Zimbabwe

Dans l’article ci-dessous, je cède la parole à Justin Katinan Koné, ex-ministre du Budget de la Côte d’Ivoire. En 2011, après le renversement de Laurent Gbagbo par les bombes et le mensonge, j’ai rencontré M. Koné au Ghana, où il se trouvait en exil forcé. Economiste de formation, il m’avait alors fourni beaucoup de renseignements utiles pour comprendre le conflit dans son pays. Aujourd’hui, alors que Laurent Gbagbo vient d’être acquitté par la Cour pénale internationale des crimes qui lui ont été injustement imputés par la presse aux ordres du G7 depuis le déclenchement de la guerre civile en Côte d’Ivoire, au mois de septembre 2002, Justin Katinan Koné est, lui, encore traqué par le tyran Alassane Ouattara. Depuis son exil, il m’a fait parvenir l’article ci-dessous à l’occasion du décès de Robert Mugabe. Le lecteur y trouvera un éclairage édifiant qui est absent des grands médias occidentaux. - Bernard Desgagné -

Cette fois, c'est bien fini. On n'entendra plus parler de Robert Mugabe. Les plus malheureux à le regretter se recruteront chez toutes ces personnes pour qui il était la source de toutes les difficultés actuelles du Zimbabwe. Elles n'auront plus leur bouc émissaire. Une position que ne devraient pas partager les Africains et que vulgarisent à souhait les Britanniques et les Américains. D'où la question suivante : Les Africains devraient-ils joindre leurs voix à celle des Occidentaux quand on sait qu'ils sont à l'origine du changement de cap politique de Camarade Bob ? Pour formuler la chose autrement : les Zimbabwéens (Africains) ont-ils les mêmes intérêts que les Britanniques et les Américains quand ils s'obstinent à condamner Robert Mugabe dont la politique économique n'a changé qu'après le lâche lâchage de Londres après que les premiers ministres anglais successifs eurent refusé d'appliquer les Accords de Lancaster House ?
Comme toute personne, Robert Mugabe alignait des défauts. Mais, ceux-ci sont une goutte d'eau par rapport à ses qualités. C'est le bon côté du Big Brother que devraient surtout garder les Africains, qui manquent, aujourd'hui, un leader charismatique de sa trempe à l'échelle continentale capable de dire les vérités aux grandes capitales occidentales, sans peur, au nom du continent.

A peine le décès du grand combattant a-t-il été annoncé que les médias occidentaux, dont il est établi aujourd’hui qu’ils sont manipulateurs et à la solde d’oligarques de petite vertu, se sont mis à faire ce qu’ils savent faire le mieux : caricaturer, diaboliser et insulter les Africains qui tiennent tête à leurs dirigeants et les mettent au pas.

L'Afrique est en deuil. L'ancien président, Robert Mugabe, héros de l'indépendance qui a dirigé le Zimbabwe de 1980 à 2017, est décédé à 95 ans. Anti-colonialiste primaire, il était, depuis l'assassinat du frère guide, Mu'ammar al Kadhafi, celui qui osait dire la vérité à l'Occident, de face, sans avoir peur, parfois, du haut de la tribune de l'Union africaine. Aujourd'hui, seul l'Equato-Guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, essaie de défendre, sans peur, le continent africain devant les multiples menaces auxquelles il fait face.

Le roi de Krindjabo, capitale du royaume du Sanwi, dans le Sud-Est de la Côte d'Ivoire, va faire un don pour la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris, qui vient de brûler. Il explique ce geste par le fait que Louis Aniaba, un prince du royaume, y avait été baptisé dans les années 1700. Doit-on pleurer ou se réjouir de l'initiative de ce roi ivoirien ? Car au-delà de la personne de ce roi, la question se pose à l'ensemble des Africains qui envoient des milliers de témoignages (de toutes natures), dans les réseaux sociaux, pour signifier leur émotion, mais, une émotion qu'ils se gardent de faire preuve quand un pays africain est affecté par un sinistre similaire. Ils restent, tout simplement, motus et bouche cousue. La bêtise ?

Le gouvernement zimbabwéen a annoncé, lundi, 8 avril, qu'il verserait à partir du mois prochain (mai 2019) des indemnités aux fermiers blancs expulsés de force lors de la réforme agraire controversée ordonnée par l'ex-président, Robert Mugabe, il y a une vingtaine d'années. C'est un tournant majeur de la politique en la matière jusque-là menée par son ancien vice-président arrivé au pouvoir non pas par la volonté de Camarade Bob, mais, de l'armée.

Le cyclone qui a balayé, en fin de semaine dernière, le Mozambique et le Zimbabwe, emportant sur son passage routes, ponts, hôpitaux et écoles, a fait, au moins, 173 morts, mais, le bilan pourrait dépasser le millier de morts, a prévenu, lundi, 18 mars, le président mozambicain, Filipe Nyusi.

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a estimé, mardi, 22 janvier, que la levée des sanctions visant le Zimbabwe serait le meilleur moyen pour la communauté internationale d'apaiser la crise qui touche le pays. Sur ce plan, il est en droite ligne du soutien qu'apportaient au régime de Camarade Bob, le président, Jacob Zuma, et avant lui, le président, Thabo Mbeki. Il ne faut pas s'étonner : les dirigeants de l'Afrique du Sud, tous issus de l'ANC, apprécient tout l'appui que leur avait apporté le Zimbabwe devenu indépendant, pour contrer les racistes qui détenaient le pouvoir à Pretoria, avant la fin de l'apartheid. Membre de « La ligne de front » qui était constituée de pays de l'Afrique australe qui soutenaient la lutte de l'ANC, le Zimbabwe était un des pays les plus engagés dans ce combat et l'ancien premier ministre, Robert Mugabe, en prenait pas de gants pour dire les vérités qui dérangeaient à son homologue britannique, Margaret Thatcher. En difficultés depuis plusieurs années, déjà, le Zimbabwe a, toujours, bénéficié de la sollicitude et des concours divers de l'Afrique du Sud.

La justice sud-africaine a émis un mandat d'arrêt contre Grace Mugabe, l'épouse de l'ex-président zimbabwéen, Robert Mugabe, dans le cadre d'une affaire d'agression contre un mannequin sud-africain, à Johannesburg, en 2017, a annoncé la police, ce mercredi, 19 décembre. Au moment des faits, elle était la première dame du Zimbabwe, ce qui avait permis un traitement de faveur de cette affaire malgré le tollé que cela suscitait dans l'opinion sud-africaine. Aujourd'hui, rien ne s'oppose plus à l'interpellation de Grace Mugabe, sauf si elle bénéficiait de la couverture du pouvoir d'Emmerson Mnangagwa.

L'ancien président zimbabwéen, Robert Mugabe, âgé de 94 ans, est soigné, depuis deux mois, à Singapour, et ne peut plus marcher, a affirmé ce samedi, 24 novembre, son successeur, Emmerson Mnangagwa. Ce dernier s'exprimait, lors d'un meeting de son parti, la Zanu-PF, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980. Très affaibli politiquement à cause des reproches qu'on lui fait de n'avoir pas réussi à relancer l'économie, le nouveau président de la République divulgue, là, un secret médical sans l'autorisation du corps médical soignant son prédécesseur. C'est comme s'il utilisait les arguments de bas de la ceinture pour se tirer d'affaire.

Le chef de l'opposition zimbabwéenne, Nelson Chamisa, qui dénonce les conditions frauduleuses de la victoire du chef de l'Etat, Emmerson Mnangagwa, lors des récentes élections, va se faire investir, samedi, 15 septembre, président "légitime" du pays. Une situation de casse-tête pour les nouvelles autorités du pays qui croyaient avoir apaisé les contradictions après la tenue de l'élection présidentielle.

Soit, cette armée prend les Zimbabwéens pour des moutons qui vont aller voter à la présidentielle et aux législatives de cette fin de mois, sans rien comprendre au pacte scellé par certains de ses chefs et le nouveau pouvoir, soit, elle se sent, tellement, décrédibilisée qu'elle cherche à (re)devenir cette armée adulée, qui permit à l'ex-Rhodésie du Sud de chasser du pouvoir le colon britannique et ses racistes fantoches comme Ian Smith. Rappel des faits : c'est l'armée qui, après avoir pris position dans le débat politique, a chassé à Robert Mugabe du pouvoir en lui faisant un coup d'état militaire. A titre de récompense, son chef d'état major, le général, Constantino Chiwenga, est devenu vice-président de la République. En effet, ce dernier avait réussi à chasser Mugabe du pouvoir sans tirer un coup de feu dans Harare. Pour les observateurs comme pour une partie de la ZANU-PF, le Zimbabwe compte, actuellement, une armée putschiste. Une étiquette que chercherait à enlever ses nouveaux chefs. Est-ce pour cela qu'elle prend les devants en criant sa neutralité lors des prochaines élections ?

Le chef de l'Etat zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa, a accusé les partisans de l'ancienne première dame, Grace Mugabe, d'avoir fomenté l'attentat dont il est sorti indemne ce week-end, en pleine campagne électorale pour la présidentielle du 30 juillet. En fait, il s'agit d'une simple précaution de langage pour ne pas créer la polémique alors qu'il va se présenter à l'élection présidentielle, la première de sa vie, dans quelques semaines. Mais, en cercles fermés, le président candidat à sa succession aurait demandé aux services de sécurité d'avoir Grace Mugabe à l'oeil. Il est convaincu que si Camarade Bob, son prédécesseur, a, définitivement, tourné sa page politique, Grace Mugabe, toujours ambitieuse, est loin d'avoir dit son dernier mot.

Qui en veut au successeur de Robert Mugabe à ce point ? Cette question est sur toutes les lèvres au Zimbabwe où l'attentat à l'explosif inédit qui a visé une réunion de campagne du président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, a plongé, dimanche, 24 juin, le pays dans l'incertitude à un mois de ses premières élections de l'ère post-Robert Mugabe. Le « crocodile » se rend, fatalement, compte que cette élection présidentielle ne sera pas une partie de plaisir pour lui, et que s'il ne fait pas attention, il risque d'y laisser sa peau.

Le chef de l'Etat zimbabwéen en exercice, le putschiste, Emmerson Mnangagwa, et celui de l'opposition, Nelson Chamisa, ont déposé, jeudi, 14 juin, leur dossier de candidature pour la présidentielle du 30 juillet, le premier scrutin depuis la chute de Camarade Bob. Dans tout le pays, ce jeudi, les candidats à la présidentielle, aux législatives et aux élections municipales étaient appelés à faire acte de candidature auprès des tribunaux. Robert Mugabe ne sera plus, directement, un acteur influent de ce processus, maintenant, qu'il est admis que les choses lui échappent.

Camarade Bob chassé par coup d'état militaire, les putschistes se dévoilent en montrant les appuis qu'ils ont bénéficié pour réussir leur opération. Sinon, pourquoi se précipiter à réintégrer les rangs du Commonwealth, un organisme qui avait exclu le Zimbabwe pour les raisons qu'on sait, et qui, au fond, comme la Francophonie pour les pays ayant l'usage du français en partage, n'apportent pas grand-chose aux peuples des pays concernés ?

C'est une plaisanterie de mauvais goût que son successeur, Emmerson Mnangagwa, commence à servir aux Zimbabwéens et aux Africains. Parce que Robert Mugabe, remonté par le coup d'état avec l'implication de l'armée dont il a été victime, a montré son mécontentement en soutenant la création d'un autre parti politique qui rassemble les déçus de la Zanu PF proches de son épouse, Grace Mugabe, le nouveau pouvoir commence à montrer des signes d'énervement qui prouvent qu'il n'est pas aguerri aux batailles politiques. Répondre du détournement de 15 milliards de dollars, ressemble aux procès staliniens que le pouvoir soviétique collait aux ennemis du régime communiste. Car que peut-on, logiquement, attendre de Camarade Bob, du haut de ses 94 ans, lors d'un tel procès, sinon, l'enquiquiner ? Le Zimbabwe, petit à petit, ne serait-il pas en train de prendre une tournure inquiétante ?

Il y a eu la création d'un nouveau parti politique, le Front patriotique, avec la bénédiction de Robert Mugabe, qui laisse songeur. Ce parti, dirigé par un ancien général, rassemble tous ceux qui étaient proches de l'ex-première dame, Grace Mugabe, et qui se sentaient ostracisés au sein de la Zanu-PF après la perte du pouvoir par Camarade Bob. Le Front patriotique présentera son propre candidat contre Emmerson Mnangagwa, le successeur de Robert Mugabe, à la prochaine élection présidentielle de cette année. Comme pour la faire taire, le nouveau pouvoir a diligenté une enquête pour savoir dans quelles conditions Grace Mugabe avait obtenu son doctorat de philosophie qu'on menace, d'ailleurs, de lui retirer. D'autre part, le nouveau pouvoir lui reproche, aussi, d'avoir, par le passé, trafiqué l'ivoire pour s'enrichir à titre personnel. De son côté, Robert Mugabe en accordant sa première interview, depuis sa chute, il y a quelques semaines, a déploré le fait que l'Afrique du Sud n'ait pas fait intervenir son armée pour stopper le coup d'état militaire dont il a été victime. Autant d'éléments qui montrent que les choses se gâtent entre le couple Mugabe et le nouveau pouvoir, ce qui risque de crisper le paysage politique zimbabwéen.

Avant son coup d'état de novembre dernier, le nouveau président, Emmerson Mnangagwa, en collaboration avec ses amis de l'armée zimbabwéenne, avait tenu l'empire du Milieu au courant de la grave situation politique qui prévalait au Zimbabwe et des conséquences qui pouvaient en découler. Sans être, totalement, affirmatif de ce que les Chinois étaient au courant de l'issue de la crise au Zimbabwe, ils avaient, néanmoins, compris la sollicitation qui leur était faite, tout en gardant leur amitié à leur partenaire historique, Robert Mugabe. Cinq mois après sa chute, le nouveau président, Emmerson Mnangagwa est, triomphalement, reçu, sans surprise, à Beijing, par Xi Jinping qui a décidé de maintenir le niveau de coopération entre les deux Etats où il était, et même, de l'élever encore plus. Conclusion : la Chine (comme les pays occidentaux à quelques variables près) n'a pas, réellement, d'amis mais elle a, surtout, des intérêts à préserver.

La police zimbabwéenne a confirmé, dimanche, 25 mars, enquêter sur l'ancienne et très controversée première dame du pays, Grace Mugabe, soupçonnée d'avoir empoché des millions de dollars en exportant, illégalement, de l'ivoire de contrebande. N'ayant pas rangé ses ambitions politiques dans le tiroir, l'épouse de Camarade Bob va rester la cible de la nouvelle équipe au pouvoir.