Sarraj

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé, jeudi, 16 janvier, l'envoi de troupes en Libye en soutien aux forces du Gouvernement d'union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj face aux forces du maréchal, Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est libyen.  Ayant déclenché une offensive en avril 2019 pour s'emparer de Tripoli et devenir le maître du pays, Haftar a été stoppé à une cinquantaine de kilomètres de la capitale par les forces pro-gouvernementales. Malgré ses soutiens à l'international, il fait du surplace, ce qui complique une solution politique à la crise libyenne. L'arrivée des troupes turques permettra-t-elle de changer la donne ou bien de consolider le statu quo ?

Les efforts pour régler le conflit en Libye se sont intensifiés, mardi, 14 janvier, avec l'annonce par Moscou d'une trêve prolongée de manière "indéfinie" et celle de la tenue d'une conférence internationale, dimanche, 19 janvier, à Berlin, pour tenter d'amorcer un processus de paix. L'annonce concernant la trêve est intervenue lors de négociations à Moscou en présence des deux chefs rivaux libyens, Haftar et Sarraj, qui ne se sont cependant pas directement rencontrés. Et l'un d'eux, le maréchal, Khalifa Haftar, a refusé de signer un accord formel de cessez-le-feu dans l'immédiat. On remarque, cependant, que ceux qui ont mis le feu en Libye, à savoir, la France de Nicolas Sarkozy, la Grande Bretagne de Cameron et l'OTAN (Organisation du traité Atlantique Nord) supervisée par l'Africain-Américain Obama, à l'époque, sont, étrangement, absents de cette recherche de solution. Ce pays qu'ils ont, volontairement, mis à sac, sans l'autorisation de personne, encore moins, de l'Union africaine et des Nations-Unies. Après cela, s'attendaient-ils à ce que les Africains les applaudissent des deux mains ? Le jeune président français après ce job condamnable voulait-il voir l'image de son pays s'améliorer en Afrique ? Le constat est clair : Il y a, au sein de la communauté internationale, un camp des déstabilisateurs (France, Grande Bretagne, Etats-Unis, etc), et un camp des reconstructeurs (Russie, Turquie, et peut-être Chine, etc.). Afriqueeducation.com monte au créneau, depuis quelque temps, contre l'action controversée de la Force française Barkhane au Sahel pour justement éviter un autre chaos voulu dans cette région, comme c'est le cas aujourd'hui en Libye. Le jour où Paris, Londres ou Washington agiront, positivement (vraiment positivement), en Afrique, nous serons les premiers à les féliciter. Force est de dire que, pour le moment, ce n'est pas le cas. Ils veulent, plutôt, ajouter au désordre ambiant actuel.

Le ballet diplomatique s’est accéléré après l’annonce par la Turquie d’envoi de troupes en soutien au Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par l'ONU, suscitant des craintes d’une « nouvelle Syrie ».

Le président, Recep Tayyip Erdogan, va intervenir, militairement, en Libye, où son armée, après un vote au parlement, ira soutenir le gouvernement légal de Tripoli, face à l'homme fort de l'Est libyen, le maréchal, Khalifa Haftar. La Libye est un cas typique de la méchanceté de l'Occident à l'endroit des pays du monde qui lui résistent. Voilà un pays qui ne demandait rien à personne, et qui donnait, parfois, autant à certains pays africains que les pays dits développés. Parfois plus. Enervé de voir un dirigeant africain, en l'occurrence, le frère guide Mu'ammar al Kadhafi, qui avait une vision panafricaine aux antipodes des objectifs des Occidentaux sur l'Afrique, les pays de l'OTAN (Organisation du Traité Atlantique Nord) l'ont, carrément, assassiné, et, complètement, détruit son pays, qui est, aujourd'hui, totalement, méconnaissable. Sans autre forme de procès. La France qui a été la tête de pont (pensante) de cette affreuse déstabilisation, voit, aujourd'hui, les limites de sa puissance, maintenant, où tout le monde prône la réconciliation et la reconstruction de ce pays jadis très prospère. Paris ne sait plus sur quel pied danser. Sa diplomatie et son armée sont d'une efficacité nulle en Libye. Le Qatar qui avait été le premier à répondre à l'appel de cette déstabilisation initiée par Nicolas Sarkozy, alors président français, a disparu des radars, même si, de temps en temps, Doha fait semblant de soutenir Sarraj. Du bout des lèvres. La vérité est que, quand il fallait détruire et tuer, le Qatar était présent et très actif. Maintenant où il faut réparer, le Qatar est aux abonnés absents. Son émir est d'une discrétion vaticane. Quant au grand « visionnaire », Nicolas Sarkozy, il évite même de parler de la Libye et de Kadhafi dans ses rares interventions publiques. En aurait-il honte ? Quand ira-t-il à Tripoli demander pardon aux Libyens ? Face au désordre ambiant que connaît ce pays, en cette fin de 2019, le président turc à qui l'Occident ne cesse de donner des leçons (des leçons qu'il botte heureusement en touche), va intervenir en Libye. Pays où la France, est aujourd'hui incapable de faire quoi que ce soit, son armée n'ayant plus aucune capacité à y être déployée, du fait de sa présence au Sahel, en Syrie et sur d'autres théâtres du monde. Quand on veut jouer aux impérialistes, il faut en avoir les moyens !

Afrique Education (version papier et site quotidien) a, à plusieurs reprises, tiré la sonnette d'alarme sur la Libye. Si l'affaire de l'esclavage des Négro-Africains, dans ce pays, a ému la terre entière (situation que les Négro-Mauritaniens sous la présidence du distingué général, Mohamed Ould Abdel Aziz, vivent tous les jours que Dieu fait), la Libye, jadis terre de paix et de prospérité sous la direction du Frère Guide Kadhadi, est devenue, aujourd'hui, à cause de l'action néfaste de l'ancien président français, Nicolas Sarkozy, et de l'OTAN, un nid de djihadistes qui fuient la Syrie et l'Irak, qui à pied, qui en avion, qui en voiture, qui en chameau, etc. Hier, pays que voulait visiter tout dirigeant africain, la Libye représente, actuellement, un caillou dans la chaussure de l'Occident. Et ce n'est pas demain la veille que la stabilité reviendra dans ce pays que les Africains considéraient (avec raison) comme un modèle à suivre dans beaucoup de domaines.

Personne ne peut dire que le nouveau locataire de l'Elysée est immobile. Après avoir quitté le gouvernement de François Hollande parce qu'il n'allait pas assez loin dans les réformes, en cherchant, toujours, à ménager la chèvre et le choux, Emmanuel Macron doit, montrer, maintenant, qu'il est aux commandes de l'Etat, que, lui fait ce qu'il dit et dit ce qu'il fait. Sauf que, comme le général de Gaulle aimait à le souligner, « la volonté seule ne suffit pas », encore faut-il en avoir la capacité. Les critiques s'abattent, de toutes parts, sur le jeune président français. Qui de son côté veut faire bouger la France. Les solutions aux multiples problèmes, il les cherche, partout, y compris, avec la torche. Il en est de l'immigration, ce serpent des mers, qui n'est que la conséquence (directe) du système colonial et néocolonial de la France, en Afrique. Certains parlent de Françafrique. Macron convoque, lundi, 28 août, un mini-Sommet, à l'Elysée, pour en parler. Un énième Sommet, pour (certainement) tourner en rond. Car le problème essentiel de l'Afrique (et dont de l'immigration) est dans la malgouvernance que la France protège (précieusement) en Afrique car c'est elle qui fait, en partie, son rayonnement à l'international.

Il est "temps de fermer" la voie de passage des migrants clandestins entre la Libye et l'Italie et cet objectif est "à notre portée", a affirmé, jeudi, 2 février, le président du Conseil européen, Donald Tusk. Malheureusement, Donald Tusk a évité d'aborder les causes de cette immigration, à savoir, la pauvreté, mais aussi, la très mal-gouvernance des pays africains, parfois, encouragée par certaines capitales européennes.

Décidément, l'Egypte confirme son leadership (total) dans le dossier libyen, au nom du réalisme, de la connaissance du terrain, de la proximité et de l'efficacité militaro-diplomatique. Alors que le Congo-Brazzaville annonçait, il y a quelques jours, un Sommet sur le dossier libyen, à Brazzaville, en date du 25 janvier, l'Egypte qui s'est saisi de ce dossier, il y a quelques jours, seulement, annonce, de son côté, la tenue d'une rencontre au sommet entre les frères ennemis libyens, au Caire, à savoir, le premier ministre, Fayez al-Sarraj et le maréchal, Khalifa Haftar. Avant la tenue du Sommet de l'Union africaine à Addis Abeba ou juste après. C'est la preuve que le principal interlocuteur africain pour la Libye, est bien le maréchal président, Abdel Fattah al-Sissi, et non, le Congolais, Denis Sassou Nguesso.