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Teodoro Obiang Nguema Mbasogo

La question mérite d'être posée car la Guinée équatoriale revient de très loin : le 24 décembre 2017, le président, la première dame et leur fils aîné, vice-président de la République et successeur constitutionnel, avaient échappé à un sanglant coup d'état dont, officiellement, on ne sait pas grand-chose, Malabo se refusant, malgré ses fortes certitudes, de communiquer sur une question hyper sensible qui met en accusation un chef d'Etat voisin de la sous-région, en l'occurrence, celui du Tchad, et l'ancienne puissance colonisatrice de ce dernier. Idriss Déby Itno est-il un faux frère du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo ? En août 2016, le couple présidentiel équato-guinéen avait assisté, dans la joie et la gaieté, à l'investiture du président, Idriss Déby Itno, au Palais rose, à N'Djamena (notre photo). Dix-huit mois après, oubliant cet heureux épisode, Déby organisait, avec une puissance extérieure, un coup d'état contre le pouvoir de Malabo. Cela dit, il nie cette accusation de toutes ses forces sans apporter aucune preuve qui l'accable. Mais avant la survenance de ce coup d'état dont Malabo a pu se relever, les réseaux sociaux étaient, déjà, sous surveillance depuis quelques semaines, ce qui montre que les services de renseignement appréhendaient la situation. Le coup d'état raté du 24 décembre leur a donné raison.

Le doyen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, revient de loin. Après avoir, in extremis, réussi à déjouer le coup d'état qui devait le mettre, d'office, à la retraite, à défaut d'avoir raison de sa vie, il doit, désormais, penser que ce qui est arrivé au colonel, Mu'ammar al Kadhafi, n'arrive pas qu'aux autres. A lui de tirer les leçons qu'il faut, maintenant qu'il a la situation, totalement, en main. Mais, apprend-on à un singe à faire les grimaces ?

Crise ou pas crise, la Guinée équatoriale reste égale à elle-même. Le niveau de réalisation de ses infrastructures en vue de l'émergence économique en 2020, va repartir de plus belle avec la découverte d'un important gisement de pétrole, à 160 kilomètres de Malabo, qui va faire du bien aux finances de l'Etat.

Parce qu'il a réussi à miniaturiser la Bombe H, le chef de la Corée du Nord, le camarade (dictateur), Kim Jung-un, est devenu l'ennemi des membres permanents du Conseil de sécurité, y compris, ses amis traditionnels, notamment, la Chine. Les très récentes sanctions du Conseil de sécurité qui ont permis à la Chine et à la Russie, de voter contre Pyongyang, comme Washington, Paris et Londres, le montrent, aisément. Cela dit, la Corée du Nord n'est pas, tellement, isolée pour autant. Surtout pas en Guinée équatoriale où le doyen des chefs d'Etat du continent vient de lui envoyer un message de félicitations à l'occasion de la fête de l'indépendance nationale.

Il n'est en rien,directement, concerné dans l'affaire des « Biens mal acquis ». C'est son fils, le vice-président de la Guinée équatoriale qui a été attaqué au tribunal. Pas lui directement. Pourtant, c'est lui qui compte, désormais, mener l'offensive contre l'ONG Transparency International, afin qu'elle puisse, elle aussi, répondre de faits de diffamation et autres griefs qui lui seront reprochés et que les avocats ne manqueront pas de trouver. Cette future plainte rappelle celle sur la diffamation faite, en 2000, contre François Xavier Vershave et l'ONG Survie par les présidents du Gabon, Omar Bongo Ondimba, du Congo, Denis Sassou-Nguesso et du Tchad, Idriss Déby Itno. Les trois chefs d'Etat avaient comme avocat unique, Jacques Vergès, qui leur permit d'avoir gain de cause dans cette affaire. Entre temps, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et la notion même de justice et de droits de l'homme a, beaucoup, évolué de telle sorte que ce qui était possible hier, l'est, nettement, moins de nos jours. Dans tous les cas, la plainte du doyen Obiang va ouvrir une nouvelle page dans cette affaire qui devient juridico-politico-diplomatique.

Pour une fois que le doyen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, demande à oeuvrer en faveur de la paix dans le monde au sein des instances mêmes des Nations-Unies, organisation dont la Guinée équatoriale est membre à part entière et où elle a toujours rempli efficacement un rôle constructif pour assurer l'entente entre les peuples, il ne devrait, réellement, pas avoir de contre-feux. La Guinée équatoriale voudrait devenir membre non permanent du Conseil de sécurité lors des élections de juin prochain. Pour y parvenir, avec le maximum de facilités, le président de la République est en train de battre le rappel de ses amis et soutiens pour cette noble cause.