11e JEUX AFRICAINS : Sassou acceptera-t-il que tout se passe bien ?

Du 4 au 19 septembre 2015, la ville de Brazzaville va abriter les 11e Jeux Africains. Une grande fête en perspective si et seulement si la politique ne s'en mêle pas. En effet, Denis Sassou Nguesso voudrait en faire une vitrine de sa gestion, espérant que le succès engrangé lui permettrait de briguer un troisième mandat que lui interdit, normalement, la constitution. Pour leur part, l'opposition, la société civile et une bonne frange de la majorité présidentielle y compris au sein du PCT, le parti qu'il préside d'une main de fer, ne l'entendent pas de cette oreille. Voilà pourquoi on craint qu'une simple étincelle puisse faire embraser toute la ville. Les 10.000 participants aux jeux doivent savoir la vérité : Brazzaville est comparable à un baril de poudre.

La délégation congolaise à ces jeux annonce une pluie de médailles. Mais il s'agit, là, d'un couteau à double tranchant : pendant la CAN de la Guinée équatoriale, les Brazzavillois brûlaient systématiquement les édifices publics ou appartenant à certains dignitaires proches du pouvoir, même quand les Diables rouges gagnaient leur match. Un phénomène expliqué par les universitaires congolais de l'Université Marien Ngouabi par le rejet de la personne de Denis Sassou Nguesso. Ceci va-t-il se répéter ? On le craint fort. Car Sassou a atteint les sommets de l'impopularité dans son pays. Il ne se maintient à la tête du pays que par la force.

Après avoir suspendu une quinzaine de publications indépendantes, il refuse maintenant aux leaders de partis politiques de tenir les meetings dans le pays. Paulin Makaya, président de l'UPC (Unis pour le Congo), par exemple, a dû faire demi-tour, samedi dernier, alors qu'il était déjà dans les faubourgs de Madingou, après que Jean Dominique Okemba lui ait intimé l'ordre de rentrer à Brazzaville, via le préfet de la Bouenza. A l'aéroport de Maya Maya, c'est connu, ne prend pas l'avion pour venir en Europe, qui veut. Il faut, au préalable, marchander une autorisation de sortie auprès de Sassou via son ministre de l'Intérieur, Raymond Zéphyrin Mboulou. Autrement dit, la liberté d'entrer et de sortir du Congo, tout comme celle de tenir une réunion publique ou de tenir un média indépendant qui ne louange pas à longueur de journée, les mérites du « bâtisseur infatigable », n'existe pas.

Brazzaville va accueillir du monde ce mois de septembre. La question est de savoir si Sassou acceptera que tout se passe bien ?