et français, sont nettement supérieurs aux morts de tous les groupes djihadistes du Sahel réunis. Une situation qui expliquerait que le jeune président sollicite, désormais, le soutien de l'OTAN. Ouvertement. L'armée française n'en pouvant plus toute seule.

Emmanuel Macron recevait, à l'Elysée, ce jeudi, 28 novembre 2019, le secrétaire général de l'OTAN ( Organisation du traité Atlantique Nord), Jens Stoltenberg. Le président de la République avait estimé, récemment, que l'OTAN était en « état de mort cérébrale ». La rencontre était l'occasion de passer en revue plusieurs questions stratégiques : l'action au Sahel, les relations avec la Russie, les forces nucléaires... et la 5G. Cela tombe bien que Macron lui parle du Sahel car pour faire tomber Kadhafi, en 2011, et détruire la Libye, ce qui a permis que les dizaines de milliers de djihadistes confinés de force en Libye se retrouvent dans le Sahel avec toutes sortes d'armes, la France n'était pas seule. Elle fut, étroitement, aidée par l'OTAN. Maintenant que la guerre contre le djihadisme dans le Sahel dépasse la seule armée française, il est très logique que le président français aille chercher du renfort du côté de l'OTAN.

Environ, deux mille militaires des forces armées de 33 pays d'Afrique, d'Europe et d'Amérique, ont entamé, lundi, 18 février, à Kamboinssin, près de Ouagadougou, des manœuvres visant à renforcer leurs capacités opérationnelles dans la lutte contre le terrorisme au Sahel.

L'Etat islamique (EI ou Daesh) s'affaiblit, partout, dans le monde : en Syrie, il a été chassé d'Alep, sa principale base de lutte ; en Irak, il est pourchassé jusqu'à ses moindres retranchements. En Libye où il avait tendance à se regrouper comme base arrière, il vient d'être délogé. De son côté, son démembrement en Afrique de l'Ouest et du Centre, Boko Haram, connaît déculottée sur déculottée. Son affaiblissement a encouragé le Nigeria, le Cameroun et le Tchad, à rouvrir leurs frontières qui avaient été fermées du fait de ses attentats et tueries passés.