Sassou

Si elle voulait faire plaisir aux présidents du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso, et du Tchad, Idriss Déby Itno, que la France ne s'y serait pas prise autrement. Sans se soucier des qu'en dira-t-on, elle a gelé les avoirs de trois opposants tchadiens et congolais, pour une durée de six mois. Comme si ces derniers étaient titulaires d'une fortune personnelle capable de déstabiliser les Etats du Congo-Brazzaville et du Tchad. On en est, pourtant, très (très) loin. Voilà pourquoi la mesure prise, étonne. Venant, de surcroît, d'un gouvernement socialiste, il y a lieu de se poser mille questions. Qu'est-ce qui arrive, réellement, franchement, à François Hollande pour qu'il agisse de cette façon, ce qui étonne plus d'une personne ? D'autant plus que même son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, accusé d'être réactionnaire, n'était jamais allé aussi loin.

Après avoir gagné une élection que l'opposition et la communauté internationale contestent, Sassou a, définitivement, perdu son calme : comme en 1997, il a provoqué, cette nuit, une attaque dans les quartiers Sud de Brazzaville où on compte déjà près d'une vingtaine de morts et des biens brûlés. Le bilan est tout aussi lourd à Pointe Noire, la cité pétrolière. Vue la gravité de la situation, l'ancien candidat, Guy Brice Parfait Kolelas, appelle les hommes de Dieu et la communauté internationale au secours.

Annoncé à grand renfort de publicité, le séjour de Sassou Nguesso à la COP 21 n'aura pas été un grand moment dans les annales du dictateur.

Alors que le continent, dans son ensemble, progresse, une certaine Afrique régresse. Celle dont les présidents cherchent à mourir au pouvoir. C'est le cas, notamment, du Djiboutien, Ismaël Omar Guelleh, qui perpétue une dictature (à l'écart des yeux des journalistes) ni vue ni connue, depuis de très longues années, du Rwandais, Paul Kagame, du Congolais et sanguinaire, Sassou Nguesso, et de quelques autres irréductibles.

Président de Unis pour le Congo (UPC), Paulin Makaya croupit sous les geôles de la DGST, à Brazzaville, après un petit tour chez le substitut du procureur. Là bas comme ici, pas de dossier d'accusation. Mais il est, néanmoins, gardé, déshabillé, laissé sans boisson, sans nourriture.

En Afrique centrale, on sait qui est Denis Sassou Nguesso. Un homme qui souhaiterait diriger toute cette partie du continent. Mais à défaut de le pouvoir, il se donne les moyens d'enquiquiner ses voisins. C'est ainsi qu'au Gabon et en Centrafrique, notamment, il entretient un (solide) réseau d'honorables correspondants. C'est aussi le cas au Cameroun où cette information, dans le passé, n'a pas souvent été prise, très, au sérieux. Maintenant que les langues commencent à se délier au Congo, on commence à parler, à dire des choses, qui fâchent. Notre confrère, Brazza News, qui a échappé à l'enterrement première classe de la presse privée par Sassou (15 magazines sont passés à la trappe car n'épousant pas la ligne éditoriale de Télé Congo et des Dépêches de Brazzaville), donne quelques lumières qui pourraient (devraient) intéresser les autorités de Yaoundé. Voici l'article de Brazza News dans son intégralité (sans aucune modification).

Denis Sassou Nguesso obtient tout avec l'argent du pétrole congolais. Comme il dit lui-même, il connaît le point faible de ses amis français : l'argent. Il les tient par là.

Fin stratège qui n'hésite pas à utiliser l'argent du pétrole pour corrompre jusqu'aux dirigeants occidentaux, afin de les mettre sous son influence, Denis Sassou Nguesso rumine sa première défaite post-référendum.

N'ayant pu le « retourner » comme il l'a fait avec certains leaders de l'opposition, Denis Sassou Nguesso menace de mettre Paulin Makaya dans le premier avion en partance pour Londres, son ancien lieu d'exil.

Doit-on continuer à considérer l'IDC-FROCAD comme faisant partie de l'opposition ? La question fait débat car cette plate-forme n'est plus à une contradiction près.

L'IDC et le FROCAD ont besoin de la mobilisation de tout le peuple congolais pour faire échouer le plan concocté par Sassou Nguesso et ses amis visant à organiser la présidentielle avant fin 2015.

Denis Sassou Nguesso a cueilli son vin. Il n'a qu'à le boire. A l'opposition qui a réussi à montrer qu'il ne représente que lui-même et un petit clan au Congo, de transformer l'essai.

Malgré les manœuvres diverses et variées de Sassou, l'opposition reste unie pour l'essentiel : faire échouer le référendum du 25 octobre.

Le secrétaire général des Nations-Unies est très inquiet de la situation qui prévaut au Congo où Sassou Nguesso veut faire voter une constitution qui lui permet de mourir au pouvoir.

Depuis, mardi, 20 octobre, le Congo compte sa douzaine de morts du référendum pour la modification de la constitution, que Denis Sassou Nguesso tente, pour le moment sans succès, d'imposer au peuple congolais.

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Ce texte commence à être communiqué, seulement, maintenant, aux états majors politiques et associatifs, bien que la campagne référendaire ait été lancée, vendredi, 9 octobre. A sa lecture, on sent que Sassou a trop trop peur
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Ce qui vient de se produire au Burkina Faso est la conséquence directe de l'incapacité d'agir avec la plus grande fermeté dont a fait montre la communauté internationale face à Pierre Nkurunziza, au Burundi. 
Les députés congolais ont une bouche mais ne parlent pas, comme dit le psaume 115

Nous avons vu, au cours de la précédente partie, comment Renard Sassou Nguesso veut tourner en bourriques ses renardeaux devenus grands et comment ceux-ci ne veulent pas se laisser ainsi traiter.

L'ambassadrice des Etats-Unis au Congo, Stephanie S. Sullivan, a confirmé au président, Denis Sassou Nguesso, le 9 août dernier, que Washington l'avait à l'oeil.