Sassou Nguesso

C'est maintenant qu'on se rend compte que le « Sommet » de Brazzaville, convoqué, vendredi, 27 janvier, n'a permis à ses participants que de faire un peu de tourisme, en Afrique centrale, et de respirer l'air oxygéné des forêts du Bassin du Congo, qui permettent, encore, au monde, avec ceux de l'Amazonie, de ne pas, totalement, sombrer dans un monde pollué par toutes sortes de mauvaises choses. Au départ, Brazzaville avait voulu convoquer son « Sommet » pour le mercredi 25 janvier, avant de le tenir, finalement, vendredi, 27 janvier. Cherchez pourquoi !

Le Congo-Brazzaville est triste. Après une année de cavale, André Okombi Salissa (AOS) a été arrêté, ce matin, par les services du dictateur, en plein cœur de Brazzaville. Ce n'est, vraiment, pas une bonne nouvelle, mais, positivons en disant que ceux qui l'adorent peuvent, enfin, respirer car, désormais, plus de balle perdue pour le tuer avant de maquiller l'assassinat, plus de poison dans sa nourriture, avant de diffuser une fausse version sur Télé Congo. Aujourd'hui, on sait qu'il est entre les mains du dictateur. Si un de ses cheveux saute, ce sera Sassou-Nguesso himself.

Ils sont toujours comme ça les Chinois. Ils disent vouloir faire des affaires sans juger les régimes politiques africains avec lesquels ils traitent. Après, ils parlent de partenariat « gagnant gagnant » pour cacher leur hypocrisie, alors que chez eux, le président de la République qui est en même temps le patron du parti communiste, ne peut faire que deux mandats de 5 ans, ce qui fait en tout et pour tout, 10 ans au pouvoir. Au Congo-Brazzaville où Sassou-Nguesso s'est octroyé une présidence à vie (déjà 33 ans au pouvoir), les Chinois font un partenariat "perdant perdant" : Des milliers de morts à l'actif du dictateur sous les yeux des Chinois. Alors question : Les Chinois sont-ils les amis des Congolais ?

Denis Sassou-Nguesso n'est pas bien dans sa peau de dictateur ces derniers temps. Son Falcon 7X (de location) actuellement en révision en France, est cloué au sol pour factures non honorées. Les frais de stationnement ne sont pas non plus payées. Mais ce n'est pas la seule mauvaise nouvelle qui le frappe. Pas plus tard qu'hier, il a failli perdre son (précieux) directeur de cabinet, Firmin Ayessa, suite à une chaude engueulade avec sa fille et non moins conseillère en communication, Claudia Sassou-Nguesso, qui considère Ayessa comme son chiffon, alors qu'il est son patron direct. Après l'humiliation de Miami, Sassou est obligé d'éteindre le feu qui couve à ses portes.

Sassou-Nguesso a-t-il donné son accord pour la liquidation de Paulin Makaya, comme ça se chuchote à Brazzaville ? Le comportement de ses sbires fait, en tout cas, peser de forts soupçons selon lesquels le dictateur voudrait, vite, se débarrasser de l'empêcheur de tourner en rond, Paulin Makaya. Mais, très mal exécuté, son plan pour assassiner le président de l'UPC, le 29 décembre, a connu quelques ratés, ce qui lui donne quelques jours de sursis, à moins que le dictateur ne change de fusil d'épaule, maintenant que tout est mis sur la place publique.

Afriqueeducation.com n'a pas besoin de s'informer en profondeur, pour savoir que le dictateur est de (très) mauvaise humeur, depuis, hier, et qu'il a passé une très mauvaise nuit. Sa rencontre avec le président élu, Donald Trump, aux Etats-Unis, qui était considérée comme une victoire diplomatique, à Brazzaville, est en train de se transformer en une gamelle diplomatique. Comme quoi, Trump fait du Trump. Toujours égal à lui-même.

Alors que le « Congo-Brazzaville est un pays en crise » comme l'a souligné, l'ancien candidat à la présidentielle, André Okombi Salissa, dans le numéro 447 d'Afrique Education (actuellement chez les marchands de journaux), le président du Congo, Denis Sassou Nguesso, préfère s'occuper des crises des pays voisins. Il en est, par exemple, de celles du Centrafrique et de la République démocratique du Congo. Alors que chez lui, au Congo-Brazzaville, un département, le Pool, est en feu et ce, depuis plusieurs mois.

Réuni, le 8 novembre, à Addis Abeba, en Ethiopie, les chefs d'Etat présents ont désigné le président congolais, Denis Sassou N'Guesso, président du Comité de Haut niveau de l'Union africaine (UA), chargé de réconcilier et pacifier la Libye de feu le colonel Kadhafi. Après avoir évincé le leader libyen de la manière dont tout le monde sait, l'Occident est en panne de solution, ayant été incapable, depuis 2011, de faire un service après vente (démocratique) minimum, raison officielle de l'assassinat du colonel.

Le tribunal de Brazzaville a rejeté, jeudi, 18 août, la demande de mise en liberté provisoire du général, Jean-Marie Michel Mokoko, candidat malheureux à la présidentielle du 20 mars, inculpé et détenu, depuis mi-juin, pour "atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat".

Denis Sassou Nguesso est à Madingou, un terrain où il n'est pas le bienvenu, pour passer la fête de l'indépendance. Il le sait. Mais n'y peut rien. Il n'est plus maître de son destin, 92% de Congolais considérant qu'il n'est pas leur président de la République.

Un émissaire du gouvernement américain, Thomas Perello, a été reçu, lundi, 1er août, par le dictateur, à Brazzaville, pour solliciter ses bons offices, dans l’accroissement de la sécurité, de la paix et du dialogue politique dans la région des Grands Lacs.

Plusieurs centaines de milliers de personnes se sont rassemblées, dimanche, 31 juillet, à Kinshasa, pour assister au premier meeting, depuis son retour, de l'opposant historique, Etienne Tshisekedi. Ce dernier apporte un concours consistant à l'opposition qui exige du pouvoir de Joseph Kabila, la tenue de l'élection présidentielle, avant la fin de cette année.

Ce n'est un secret pour personne que l'IDC-FROCAD a été, totalement, sabordé par le dictateur, qui y a introduit des « sous-marins », les uns plus invisibles que les autres. Toutefois, l'opposition garde le cap, malgré ces trahisons. Sans jeu de mots, le dictateur est, presque, par terre : il est incapable de payer les dettes du Congo, ne paie plus les salaires des fonctionnaires depuis deux à trois mois, et fait face à des forces de défense et de sécurité de plus en plus divisées. L'opposition saura-t-elle en tirer profit en évitant les erreurs passées ? C'est le souhait de certains Congolais de la diaspora.

Pour les militants de l'UPC (Unis pour le Congo), le parti dont Paulin Makaya est le président, la justice congolaise démontre, par son verdict, de ce jour, sa capacité de nuisance dans le pays. Mais, il y a aussi, et surtout, que le dictateur veut avoir quelques cartes (de négociation) en main, avant le fameux dialogue en préparation.

C'est comme si le dictateur était atteint d'une maladie contagieuse. Personne n'en veut à Kinshasa où il a offert ses bons offices.

Plus de vingt années de litige, et ce n'est pas fini : la justice française a validé, jeudi, 30 juin, la saisie d'avoirs, en France, du Congo, un rebondissement, de plus, dans le conflit qui oppose Brazzaville à un homme d'affaires libanais, Mohsen Hojeij.

Pour la première fois depuis plusieurs mois, le dictateur a quitté Brazzaville, lundi, 13 juin, pour participer à un Sommet, à Luanda, où il a passé la nuit. Il a pris son courage à deux mains après avoir obtenu toutes les garanties de son homologue, José Eduardo dos Santos, de voler à son secours si quelque chose lui arrivait pendant son séjour en Angola.

Le dictateur ne passe plus la nuit hors du Congo-Brazzaville. Cela veut tout dire. Il sait qu'il ne fait plus l'unanimité dans son camp politique et dans son armée. Mais, grâce à ses réseaux, il plie sans rompre.

Pour que Bongo Ondimba Ali (BOA) accepte d'aller implorer la clémence du dictateur, sur ses terres, à Oyo, il faut que ça aille très mal pour lui, sinon, il s'en serait passé. Sassou est-il, donc, devenu (si) incontournable dans la survie présidentielle de BOA ?

C'est une grande première au Congo car il n'y a pas si longtemps, le camp présidentiel bottait en touche quand on lui évoquait le mot « Dialogue » qu'il souhaitait, par ailleurs, enlever du vocabulaire politique national. Aujourd'hui, beaucoup d'eau a coulé sous le pont. Au PCT et au gouvernement, on reconnaît, en privé, que le dictateur n'est plus que l'ombre de lui-même. Et qu'il vaut mieux, vite, s'asseoir et parler. En frères sœurs.