Afrique

Cette question ne devrait même pas être posée. Mais dans un monde qui connaît l'inversion des valeurs et des priorités, une ONG comme « Aide et Action » dont la principale spécialité est de promouvoir l'éducation dans le monde, surtout, en Afrique, en est venue à le rappeler aux dirigeants dont ce n'est plus la priorité : « L'éducation est une urgence ». L'Afrique étant la partie du monde où les besoins dans ce secteur se font le plus sentir, « Aide et Action » a choisi un pays du continent, le Togo, où ses actions ont bonne allure pour marquer sa rentrée en organisant, dans les locaux de son ambassade à Paris, une exposition, justement, intitulée « L'éducation est une urgence ».

Le président, Emmanuel Macron, traverse, actuellement, une mauvaise passe. On espère que celle-ci est passagère sinon il est fort probable qu'il ne puisse pas terminer son mandat. Certains dans l'opposition le pensent. Les réformes qui le rendent impopulaires sont celles qu'il était chargé de mettre en œuvre quand il était le ministre de l'Economie pendant le quinquennat de François Hollande. Il démissionna, avec fracas, faute de pouvoir les appliquer à cause des incessantes hésitations de l'ancien président. Aujourd'hui président de la République, lui-même, il doit faire ce qu'on lui interdisait hier de faire. Fidèle à son image, il a annoncé faire ce qu'il dit et dire ce qu'il fait. Résultat, sa popularité auprès des Français plonge.

La Russie et la Chine vont être, de plus en plus, des partenaires et non des concurrents en Afrique, où elles ont tout à gagner. Les domaines couverts par l'une, sur le continent, ne le sont pas, forcément, par l'autre. Exemple : la Chine assure les financements aux Etats africains sans rechigner et construit des infrastructures, partout, où on le lui demande. Mais, encore faudrait-il que les pays bénéficiaires vivent en paix et en sécurité, à long terme. La Russie dont le point fort se concentre dans les questions militaires et de sécurité, pourrait donner aux pays africains, cette chose qui leur fait défaut, parfois. Les choses vues sous cet angle, il est sûr que le développement des pays africains serait mieux assuré.

On se dirige droit vers la bunkerisation de l'Union européenne (UE). Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a appelé, mercredi, 12 septembre, devant le parlement européen à un renforcement significatif de l'agence européenne de garde-frontières, proposant qu'elle puisse disposer d'ici 2020 de 10.000 agents mobilisables aux confins de l'Union, contre 1.500 personnes actuellement. On ne sera pas à un garde-frontière tous les 100 mètres, mais, le renforcement de la surveillance sera telle qu'il deviendra difficile aux migrants africains de contourner ce dispositif de surveillance. Resterait, maintenant, à Juncker de trouver les fonds car le financement de cette opération n'est pas la moindre des difficultés.

Que vont-ils encore nous dire, ces présidents africains de fédération (mentalité de colonisé oblige), qui ne jurent qu'aux noms des sélectionneurs non-africains ? Ils auront, bientôt, de moins en moins d'arguments pour convaincre l'opinion africaine, décidée à nationaliser les postes de sélectionneurs de football.
En effet, les résultats obtenus, lors de la deuxième journée des éliminatoires de la CAN 2019, devraient faire revoir leur logiciel à ces présidents de fédérations africains qui continuent de penser que le succès de leur football ne se fera qu'avec des techniciens étrangers. Sans citer leurs noms, on en compte (malheureusement) au Cameroun, au Gabon, en Gambie, au Congo-Brazzaville, pour ne citer que ces pays africains. Ce sont des présidents de fédération qui ont une vision à court terme du football, laquelle arrange (certainement) leurs petites affaires du moment. Mais, bientôt, ils devront se résoudre à l'évidence et faire des choix qui s'imposent à leur football.

Il n'y a pas que du bon chez les Chinois. Comme dans toute relation humaine, le partenariat gagnant-gagnant initié par Beijing a des hauts et des bas, des couacs et des moments qui poussent à se poser des questions, même après avoir, religieusement, écouté le discours du grand camarade, Xi Jinping, à, Beijing, le 3 septembre. La réaction de son compatriote, qui dirige une entreprise au Kenya, est assimilable au comportement d'une petite brebis galeuse. De quoi s'agit-il ? Un homme d'affaires chinois a été arrêté au Kenya après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo où il compare les Kenyans et leur président, Uhuru Kenyatta, à des "singes", selon le service de l'immigration de Nairobi. On peut se poser la question de savoir, ce qui lui est passé par la tête avant de réagir ainsi.

Selon certains Africains, le christianisme n’est pas seulement coupable d’avoir prêté main forte à la colonisation dans certains pays africains. Ils pensent aussi qu’il aliène et endort les Africains au lieu de les libérer de la peur, de la misère, de l’ignorance et du néocolonialisme français responsable en grande partie des souffrances et impasses de l’Afrique francophone.

Le président, Faure Gnassingbé, du Togo a accueilli ses pairs de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) en Sommet, mardi, 31 juillet, à Lomé. Votre magazine préféré, Afrique Education, qui a assisté à cette 53e session, peut attester que ce fut un « Sommet des grandes décisions ». Le numéro 468 de septembre chez vos marchands de journaux depuis ce jeudi, 6 septembre, vous dit tout comme si vous y étiez.

La politique a ses raisons que la raison ignore : Idriss Déby Itno regretterait-il d'avoir placé son compatriote, Moussa Faki Mahamat, à la présidence de la Commission de l'Union africaine (UA) ? Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il le marque à la culotte comme s'il redoutait que ce poste ne lui donne une certaine épaisseur politique au point de représenter une alternance à la tête du Tchad dans quelques années. Mais attention au mauvais calcul dont Ali Bongo Ondimba a été victime au Gabon. Au lieu de favoriser un deuxième mandat pour Jean Ping à la présidence de la Commission de l'UA, les « émergents » gabonais avaient, plutôt, détruit la carrière de Ping au sein de cette organisation, faisant profiter au passage la transmission de témoin à la Sud-Africaine, Xhosazana Dlamini-Zuma. Résultat, le Gabon est entré, quelques mois plus tard, dans une zone de turbulence, Jean Ping qu'on disait amorphe et incapable de toute réaction, s'étant, viscéralement, rebellé au point de déstabiliser le fonctionnement de l'Etat. Alors que s'il avait eu son deuxième mandat, qui lui tendait les mains à l'UA, Ali Bongo Ondimba aurait eu une présidentielle tranquille en août 2016.

Avec des amis occidentaux comme Michel Gally, Bernard Houdin, Albert Bourgi ou Me Jean Balan (bravo à eux !), nous luttons, chaque jour, pour la fin du F CFA, ainsi que, pour la fermeture et le départ des bases militaires étrangères présentes dans certains pays africains ; nous désirons jouir des richesses de nos sols et sous-sols ; nous ne voulons plus que nos matières premières soient pillées ou achetées à vil prix ; nous souhaitons que l’ancienne puissance coloniale arrête de décider à notre place aux Nations-Unies et de nous dire ce qui est bon/mauvais pour nous ou qui doit nous diriger.

Le pape François a égrené, dimanche, 26 août, lors d'une messe géante, à Dublin, une longue liste de "pardons" aux victimes d'abus commis par le clergé ou des institutions religieuses en Irlande. Cette demande de « pardon » ressemble à une séance de récitation déjà vue et déjà entendue qui fait que le pape et son église commencent à perdre du crédit auprès non seulement des fidèles catholiques mais de l'opinion. L'église a son principe : le pardon par le Christ (pour laver ses péchés) même si on a commis de pires abominations. La Maison de Dieu accueille tout un chacun quels que soient ses crimes. L'église n'est pas contre la justice des hommes, mais, pour elle, seule compte avant tout la justice divine. Celle à laquelle le pape François a fait référence à Dublin sauf qu'on lui demande de punir, sévèrement, les prélats fautifs, au nom de l'exemple. Cela dit, l'église catholique n'est qu'au début de sa tourmente. Car quand elle aura résolu le problème de la pédophilie et de l'homosexualité dans l'église catholique en Occident, elle aura fort à faire avec la sexualité des prêtres catholiques en Afrique qui produit, elle, des enfants un peu partout sans que le Vatican ne tire une quelconque sonnette d'alarme. En ce moment, le réveil du pape risquera d'être particulièrement brutal.

La plus belle fille du monde ne peut offrir que ce qu'elle a, dit un proverbe bantou. Pays (encore) émergent, au niveau de son économie et surtout de son industrie, la Russie est une superpuissance mondiale (avec les Etat-Unis) au niveau de son industrie militaire et ses renseignements. Voilà pourquoi Washington respecte Moscou et tient compte de ses positions au Conseil de sécurité des Nations-Unies. A défaut de fournir les capitaux aux pays africains comme la Chine ou d'y favoriser la coopération sur le plan économique, industriel ou culturel, la Russie offre son savoir-faire sur le plan militaire. C'est le cas en Guinée équatoriale où elle entretient une base navale primaire, et de plus en plus en Centrafrique et au Burkina Faso où elle va soutenir Ouagadougou dans sa lutte contre le terrorisme islamique. En Egypte, Moscou est revenu à sa coopération d'antan, avec une base militaire qui lui permet d'avoir l'oeil sur les mouvements militaires occidentaux dans la sous-région. On remarque que la montée en puissance de la Russie se fait au moment où, faute de moyens, les pays occidentaux à l'exemple de la France, commencent à battre en retraite. L'Afrique coûte trop cher, entend-on dire, par exemple, à Paris.

Ce numéro 466-467 de juillet-août 2018 sera chez les marchands de journaux à partir du samedi, 21 juillet. Il vous propose une longue interview du président des Comores, Azali Assoumani, sur les raisons du référendum pour modifier la constitution qu'il organisera le 30 juillet. D'autre part, la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) et la CEEAC (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale) se retrouveront, aussi, en Sommet, le 30 juillet, à Lomé, pour parler de la lutte contre le terrorisme, sous les auspices des présidents togolais, Faure Gnassingbé et gabonais, Ali Bongo Ondimba. Dans une interview à lire dans le présent numéro, le chef de la diplomatie togolaise, le professeur, Robert Dussey, situe les enjeux de cet important Sommet. A trouver aussi dans ce numéro 466-467 beaucoup d'autres articles dont voici le sommaire ci-dessous.

L'affaire n'ira pas jusqu'à provoquer une crise diplomatique entre les Etats-Unis et la France. Mais, les commentaires insistant sur la victoire d'une équipe africaine (à la place de la France), à Russie 2018, ont fini par sortir l'ambassadeur de France aux Etats-Unis de sa légendaire réserve. L'ambassadeur n'apprécie pas qu'on évoque ni la couleur des joueurs africains, ni leur origine, pour parler de la victoire de l'équipe de France. L'ambassadeur apprécierait encore moins qu'on dise (à mots couverts) que ce sont les effets de la Françafrique (politique installée par De Gaulle pour pomper toutes les ressources africaines au profit de la France), qui ont atteint leur apogée dans le domaine de football, avec 60% de joueurs noirs (Afrique et Afro-Descendants), comme titulaires indiscutables et indiscutés, ayant permis cette large victoire contre la Croatie, en finale. Pourtant, même Barack Obama, l'ancien chef de la Maison Blanche, actuellement, en tournée en Afrique de l'Est et australe, n'a pas manqué de souligner que les vainqueurs de la coupe du monde, n'étaient pas que des « Gaulois ». Une formule très imagée pour dire que ce sont les Noirs d'Afrique et des Antilles qui ont permis cette victoire. Il en est de même du président du Venezuela, N. Maduros, qui a, officiellement, félicité la victoire de l'Afrique à Russie 2018. Dans le cadre des préparatifs de Qatar 2022, le président russe, Vladimir Poutine, aurait, discrètement, demandé à sa fédération de football de se pencher, très vite, sur ce phénomène de footballeurs africains pour enrichir le Onze national russe. Alors question : de quoi se plaindrait Monsieur l'ambassadeur de France quand le monde entier constate une évidence ?

C'est la fin d'une forme d'économie de comptoir qui était en vigueur dans les anciennes colonies françaises d'Afrique depuis la nuit des temps. Progressivement, avec la survenue au pouvoir d'une nouvelle catégorie de dirigeants politiques détenteurs d'une vision productiviste de leur économie, tenant compte aussi de la volonté des pays africains, d'une part, de ne plus continuer à être de simples pourvoyeurs de matières premières mais de réaliser, au moins, une première transformation des produits à exporter pour employer une main-d'oeuvre locale déjà formée et en manque de travail, et, d'autre part, d'accroître la valeur ajoutée nationale, certaines entreprises coloniales n'ont pas pu survivre à cette mutation. Tel semble être le cas de la société française Rougier, exportatrice de billes de bois depuis l'époque coloniale, bien que sa direction explique ses difficultés par le seul engorgement du Port de Douala qui n'aurait pas permis l'écoulement normal de ses billes de bois vers l'Europe. Une explication que rejettent en bloc les autorités camerounaises appelant cette société à assumer pleinement ses responsabilités.

Des chercheurs ont dévoilé ce samedi, 7 juillet, les résultats encourageants d'un vaccin expérimental contre le Sida. Il est prêt pour une phase de test sur plus de 2.000 personnes en Afrique.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, est considéré comme une véritable « horreur » au sein de l'Union européenne (UE). Mais, contrairement, à ce qu'une telle appréciation négative peut transparaître dans la réalité, c'est plutôt un bon point pour lui car les dirigeants européens qualifient de bons les seuls dirigeants qui jouent leur jeu, qui sont leur pion. En effet, ne sont bien vus dans les capitales européennes que les dirigeants du tiers-monde qui ne leur disent pas Non. Ce qui n'est en rien le cas du président turc qui sait, exactement, où sont ses intérêts et ceux de la Turquie. Le président, Recep Tayyip Erdogan, qui prête serment ce lundi, 9 juillet, pour un nouveau mandat de cinq ans, sera doté de pouvoirs, considérablement, renforcés aux termes d'une réforme constitutionnelle adoptée par référendum en avril 2017.

"Plateformes de débarquement" de migrants, "centres contrôlés", renforcement des frontières extérieures : voici les principaux points de l'accord (a minima) trouvé, vendredi, 29 juin, au petit matin, entre les dirigeants des pays de l'UE (Union européenne) sur les migrations, après une nuit de tractations tendues. Tout le monde s'est montré content (devant les caméras des télévisions), des Italiens et Maltais aux Polonais et Hongrois en passant par les Français et Allemands. Autant dire qu'il s'agit, en réalité, d'un non-accord (qui ne dit pas son nom) car rien n'est contraignant dans ce qui a été adopté. Chaque pays est libre de faire ce qu'il veut chez lui.

De l'odyssée de l'Aquarius au blocage d'autres navires en Méditerranée, l'Union européenne (UE) se déchire depuis deux semaines autour de la question des migrants. Avant le sommet des Vingt-Huit, prévu jeudi 28 et vendredi 29 juin à Bruxelles, le commissaire européen aux Migrations a estimé que "le projet européen" était "en danger". Dimanche 24 juin, la tenue d'un mini-sommet d'urgence entre les dirigeants de 16 pays de l'UE n'a pas permis d'apaiser les tensions et aucune stratégie commune n'est ressortie de la réunion. Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi aucun consensus ne se dégage-t-il ? On vous aide à comprendre pourquoi l'Europe se divise sur l'immigration. Cela dit, il faut noter que l'immigration (africaine) est provoquée par l'extrême pauvreté des arrivants. Cette extrême pauvreté est la conséquence des mauvaises politiques de coopération entre l'Europe et l'Afrique, lesquelles politiques ne profitent pas aux peuples, c'est-à-dire, aux arrivants africains en Europe. La mal-gouvernance en Afrique ne bénéficie pas non plus aux 28 pays européens, mais à quelques-uns seulement, qui ont eu un passé colonial en Afrique. La France, l'Allemagne, l'Angleterre, l'Espagne, le Portugal et l'Italie, sont les anciens colonisateurs des pays africains. Leur coopération en Afrique est très décriée car elle n'atteint pas les peuples. Elle est détournée au profit de certaines élites de ces pays donneurs d'aide et partagée avec leurs alliés des pouvoirs africains. A titre d'exemple, cette mauvaise politique entre la France et les pays francophones d'Afrique, est appelée « Françafrique ». La démanteler serait synonyme de très grand affaiblissement de la France dans le domaine économique, au moment où la France perd des parts de marché dans le monde. Voilà le problème central à résoudre et qui, tôt ou tard, entraînera l'implosion de l'UE, dans sa forme actuelle.

La coupe du monde est terminée pour le Maroc, le Nigeria, l'Egypte et la Tunisie. Le Sénégal (qui a naïvement raté sa qualif contre le Japon) attend de jouer un match très difficile contre la Colombie qui décidera de son sort. Mais, déjà, des enseignements peuvent être, valablement, tirés.