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Soudan

L'ex-président soudanais, Omar el-Béchir, a été déféré, dimanche, 16 juin, au parquet en charge des affaires de corruption à Khartoum, sa première apparition en public depuis sa destitution par l'armée en avril sous la pression de la rue. Nul n'étant au-dessus de la loi, l'ancien président mérite, amplement, de comparaître devant la justice de son pays d'autant plus qu'il est accusé de mauvaise gouvernance et de détention illégale de très fortes sommes de devises, ce qu'il laisse croire qu'il aurait, massivement, détourné les fonds publics. La comparution d'Omar el-Béchir, président du Soudan, il y a encore six mois, ne laisse aucun chef d'Etat africain indifférent, surtout, ceux qui ont une certaine durée au pouvoir et qui sont contestés dans leur pays.

Grâce à son compte Twitter, Donald Trump a la manie d'agacer beaucoup de personnes. S'il croit régenter le monde à partir de simples tweets, il n'obtient que très peu de résultats. Son secrétaire d'Etat américain adjoint chargé de l'Afrique, Tibor Nagy, se veut à son image. Il dit tout haut ce qu'un diplomate de son rang doit dire tout bas, comme si à chaque fois, il était nécessaire d'annoncer la couleur avant de passer à l'action. Toujours est-il que les résultats de cette politique (assumée) ne sont pas à la hauteur des enjeux.

L'Union africaine (UA) a annoncé, jeudi, 6 juin, suspendre, avec effet immédiat, le Soudan de l'organisation panafricaine, jusqu'à la création d'une autorité civile de transition dans ce pays confronté à une escalade de la violence.

«Plus de 35» personnes sont mortes et «des centaines» ont été blessées dans la dispersion, lundi, 3 juin, sur ordre du Conseil militaire, du sit-in devant le QG de l'armée à Khartoum, a annoncé, le lendemain, mardi, 4 juin, le Comité central des médecins soudanais. Il s'agit du dernier bilan provisoire fourni par ce groupe de professionnels proche du mouvement de contestation, qui précise dans un communiqué que de nombreux blessés sont en «soins intensifs». Donc, possibilité d'enregistrer d'autres morts.

Les leaders de la contestation au Soudan se sont dits déterminés à ce qu'un civil dirige le futur Conseil souverain, institution-clé de la transition dont la composition sera au coeur de la reprise prévue des négociations avec l'armée à partir de ce dimanche,19 mai, soir.

L'ex-président, Omar el-Béchir, va être interrogé sur des affaires de «blanchiment d'argent et de financement du terrorisme», selon l'agence de presse officielle du Soudan. Pour l'heure, on n'en sait pas plus : s'agit-il de quels terroristes qu'il finançait ? Dans quels pays ? Sous quelles formes ? On sait que l'Union africaine avait pris fait et cause pour cet ancien président que les Occidentaux voulaient (et veulent toujours) traduire auprès de la Cour pénale internationale (CPI). A moins que cette accusation soit une manœuvre venant de ses ennemis (qui sont nombreux de par le monde), Omar el-Béchir, bras financier du terrorisme international, donnerait beaucoup d'arguments à ceux qui pensent qu'il n'a, jamais, été un chef d'Etat recommandable. Mais, c'est quoi un chef d'Etat recommandable ?
Cela dit, il faut savoir ce qu'on entend par soutenir le terrorisme quand on sait que les principaux alliés de Washington, au Moyen-Orient comme l'Arabie Saoudite et le Qatar, par exemple, sont, aussi, considérés comme de grands soutiens des mouvements terroristes dont la plupart déstabilise le Sahel africain. Mais Washington ne les a jamais mis sur sa liste noire de pays qui soutiennent le terrorisme. Une politique de deux poids deux mesures ?

Le leader de l'opposition au Soudan, l'increvable, Sadek al-Mahdi, prêche la sagesse et la modération. Puisant dans son expérience sur les pratiques du régime qui vient d'écarter son ennemi, Omar el-Béchir, du pouvoir, il a mis en garde, mercredi, 1er mai, les meneurs de la contestation contre toute tentative de leur part de provoquer les militaires, affirmant que ceux-ci n'allaient pas tarder à transférer --comme promis-- le pouvoir aux civils. L'Union africaine (UA) leur a donné deux mois pour le faire.

Deux sommets africains se tiennent ce mardi, 23 avril, au Caire, sous la houlette du chef de l'Etat égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, président en exercice de l'Union africaine (UA), pour évoquer en urgence les crises au Soudan et en Libye. Cela dit, certains chefs d'Etat en parlant du cas Omar el-Béchir qui s'impose, aujourd'hui, à eux, penseront, d'abord, à leur propre situation, car beaucoup d'entre eux sont des Omar el-Béchir en puissance.

Les chefs de la contestation au Soudan ont présenté (une première liste de) leurs demandes au nouveau pouvoir militaire. Entre autres exigences, ils réclament la formation d'un gouvernement civil, ce qui a, d'ores et déjà été accepté, mais aussi, la justice pour tous les massacres perpétrés sous le régime du général, Omar el-Béchir. Cette dernière doléance risque de compliquer la situation car, en fait, c'est toute l'armée et l'ensemble des services de renseignement, qui sont comptables des tueries massives, qui ont provoqué la convocation du président déchu à la Cour pénale internationale (CPI). Et Béchir n'était pas seul. Comme quoi, la révolution qui démarre au Soudan, est appelée à faire écrire de nouvelles pages dans l'histoire du pays. Il faudra juste suivre.

Le ministre soudanais de la Défense, Aouad Ibn Aouf, n'aura tenu qu'à peine une journée. Contraint forcé par la rue, il a, lui aussi, annoncé sa démission comme chef du Conseil militaire de transition, vendredi, 12 avril, dans la soirée. Les événements se bousculent, donc, au Soudan où on ne sait pas combien de temps durera le nouveau venu, le général, Abdel Fattah al-Burhan Abdelrahmane, un ancien illustre (moins connu) de la scène militaire soudanaise.

Le général, Awad Ibn Ouf, nouvel homme fort du Soudan, a eu la lourde responsabilité d'annoncer la chute du régime du général, Omar el-Béchir, jeudi, 11 avril, à la télévision d'Etat. Tonnerre de protestations de la rue quand il a déclaré une transition de deux ans dirigée par un collège de militaires supervisé par sa modeste personne. Face à cette hostilité inattendue des manifestants, le lieutenant-général va tenter d'apaiser la contestation qui secoue le pays depuis près de quatre mois, et qui n'est pas prête de cesser malgré l'appel au calme venu des pays voisins et de l'Union africaine qui va réunir incessamment son Conseil de paix et de sécurité. Alliés occidentaux inattendus, seuls les Etats-Unis n'ont pas (explicitement) condamné ce putsch (car c'en est un) laissant la possibilité à la nouvelle équipe de manoeuvrer sans trop de pression. Mais qui cet inconnu qui prend la direction du très compliqué Soudan ?

Le président du Soudan, Omar el-Béchir, a accepté de quitter le pouvoir, contraint forcé par la rue, qui, ces derniers jours et heures, a pu rallier les forces de défense et de sécurité du pays. Le désormais ancien président (en attendant l'officialisation de la transition) en aurait, déjà, informé ses principaux alliés au Caire, et à Riyad, notamment. Mais à l'Union africaine, à Addis Abeba, où il comptait ses principaux soutiens qui avaient barré la voie à la Cour pénale internationale (CPI) qui souhaitait l'entendre, aucune nouvelle.

Une foule déterminée de Soudanais continue ce mercredi, 10 avril, pour la 5e journée consécutive, de défier le régime du général, Omar el-Béchir, devant le QG de l'armée, dont les intentions restent incertaines dans le rapport de force entre pouvoir et manifestants. La police, elle, a, d'ores et déjà, lâché le président Béchir. Elle assure l'ordre en protégeant les manifestants. Ces derniers sont encouragés par les succès obtenus par la rue algérienne, qui a fini par avoir le départ du président, Abdelaziz Bouteflika. Pourquoi ce qui s'est passé en Algérie n'arriverait-il pas au Soudan où Omar el-Béchir bien que général de son armée, commence, lui aussi, à être lâché par une partie de la grande famille de la défense et de la sécurité ?

Les organisateurs des manifestations antigouvernementales au Soudan ont annoncé, mercredi, 13 février, être déterminés à poursuivre la mobilisation jusqu'au renversement du régime, excluant tout dialogue avec le président Omar el-Béchir.

Après un léger flottement au niveau des instances de décision de l'Union africaine (UA), Khartoum a, finalement, abrité, mardi, 5 février, la signature de l'accord de paix entre rebelles et pouvoir, comme c'était prévu dimanche. Principal protagoniste, le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, y a participé, de même que son homologue soudanais, Omar el-Béchir. Etait absent, le président du Tchad, Idriss Déby Itno, qui, au même moment, participe, à Ouagadougou, à la 5e Conférence de la Force G5 Sahel, avec ses homologues du Faso, du Niger, de la Mauritanie et du Mali.

Grand allié des Russes, ce qui chamboule les équilibres géo-stratégiques de la région, le président, Omar el-Béchir, a assuré, lundi, 14 janvier, que la contestation qui secoue le Soudan depuis près d'un mois ne parviendrait pas à bout du pouvoir qu'il exerce depuis près de trois décennies, lors d'un rassemblement de ses partisans au Darfour (Ouest). Le message est adressé, non seulement, à ses opposants de l'intérieur, mais surtout, à ceux qui les manipulent sur le plan international, à commencer, par ceux qui avaient imposé la partition (sans raison) du pays, à savoir, les Américains, très mécontents de l'arrivée des Russes dans la sous-région.

Né en 1944, à Hosh Bonnaga, Omar el-Béchir est le président de la République du Soudan. Militaire de formation, il a combattu aux côtés des Egyptiens, durant la guerre du Kippour, en 1973. Devenu colonel, il renverse le pouvoir en place en 1989, fait interdire tous les partis et instaure un nouveau code légal islamique. Il s'autoproclame président de la République, en 1993, avant de se faire élire en 1996, puis, en 2010. Il est sous le coup d'un mandat d'arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI), pour crimes de guerre présumés au Darfour. C'est cet Omar el-Béchir qui est vivement contesté et qui risque de perdre le pouvoir si ces manifestations s'intensifient.

Ce n'est pas le genre de nouvelles qu'on annonce souvent. Après avoir bravé les sanctions et l'embargo des pays occidentaux sous couvert du Conseil de sécurité qui voulaient le faire emprisonner à la CPI (Cour pénale internationale), l'insaisissable président soudanais, Omar el-Béchir, se déploie, maintenant, sans crainte, dans les pays où il n'est pas persona non grata. C'est le cas de la Syrie dont les multiples tentatives d'assassinat de son chef d'Etat, Bachar al-Assad, par les grandes capitales occidentales (Washington, Paris, Londres pour ne citer que celles-là) ont toutes échoué, grâce à l'appui stratégique de la Russie et à l'aide non négligeable au niveau de la sous-région apportée par l'Iran et le Hezbollah. Pour une fois, les Africains ne sont pas restés inertes : l'Union africaine avait, officiellement, déclaré de nul effet les résolutions tendant à le condamner et demandé à tous les pays africains de lui réserver un bon accueil chaque fois qu'il décidait de se rendre dans un pays du continent. Voilà qui est clair.

Les Etats-Unis ont réaffirmé mardi, 13 novembre, qu'ils étaient prêts à retirer le Soudan de la liste des Etats soutenant le terrorisme. Pourtant, doublement, inculpé par la Cour pénale internationale (CPI), le président du Soudan, le général, Omar el-Béchir, est resté égal à lui-même. Pourquoi les Etats-Unis sont-ils obligés de changer de fusil d'épaule ? Pour certains observateurs, l'Iran détient quelques clés de réponse. Mais aussi le Soudan du Sud.

Le général-président n'est guère usé par la fonction. Toujours prêt à servir, son parti l'a désigné candidat à la présidentielle de 2020 pour un troisième mandat, malgré les restrictions stipulées dans la Constitution. Personne ne jettera la pierre à Omar el-Béchir. Il s'inscrit dans une tradition africaine de la conservation du pouvoir qui anime les dirigeants de ce continent où on aime le pouvoir pour le pouvoir.

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