Afrique

On était dans la dernière semaine de juillet 2018. Emmanuel Macron était dans la tourmente parce que les Français venaient de découvrir qu’un certain Alexandre Benalla avait violemment frappé un manifestant, le 1er mai 2018. On attendait alors qu’il s’explique. On voulait savoir pourquoi il avait embauché un gamin qui, en plus de faire le boulot des policiers, malmenait des marcheurs aux mains nues. Au lieu de répondre à ces questions, “Jupiter” préféra s’adresser à un groupe de députés de son parti « La République en marche ».

Les Etats-Unis ont beau réduire le nombre de leurs soldats en Afrique, ils sont "plus engagés que jamais" sur ce continent dont la stabilité est primordiale pour la sécurité internationale, assure le patron de l'armée de terre américaine en Afrique. Mais, au même moment, les Occidentaux au premier rang desquels on compte la France, grande alliée des Etats-Unis au sein de l'OTAN, critiquent l'arrivée de l'armée russe en Centrafrique (le cœur du continent), mais aussi, en Guinée équatoriale, et surtout, au Burkina Faso où l'aide des militaires américains et français n'arrive pas à contenir les attaques des djihadistes à la frontière burkinabo-malienne où les écoles se ferment, en centaines, au nom de la haine vouée à l'endroit de l'éducation « des Blancs ».

Lilâ Le Bas, la dynamique et sympathique présidente de l'UNEF (Union nationale des étudiants de France), n'est pas prête à laisser passer une telle grosse injustice : la hausse de près de 1500% des frais de scolarité pour les étudiants étrangers inscrits en France, en master, ce qui (on n'a pas besoin de faire sc-po pour le savoir) fermerait (à double tour) l'Université française aux étudiants africains (surtout francophones) dont les parents restés au pays, éprouvent, souvent, beaucoup de peine, à joindre les deux bouts. C'est tout simplement inadmissible d'avoir même à dénoncer une telle injustice (qui n'aurait pas du être) car c'est comme si le jeune président français et son gouvernement ne vivaient pas sur une même planète que tout le monde. C'est vrai qu'on l'a surnommé « Jupiter ». Mais quand même ! A l'UNEF, on refuse que ceci explique cela. Conséquence : les étudiants sont dans la rue pour protester.

Les Occidentaux croient mener le monde selon leurs seuls petits intérêts. Tout doit aller à leur rythme et être façonné comme ils l'entendent. Mais, chaque chose a une fin. Et le fait de dénoncer leur comportement est un début du commencement de cette hégémonie.

Quand quelque chose est bien, il faut le dire. On connaissait Madame Kolinda Grabar-Kitarovic comme la présidente de la Croatie et première supportrice de la sympathique équipe croate de football, vice-championne du monde. On l'avait vue braver la pluie, après la finale du Mondial France-Croatie, pour remonter le moral des footballeurs croates qui venaient d'être corrigés par les Bleus : 1 contre 4. Elue présidente de Croatie, en 2015, elle a, en seulement, 3 ans, gagné le respect du monde entier. Pourquoi ?

Dans ses heures de lucidité, le jeune président français avait (bien) annoncé vouloir mettre en œuvre d’ici cinq ans des restitutions temporaires et définitives des biens culturels africains qui font le rayonnement des musées français. C'était quelques mois après son accession au pouvoir. Joignant la parole à l'acte, il avait nommé la Française, Bénédicte Savoy, et, le Sénégalais, Felwine Sarr, deux sommités en matière d'art, avec pour mission de réfléchir au retour de ces œuvres d'art en Afrique. Les deux rapporteurs sont restés, rigoureusement, scientifiques, sans succomber aux pressions des lobbys françafricains qui ont toujours fait que tout change sans que rien ne bouge. En Afrique, il n'existe pas un conservateur de musée ou de galerie d'art qui ne souhaite pas le retour des biens culturels africains spoliés, et qui font, aujourd'hui, les beaux jours des espaces culturels français ou autres. Emmanuel Macron a, donc, eu l'excellente idée de proposer cette voie de retour, mais encore faudrait-il qu'il tienne parole, maintenant où ses deux rapporteurs lui demandent de le faire.

Les difficultés financières de la France n'expliquent pas tout. La volonté politique de la France est de regarder ailleurs, vers des pays autres qu'africains au moment où à Erevan, le mois dernier, en plein Sommet de la Francophonie, Emmanuel Macron, le jeune président français, expliquait à ses homologues sa volonté de renforcer les liens qui unissent les pays francophones. Paroles paroles paroles... Un mois, seulement, après, il frappe là où ça fait mal : le portefeuille. En effet, son premier ministre, Edouard Philippe, a dévoilé, lundi, 19 novembre, un plan destiné, officiellement, à favoriser l'attractivité des universités françaises. Pour y parvenir, la France compte faciliter l'obtention des visas, offrir plus de bourses, ouvrir des campus à l'étranger,  mais aussi, augmenter les frais de scolarité. Objectif : attirer beaucoup plus d'étudiants étrangers. Mais, des étudiants de préférence non-africains, triés sur le volet issus, notamment, des pays émergents.

La Convention ACP-UE prendra fin en février 2020 et devra être immédiatement renouvelée. Pour ce faire, les deux parties viennent de se lancer dans un processus long et difficile de négociations, qui abordera tous les aspects de ce partenariat : politique, économie, commerce, industrie, services, culture, santé, éducation, agriculture, élevage, nouvelles technologies de l'information et de la communication, etc. Négociateur en chef des pays ACP, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Togo, le professeur, Robert Dussey, s'est confié à votre magazine préféré à ce sujet. Parfaitement conscient des attentes au niveau des pays ACP, le négociateur en chef et son équipe prennent leur rôle très au sérieux et annoncent qu'ils feront tout pour ne pas décevoir.

« Le chef qui fait trembler est comme une grosse pierre qui barre une piste. Les voyageurs l’évitent, la contournent, puis un jour, ils s’aperçoivent que le chemin serait moins long s’il n’y avait pas la pierre. Alors, ils viennent en grand nombre et la déplacent. La force ne crée pas un chef mais un adversaire à abattre », écrit joliment et justement le Malien Seydou Badian dans “Sous l’orage”, un des romans africains qui abordent de fort belle manière le conflit entre tradition et modernité.

La chancelière allemande, Angela Merkel, accueille, ce mardi, 30 octobre, à Berlin, 12 chefs d'Etat africains pour une nouvelle dynamique axée sur le secteur privé. Il s'agit des chefs d'Etat venant des pays suivants : Bénin, Côte d’Ivoire, Egypte, Ethiopie, Ghana, Guinée, Maroc, Rwanda, Sénégal, Tunisie, Togo et Burkina Faso. A ce jour, ces 12 pays ont adhéré à ce projet et exposé leurs aspirations et leurs programmes de réforme dans un cadre adopté par les ministres des Finances du G-20 en mars 2017. On peut, donc, dire sans risque de se tromper que ces douze pays sont ceux qui font de réels efforts de bonne gouvernance version Banque mondiale et Fonds monétaire international.

Ce n'est pas afriqueeducation.com qui le dit sinon il serait accusé d'avoir une langue fourchue. Nous reprenons juste un communiqué de la Coordination SUD parvenu, ce mercredi, 24 octobre, matin, à notre rédaction. Rappelons que la Coordination SUD rassemble 169 ONG de solidarité internationale. Ce sont, donc, des spécialistes de la pauvreté africaine, qui se plaignent du double langage du banquier de l'Elysée. Accusé de ponctionner les plus pauvres pour arrondir les fins de mois des riches, le jeune président français vient, une fois de plus, de frapper : 850 millions d'euros venant des transactions financières vont manquer, en 2019, dans le budget que la France allouera à la solidarité internationale.

Cette question ne devrait même pas être posée. Mais dans un monde qui connaît l'inversion des valeurs et des priorités, une ONG comme « Aide et Action » dont la principale spécialité est de promouvoir l'éducation dans le monde, surtout, en Afrique, en est venue à le rappeler aux dirigeants dont ce n'est plus la priorité : « L'éducation est une urgence ». L'Afrique étant la partie du monde où les besoins dans ce secteur se font le plus sentir, « Aide et Action » a choisi un pays du continent, le Togo, où ses actions ont bonne allure pour marquer sa rentrée en organisant, dans les locaux de son ambassade à Paris, une exposition, justement, intitulée « L'éducation est une urgence ».

Le président, Emmanuel Macron, traverse, actuellement, une mauvaise passe. On espère que celle-ci est passagère sinon il est fort probable qu'il ne puisse pas terminer son mandat. Certains dans l'opposition le pensent. Les réformes qui le rendent impopulaires sont celles qu'il était chargé de mettre en œuvre quand il était le ministre de l'Economie pendant le quinquennat de François Hollande. Il démissionna, avec fracas, faute de pouvoir les appliquer à cause des incessantes hésitations de l'ancien président. Aujourd'hui président de la République, lui-même, il doit faire ce qu'on lui interdisait hier de faire. Fidèle à son image, il a annoncé faire ce qu'il dit et dire ce qu'il fait. Résultat, sa popularité auprès des Français plonge.

La Russie et la Chine vont être, de plus en plus, des partenaires et non des concurrents en Afrique, où elles ont tout à gagner. Les domaines couverts par l'une, sur le continent, ne le sont pas, forcément, par l'autre. Exemple : la Chine assure les financements aux Etats africains sans rechigner et construit des infrastructures, partout, où on le lui demande. Mais, encore faudrait-il que les pays bénéficiaires vivent en paix et en sécurité, à long terme. La Russie dont le point fort se concentre dans les questions militaires et de sécurité, pourrait donner aux pays africains, cette chose qui leur fait défaut, parfois. Les choses vues sous cet angle, il est sûr que le développement des pays africains serait mieux assuré.

On se dirige droit vers la bunkerisation de l'Union européenne (UE). Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a appelé, mercredi, 12 septembre, devant le parlement européen à un renforcement significatif de l'agence européenne de garde-frontières, proposant qu'elle puisse disposer d'ici 2020 de 10.000 agents mobilisables aux confins de l'Union, contre 1.500 personnes actuellement. On ne sera pas à un garde-frontière tous les 100 mètres, mais, le renforcement de la surveillance sera telle qu'il deviendra difficile aux migrants africains de contourner ce dispositif de surveillance. Resterait, maintenant, à Juncker de trouver les fonds car le financement de cette opération n'est pas la moindre des difficultés.

Que vont-ils encore nous dire, ces présidents africains de fédération (mentalité de colonisé oblige), qui ne jurent qu'aux noms des sélectionneurs non-africains ? Ils auront, bientôt, de moins en moins d'arguments pour convaincre l'opinion africaine, décidée à nationaliser les postes de sélectionneurs de football.
En effet, les résultats obtenus, lors de la deuxième journée des éliminatoires de la CAN 2019, devraient faire revoir leur logiciel à ces présidents de fédérations africains qui continuent de penser que le succès de leur football ne se fera qu'avec des techniciens étrangers. Sans citer leurs noms, on en compte (malheureusement) au Cameroun, au Gabon, en Gambie, au Congo-Brazzaville, pour ne citer que ces pays africains. Ce sont des présidents de fédération qui ont une vision à court terme du football, laquelle arrange (certainement) leurs petites affaires du moment. Mais, bientôt, ils devront se résoudre à l'évidence et faire des choix qui s'imposent à leur football.

Il n'y a pas que du bon chez les Chinois. Comme dans toute relation humaine, le partenariat gagnant-gagnant initié par Beijing a des hauts et des bas, des couacs et des moments qui poussent à se poser des questions, même après avoir, religieusement, écouté le discours du grand camarade, Xi Jinping, à, Beijing, le 3 septembre. La réaction de son compatriote, qui dirige une entreprise au Kenya, est assimilable au comportement d'une petite brebis galeuse. De quoi s'agit-il ? Un homme d'affaires chinois a été arrêté au Kenya après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo où il compare les Kenyans et leur président, Uhuru Kenyatta, à des "singes", selon le service de l'immigration de Nairobi. On peut se poser la question de savoir, ce qui lui est passé par la tête avant de réagir ainsi.

Selon certains Africains, le christianisme n’est pas seulement coupable d’avoir prêté main forte à la colonisation dans certains pays africains. Ils pensent aussi qu’il aliène et endort les Africains au lieu de les libérer de la peur, de la misère, de l’ignorance et du néocolonialisme français responsable en grande partie des souffrances et impasses de l’Afrique francophone.

Le président, Faure Gnassingbé, du Togo a accueilli ses pairs de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) en Sommet, mardi, 31 juillet, à Lomé. Votre magazine préféré, Afrique Education, qui a assisté à cette 53e session, peut attester que ce fut un « Sommet des grandes décisions ». Le numéro 468 de septembre chez vos marchands de journaux depuis ce jeudi, 6 septembre, vous dit tout comme si vous y étiez.

La politique a ses raisons que la raison ignore : Idriss Déby Itno regretterait-il d'avoir placé son compatriote, Moussa Faki Mahamat, à la présidence de la Commission de l'Union africaine (UA) ? Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il le marque à la culotte comme s'il redoutait que ce poste ne lui donne une certaine épaisseur politique au point de représenter une alternance à la tête du Tchad dans quelques années. Mais attention au mauvais calcul dont Ali Bongo Ondimba a été victime au Gabon. Au lieu de favoriser un deuxième mandat pour Jean Ping à la présidence de la Commission de l'UA, les « émergents » gabonais avaient, plutôt, détruit la carrière de Ping au sein de cette organisation, faisant profiter au passage la transmission de témoin à la Sud-Africaine, Xhosazana Dlamini-Zuma. Résultat, le Gabon est entré, quelques mois plus tard, dans une zone de turbulence, Jean Ping qu'on disait amorphe et incapable de toute réaction, s'étant, viscéralement, rebellé au point de déstabiliser le fonctionnement de l'Etat. Alors que s'il avait eu son deuxième mandat, qui lui tendait les mains à l'UA, Ali Bongo Ondimba aurait eu une présidentielle tranquille en août 2016.