Zimbabwe

Le chef de l'opposition zimbabwéenne, Nelson Chamisa, qui dénonce les conditions frauduleuses de la victoire du chef de l'Etat, Emmerson Mnangagwa, lors des récentes élections, va se faire investir, samedi, 15 septembre, président "légitime" du pays. Une situation de casse-tête pour les nouvelles autorités du pays qui croyaient avoir apaisé les contradictions après la tenue de l'élection présidentielle.

Soit, cette armée prend les Zimbabwéens pour des moutons qui vont aller voter à la présidentielle et aux législatives de cette fin de mois, sans rien comprendre au pacte scellé par certains de ses chefs et le nouveau pouvoir, soit, elle se sent, tellement, décrédibilisée qu'elle cherche à (re)devenir cette armée adulée, qui permit à l'ex-Rhodésie du Sud de chasser du pouvoir le colon britannique et ses racistes fantoches comme Ian Smith. Rappel des faits : c'est l'armée qui, après avoir pris position dans le débat politique, a chassé à Robert Mugabe du pouvoir en lui faisant un coup d'état militaire. A titre de récompense, son chef d'état major, le général, Constantino Chiwenga, est devenu vice-président de la République. En effet, ce dernier avait réussi à chasser Mugabe du pouvoir sans tirer un coup de feu dans Harare. Pour les observateurs comme pour une partie de la ZANU-PF, le Zimbabwe compte, actuellement, une armée putschiste. Une étiquette que chercherait à enlever ses nouveaux chefs. Est-ce pour cela qu'elle prend les devants en criant sa neutralité lors des prochaines élections ?

Le chef de l'Etat zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa, a accusé les partisans de l'ancienne première dame, Grace Mugabe, d'avoir fomenté l'attentat dont il est sorti indemne ce week-end, en pleine campagne électorale pour la présidentielle du 30 juillet. En fait, il s'agit d'une simple précaution de langage pour ne pas créer la polémique alors qu'il va se présenter à l'élection présidentielle, la première de sa vie, dans quelques semaines. Mais, en cercles fermés, le président candidat à sa succession aurait demandé aux services de sécurité d'avoir Grace Mugabe à l'oeil. Il est convaincu que si Camarade Bob, son prédécesseur, a, définitivement, tourné sa page politique, Grace Mugabe, toujours ambitieuse, est loin d'avoir dit son dernier mot.

Qui en veut au successeur de Robert Mugabe à ce point ? Cette question est sur toutes les lèvres au Zimbabwe où l'attentat à l'explosif inédit qui a visé une réunion de campagne du président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, a plongé, dimanche, 24 juin, le pays dans l'incertitude à un mois de ses premières élections de l'ère post-Robert Mugabe. Le « crocodile » se rend, fatalement, compte que cette élection présidentielle ne sera pas une partie de plaisir pour lui, et que s'il ne fait pas attention, il risque d'y laisser sa peau.

Le chef de l'Etat zimbabwéen en exercice, le putschiste, Emmerson Mnangagwa, et celui de l'opposition, Nelson Chamisa, ont déposé, jeudi, 14 juin, leur dossier de candidature pour la présidentielle du 30 juillet, le premier scrutin depuis la chute de Camarade Bob. Dans tout le pays, ce jeudi, les candidats à la présidentielle, aux législatives et aux élections municipales étaient appelés à faire acte de candidature auprès des tribunaux. Robert Mugabe ne sera plus, directement, un acteur influent de ce processus, maintenant, qu'il est admis que les choses lui échappent.

Camarade Bob chassé par coup d'état militaire, les putschistes se dévoilent en montrant les appuis qu'ils ont bénéficié pour réussir leur opération. Sinon, pourquoi se précipiter à réintégrer les rangs du Commonwealth, un organisme qui avait exclu le Zimbabwe pour les raisons qu'on sait, et qui, au fond, comme la Francophonie pour les pays ayant l'usage du français en partage, n'apportent pas grand-chose aux peuples des pays concernés ?

C'est une plaisanterie de mauvais goût que son successeur, Emmerson Mnangagwa, commence à servir aux Zimbabwéens et aux Africains. Parce que Robert Mugabe, remonté par le coup d'état avec l'implication de l'armée dont il a été victime, a montré son mécontentement en soutenant la création d'un autre parti politique qui rassemble les déçus de la Zanu PF proches de son épouse, Grace Mugabe, le nouveau pouvoir commence à montrer des signes d'énervement qui prouvent qu'il n'est pas aguerri aux batailles politiques. Répondre du détournement de 15 milliards de dollars, ressemble aux procès staliniens que le pouvoir soviétique collait aux ennemis du régime communiste. Car que peut-on, logiquement, attendre de Camarade Bob, du haut de ses 94 ans, lors d'un tel procès, sinon, l'enquiquiner ? Le Zimbabwe, petit à petit, ne serait-il pas en train de prendre une tournure inquiétante ?

Il y a eu la création d'un nouveau parti politique, le Front patriotique, avec la bénédiction de Robert Mugabe, qui laisse songeur. Ce parti, dirigé par un ancien général, rassemble tous ceux qui étaient proches de l'ex-première dame, Grace Mugabe, et qui se sentaient ostracisés au sein de la Zanu-PF après la perte du pouvoir par Camarade Bob. Le Front patriotique présentera son propre candidat contre Emmerson Mnangagwa, le successeur de Robert Mugabe, à la prochaine élection présidentielle de cette année. Comme pour la faire taire, le nouveau pouvoir a diligenté une enquête pour savoir dans quelles conditions Grace Mugabe avait obtenu son doctorat de philosophie qu'on menace, d'ailleurs, de lui retirer. D'autre part, le nouveau pouvoir lui reproche, aussi, d'avoir, par le passé, trafiqué l'ivoire pour s'enrichir à titre personnel. De son côté, Robert Mugabe en accordant sa première interview, depuis sa chute, il y a quelques semaines, a déploré le fait que l'Afrique du Sud n'ait pas fait intervenir son armée pour stopper le coup d'état militaire dont il a été victime. Autant d'éléments qui montrent que les choses se gâtent entre le couple Mugabe et le nouveau pouvoir, ce qui risque de crisper le paysage politique zimbabwéen.

Avant son coup d'état de novembre dernier, le nouveau président, Emmerson Mnangagwa, en collaboration avec ses amis de l'armée zimbabwéenne, avait tenu l'empire du Milieu au courant de la grave situation politique qui prévalait au Zimbabwe et des conséquences qui pouvaient en découler. Sans être, totalement, affirmatif de ce que les Chinois étaient au courant de l'issue de la crise au Zimbabwe, ils avaient, néanmoins, compris la sollicitation qui leur était faite, tout en gardant leur amitié à leur partenaire historique, Robert Mugabe. Cinq mois après sa chute, le nouveau président, Emmerson Mnangagwa est, triomphalement, reçu, sans surprise, à Beijing, par Xi Jinping qui a décidé de maintenir le niveau de coopération entre les deux Etats où il était, et même, de l'élever encore plus. Conclusion : la Chine (comme les pays occidentaux à quelques variables près) n'a pas, réellement, d'amis mais elle a, surtout, des intérêts à préserver.

La police zimbabwéenne a confirmé, dimanche, 25 mars, enquêter sur l'ancienne et très controversée première dame du pays, Grace Mugabe, soupçonnée d'avoir empoché des millions de dollars en exportant, illégalement, de l'ivoire de contrebande. N'ayant pas rangé ses ambitions politiques dans le tiroir, l'épouse de Camarade Bob va rester la cible de la nouvelle équipe au pouvoir.

Ancien maquisard qui ne sait pas abandonner une cause tant qu'il ne l'a pas gagnée, Robert Mugabe n'a pas encore dit son dernier mot sur sa surprenante perte du pouvoir. Il y a quelques jours, il a surpris en donnant sa caution à la création d'un nouveau parti politique, le Front patriotique zimbabwéen, que préside un ancien général et qui a désigné son candidat à la prochaine élection présidentielle. Il semblerait même qu'il en soit le principal fondateur. Ce parti rassemble toute l'aile de la Zanu-PF qui soutenait Grace Mugabe. Ces dernières heures, c'est son ami, Jacob Zuma (qui a aussi perdu le pouvoir) qu'il attaque en affirmant qu'il aurait dû diligenter une intervention armée pour contrer le coup d'état militaire qui l'a évincé du pouvoir. Qui a dit que Camarade Bob avait perdu sa verve ? Il est plus que jamais présent dans la vie politique du Zimbabwe.

Robert Mugabe a bel et bien été victime d'un coup d'état militaire, méticuleusement, préparé par l'ancien chef d'état major de l'armée en complicité avec l'ancien vice-président de la République. C'est une « honte à effacer » pour cette armée qui, par sa bravoure, avait chassé l'ancien colon britannique du pays, lui permettant d'accéder à l'indépendance, pense Camarade Bob. Pour la première fois, il vient de s'exprimer, publiquement, sur sa sortie de la scène politique comme acteur principal du Zimbabwe, chez nos confrères de la SABC (télévision sud-africaine).

Est-ce un coup fourré de la très redoutable Grace Mugabe ? L'ancienne première dame ne rumine pas toujours l'éviction de son tendre époux du pouvoir par l'ancien vice-président et l'ancien chef d'état major des armées qui, successivement, se sont partagé les postes d'Etat en devenant, respectivement, président et vice-président du Zimbabwe. Un véritable coup d'état sans effusion de sang, qui empêche Grace et Camarade Bob de dormir. Contre toute attente, ils ont contre-attaqué, quelques semaines seulement, après les cérémonies nationales marquant le 94e anniversaire de Camarade Bob et qui, pour la première fois, ont donné lieu à une journée fériée et chômée sur toute l'étendue du territoire, en apportant un soutien total au nouveau parti politique, le Nouveau front patriotique (NPF), qui aura son candidat à la prochaine élection présidentielle.

Les Zimbabwéens ont marqué, mercredi, 21 février, le 94e anniversaire de l'ancien président, Robert Mugabe, en observant un jour férié sur l'ensemble du territoire. Cependant, le gâteau d'anniversaire était moins grand (que les années passées) et les courtisans du château, attirés par le délicieux gâteau, beaucoup moins, nombreux. Mais, tout s'est bien passé, Camarade Bob gardant sa popularité intacte, en tant que libérateur du pays du colon britannique. Camarade Bob, en tant que sage, patriarche bien aimé, devrait se voir confier, bientôt, des missions au sein de l'Union africaine (UA), pour le bon devenir du continent. Le président de l'UA, Moussa Faki Mahamat, lui a, d'ailleurs, rendu visite à son domicile, à Harare, pour le saluer et prendre de ses nouvelles.

On nous l'avait caché. Les militaires zimbabwéens ont fait pression sur Camarade Bob pour qu'il se retire. Ils sont partis jusqu'à l'effrayer en lui indiquant qu'il risquait d'être "lynché", comme l'ancien dirigeant libyen, Mu'ammar al Kadhafi, s'il s'y refusait, a raconté un de ses proches. Le chef d'état major, le général Constantino Chiwenga, avait, sûrement, son plan avec son acolyte, Emmerson Mnangagwa, bien tracé. Après le départ de l'empêcheur de tourner en rond, l'un deviendrait président de la République et l'autre vice-président. Au regard de l'intérêt personnel qu'ils avaient à imposer le changement, ils auraient même pu assassiner, eux-mêmes, Robert Mugabe et maquiller les faits. Devrait-on les applaudir ?

Le pouvoir n'est plus détenu par Camarade Bob depuis que son ancien vice-président déchu et non moins rival, Emmerson Mnangagwa, a accédé aux affaires. Du coup, la peur a changé de camp. Si Robert Mugabe reste protégé dans toute son intégrité, tel n'est pas le cas pour celle par qui la chute du pouvoir était arrivée. En effet, non seulement, la très ambitieuse Grace Mugabe a vu le ciel s'écrouler sous ses pieds, mais le nouveau pouvoir fait tout pour l'humilier et lui montrer qu'elle n'est rien d'autre que la petite secrétaire qui travaillait dans le cabinet présidentiel avant que Camarade Bob n'oriente ses yeux vers elle, après le décès de son épouse ghanéenne avec qui il combattit l'impérialisme britannique dans le maquis pour obtenir l'indépendance de l'ex-Rhodésie. La très parvenue Grace, une fois dans le lit de Camarade Bob, n'hésita pas à croquer la vie au point d'en faire beaucoup trop. De secrétaire-dactylo à première dame, titulaire d'un doctorat obtenu en un temps trois mouvements, Grace ne s'épargna rien pour se grandir, socialement, politiquement, et même, intellectuellement. Aujourd'hui, la roue a tourné dans le mauvais sens et le naturel a repris ses droits. Y compris à l'Université de Harare où on veut lui retirer son grade de docteur de l'université.

L'armée comme d'ailleurs le journalisme, est une voie royale qui mène à la politique. C'est le raccourci suivi par l'ancien chef des armées du Zimbabwe qui avait initié, en novembre, un coup d'état en douceur visant à déposer Robert Mugabe. Partage des rôles oblige, Emmerson Mnangagwa est bien arrivé à ses fins en remplaçant ce dernier à la tête de l'Etat. Mais l'homme qui a réussi ce changement sans bain de sang, a, aussi, été récompensé. Le général, Constantino Chiwenga, devient vice-président de la Zanu-PF, première étape pour briguer la vice-présidence de la République.

L'ancien président zimbabwéen Robert Mugabe, 93 ans et évincé du pouvoir en novembre, s'est envolé pour Singapour afin d'y subir un contrôle médical de routine, a annoncé, jeudi, 14 décembre, son ancien porte-parole, George Charamba, devenu le porte-parole du nouveau président.

Une chose est de chercher à déloger Camarade Bob de son fauteuil présidentiel, ce qui a été fait, avec succès, sans effusion de sang. Une autre de faire mieux que lui, notamment, dans le domaine de l'économie où le sabotage de Londres avait eu raison des ressorts de la jeune économie du pays. Emmerson Mnangagwa est, désormais, l'homme fort du Zimbabwe. Il ne possède pas de remède miracle pour apporter la prospérité au pays. Issu du système précédent, il compte les mêmes ennemis que son prédécesseur. Cela dit, en homme politique qui a montré qu'il pouvait être très rusé, il se doit de proposer des solutions pour sortir l'économie de l'ornière. Pour cela, il souhaite, avant toute chose, l'unité du pays. L'opposition, qui est déçue de la formation de son premier gouvernement, ne s'inscrit pas dans sa démarche.

Le nouveau président, Emmerson Mnangagwa, souffle le chaud et le froid. Après avoir lancé la chasse aux sorcières, avec l'incarcération de plusieurs partisans de son prédécesseur au sein de la Zanu-PF et de l'administration, il a, ensuite, dissous le gouvernement auquel il appartenait avant son exil en Afrique du Sud. En attendant la nomination d'une nouvelle équipe, il a pris un décret symbolique, lundi, 27 novembre 2017 : désormais, au Zimbabwe, la date du 21 février, jour anniversaire de Camarade Bob, sera férié et chômé sur l'ensemble du territoire.