Vous êtes ici

Syrie

Ce n'est pas le genre de nouvelles qu'on annonce souvent. Après avoir bravé les sanctions et l'embargo des pays occidentaux sous couvert du Conseil de sécurité qui voulaient le faire emprisonner à la CPI (Cour pénale internationale), l'insaisissable président soudanais, Omar el-Béchir, se déploie, maintenant, sans crainte, dans les pays où il n'est pas persona non grata. C'est le cas de la Syrie dont les multiples tentatives d'assassinat de son chef d'Etat, Bachar al-Assad, par les grandes capitales occidentales (Washington, Paris, Londres pour ne citer que celles-là) ont toutes échoué, grâce à l'appui stratégique de la Russie et à l'aide non négligeable au niveau de la sous-région apportée par l'Iran et le Hezbollah. Pour une fois, les Africains ne sont pas restés inertes : l'Union africaine avait, officiellement, déclaré de nul effet les résolutions tendant à le condamner et demandé à tous les pays africains de lui réserver un bon accueil chaque fois qu'il décidait de se rendre dans un pays du continent. Voilà qui est clair.

Si l'opinion publique française est partagée sur la participation de l'armée française aux frappes en Syrie de cette nuit, les Anglais, eux, ne prennent pas de gants pour signifier leur mécontentement contre le jusqu'au boutisme de leur première ministre, Theresa May, dont le pays s'est, toujours, aligné sur les positions va-t-en guerre de Washington de façon quasi-automatique depuis l'époque de Tony Blair que d'aucuns qualifiaient d'ailleurs de « caniche de Bush ». Depuis 2007, c'en est fini de l'indépendance de la France que Jacques Chirac avait bien su incarner avec son chef de la diplomatie de l'époque, Dominique de Villepin, en signifiant la neutralité de la France dans l'accusation non démontrée des armes chimiques que Colin Powel brandissait aux Nations-Unies. A partir de 2007, en effet, Nicolas Sarkozy (soutenu par son chef de la diplomatie Bernard Kouchner) a aligné la France sur l'atlantisme américain en se rapprochant de l'OTAN. Par la suite, François Hollande ne s'en est pas départi et a, plutôt, confirmé cette position qu'accentue, aujourd'hui, Emmanuel Macron. Désormais, l'Amérique n'a pas un seul caniche à sa solde, mais deux : la première ministre britannique et le jeune président français, Emmanuel Macron (voir notre photo montrant Trump et ses deux caniches).

Ne vous laissez pas illusionner par les jeux diplomatiques et le suivisme des grands médias. Ce qui s’est passé ce matin en Syrie n’a aucun rapport ni avec la présentation qui vous en est faite, ni avec les conclusions qui en sont tirées. Voici pourquoi...

Les Etats-Unis ont envoyé une soixantaine de missiles, jeudi, 6 avril, soir, sur la base syrienne d'où a été menée une attaque chimique sur la population deux jours plus tôt, qui avait causé près de 80 morts. Des frappes effectuées sans l'aval du Conseil de sécurité des Nations-Unies. Une entorse au droit international. Allié de Vladimir Poutine, jusqu'à hier, notamment, sur cette question syrienne, Donald Trump s'était montré, particulièrement, affecté par la mort d'une trentaine d'enfants (sur les 80 tués) au point de surprendre les Américains qui le considéraient comme un homme sans cœur. Cela dit, la précipitation de Trump pour frapper la Syrie pousse à poser quelques questions : fait-il cette opération qui le met en froid avec le président russe, pour relancer sa présidence qui bat sérieusement de l'aile sur le plan national ? S'agit-il d'une intervention à géométrie variable en ce sens qu'il ne réagirait pas de la même façon ailleurs dans le monde ? Commence-t-il à devenir le digne successeur de Georges W. Bush l'interventionniste suprême ?

La Tunisie est le pays comptant le plus grand nombre de djihadistes par tête d'habitant. Ils étaient évalués à 5.500 dont le retour fait des vagues, maintenant, que l'Etat islamique (EI ou Daesh) a été chassé de ses positions en Syrie, en Irak et en Libye. Comment gérer la réinsertion en Tunisie de tels compatriotes ? C'est le grand débat aujourd'hui dans le pays.

Le président russe considère que son expédition, en Syrie, est un succès total, qui a atteint ses objectifs. Maintenant, retour à la maison. Les bases navales et aériennes russes en Syrie continueront, toutefois, à opérer, normalement, a précisé le Kremlin. 

N'ayant pas sa langue dans la poche, le désormais candidat à l'Elysée, en 2017, Jean-Luc Mélanchon, vient de, publiquement, féliciter le président russe, Vladimir Poutine, pour l'excellent travail que son aviation fait en Syrie.

Le conflit syrien est en train de prendre une autre tournure. L'Etat islamique, ces dernières vingt-quatre heures, vient de faire un carnage, près de Damas.

François Hollande et Matteo Renzi se sont concertés ce matin, à Paris, sur la Syrie, avant de s'attarder sur la Libye. Déstabilisée par l'assassinat de Kadhafi, la Libye est devenue un véritable boulet pour la communauté internationale.

Comme après l'attaque de l'avion russe, en Egypte (224 morts), Daesh n'a pas beaucoup tardé avant de revendiquer son forfait (129 morts). Voici le texte intégral de leur communiqué tombé samedi en fin de matinée.

Syrie: Chine/Russie s'unissent-elles contre l'OTAN ?
Outre le levier économique pour renforcer son poids sur le plan international, la Chine est déterminée à entrer dans une phase politico-militaire ; l'accostage du premier navire porte-avion chinois dans les eaux riveraines de la Syrie en est la preuve.