Vous êtes ici

Zanu-Pf

L'ancien président zimbabwéen, Robert Mugabe, âgé de 94 ans, est soigné, depuis deux mois, à Singapour, et ne peut plus marcher, a affirmé ce samedi, 24 novembre, son successeur, Emmerson Mnangagwa. Ce dernier s'exprimait, lors d'un meeting de son parti, la Zanu-PF, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980. Très affaibli politiquement à cause des reproches qu'on lui fait de n'avoir pas réussi à relancer l'économie, le nouveau président de la République divulgue, là, un secret médical sans l'autorisation du corps médical soignant son prédécesseur. C'est comme s'il utilisait les arguments de bas de la ceinture pour se tirer d'affaire.

Robert Mugabe a accepté de démissionner de son poste de président du Zimbabwe, mardi, 21 novembre. C'est un jour triste pour le Zimbabwe et l'Afrique. Espérons que les cris de joie qui accompagnent ce départ (non préparé) ne se transformeront pas, demain, en cris de désolation. La Libye d'aujourd'hui appelle les Zimbabwéens à faire très attention. Ne nous voilons pas la face : Washington et Londres jubilent. L'Occident, après 20 ans de déstabilisation, a, enfin, réussi, avec l'aide de l'armée, en exploitant les propres erreurs de Camarade Bob.
En dehors d'Alpha Condé qui préside l'Union africaine, les dirigeants du continent, de la nouvelle comme de l'ancienne génération, sont, tous, silencieux. Ils savent pourquoi. Camarade Bob ayant été poussé vers la sortie, de façon humiliante, le Zimbabwe fait un saut dans l'inconnu. Souhaitons, néanmoins, le meilleur pour celui qui aura le destin de ce pays entre ses mains.

Washington et Londres ne savent plus quoi faire pour que Robert Mugabe soit chassé du pouvoir avec humiliation. Après une vingtaine d'années de déstabilisation, créant, dans le passé, dans le pays, une inflation de plus de 5.000% (des chiffres irréels pour le commun des économistes), juste pour faire tomber son régime, le combattant suprême qui a chassé le colon britannique des terres rhodésiennes et poussé les racistes d'Afrique du Sud jusqu'à leurs derniers retranchements, reste en place. Il sera, sans aucun doute, au prochain Sommet de l'Union africaine (UA), à Addis Abeba, fin janvier 2018. Champion toutes catégories à l'applaudimètre, pendant les Sommets de l'UA, il y prononcera un discours contre l'impérialisme (qu'il vient de vivre dans sa chair comme jamais avant), qui restera gravé dans les mémoires. Le seul chef d'Etat africain (encore) capable (après l'assassinat du Frère Guide) à dire les vérités qui fâchent à l'Occident, sans peur, et dont la voix porte dans le monde, vient de faire l'objet d'une machination insoupçonnée. Mais comme un roseau, il a plié sans rompre. Comme dans le maquis, il n'a pas fui l'adversité. Il a plutôt su faire face. Camarade Bob, comme l'a déjà dit afriqueeducation.com, le 17 novembre, à 13h54, a laissé passer l'orage. Il s'occupe, maintenant, à faire revenir la situation de son pays à la normale, après avoir été secoué comme jamais avant.

Pour la première fois, depuis très longtemps, Robert Mugabe risque de perdre le sommeil, après la sortie fracassante du chef des armées, pour le mettre en garde contre la purge qu'il a entreprise au sein de la Zanu-PF. En effet, le chef de l'armée zimbabwéenne, le général, Constantino Chiwenga, a dénoncé, lundi, 13 novembre, l'éviction du vice-président du pays, Emmerson Mnangagwa, et réclamé la "fin" de ce qu'il a qualifié de purge au sein du parti présidentiel Zanu-PF, prévenant que l'armée pourrait "intervenir".

Celui que les militants historiques de la Zanu-PF appellent, affectueusement, Camarade Bob, fête, ce mardi, 21 février, ses 93 ans à la tête du Zimbabwe. La fête sera belle pour le dernier véritable anticolonialiste africain encore en fonction.

La première dame du Zimbabwe, Grace Mugabe, en est convaincue : son époux, Robert Mugabe, qui doit fêter, la semaine prochaine, ses 93 printemps, serait réélu à la tête du pays même s'il décédait avant les élections prévues en 2018.