BIENS MAL ACQUIS : Clôture de l’enquête en France sur la famille Bongo Ondimba

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Quinze ans après l’ouverture de l’instruction et la mise en examen de 24 personnes, parmi lesquelles onze enfants de la famille Bongo Ondima, mais aussi, la Banque nationale de Paris – Paribas, le Parquet national financier (PNF) va donner son avis sur un éventuel procès.

Le juge d’instruction financier chargé de l’information judiciaire ouverte à Paris en 2010 sur les «Biens mal acquis» en France de la Famille Bongo Ondimba, a signifié le 28 mars la fin des investigations. Place maintenant au procès ? Pas si sûr !

Le PNF doit, désormais, prendre ses réquisitions avant la décision finale sur un procès du magistrat instructeur. Le dossier fait l’objet de 24 mises en examen, parmi lesquelles onze enfants de la famille Bongo dont l’ancienne directrice de cabinet du patriarche, Pascaline Mferri Bongo Ondimba, qui, avant d’occuper cette fonction jusqu’au décès de son père en juin 2009, avait, auparavant, été cheffe de la diplomatie gabonaise, et plusieurs hautes fonctions encore. Nul ne peut donc dire qu’elle ne travaillait pas et que les « Biens mal acquis » qui lui sont reprochés viennent des détournements. Quant à son petit-frère, l’ancien président, Ali Bongo Ondimba, victime d’un coup d’état militaire le 30 août 2023, quelques heures avant la proclamation de sa victoire à l’élection présidentielle, il n’est nullement concerné par cette affaire. Pas plus que Sylvia. Autres mis en examen dans ce dossier plus que volumineux, la BNP Paribas, l’ex-Miss France 2000 d’origine rwandaise, Sonia Rolland, un notaire, un avocat et beaucoup d’autres personnes.

L’Etat gabonais, actuellement, présidé par le général, Brice Oligui Nguema, a obtenu d’être partie civile. La justice a évalué «à 85 millions d’euros» les biens querellés. Pour les magistrats, ceux-ci ont été acquis grâce à l’argent de la corruption et des détournements. Mais, la famille ne l’entend pas de cette oreille et se demande si ses membres passaient le temps à se tourner les pouces au lieu de travailler comme tous les Gabonais. ? Elle soutient donc que les biens abusivement saisis sont le fruit du travail des membres de la famille Bongo Ondimba. Il faut savoir faire la part des choses. Nicéphore Soglo, à l’époque président du Bénin, se demandait si son fils est interdit de travailler au Bénin, pendant son magistère, juste parce qu’il porte le nom de Soglo ? De la même manière, nul ne peut dire au Gabon que les enfants Bongo Ondimba ne travaillaient pas pour gagner leur propre argent.

Au final, 70 millions d’euros (45 milliards de F CFA) de biens ont été saisis. Si un procès s’ouvre, ce qui n’est pas certain, les sommes n’étant pas à couper le souffle, la famille Bongo dispose de solides arguments pour se défendre.

Quant à la BNP, elle aurait été mise en examen, il y a 4 ans, pour 35 millions d’euros d’argent blanchi, dit l’enquêteur. Cette situation avait rendu la BNP particulièrement frileuse quant à ses opérations ayant trait directement ou indirectement via sa clientèle pro-gabonaise. A un moment donné, elle préférait fermer les comptes des personnes concernées. Sans autre forme de procès.

Dans cette saga des « Biens mal acquis », le vice-président de la Guinée équatoriale, Teodoro Nguema Obiang Mangue, a, définitivement, été condamné en 2021. Actuellement, c’est le dossier congolais qui nourrit les choux gras de la presse avec la décision de la justice française de mettre en examen, la première dame, Antoinette Sassou-Nguesso. Le président, Denis Sassou-Nguesso, qui devait effectuer une visite officielle, en France, les 5 et 6 avril, a hurlé en mettant en cause l’esprit colonial du juge chargé de cette affaire (lire dans Afrique Education : CONGO-BRAZZAVILLE/FRANCE : Sassou-Nguesso aux abois à cause d’un juge du tribunal de Paris

article publié le 27 mars). Il menacerait de couper les relations diplomatiques entre le Congo-Brazzaville et la France. A Mpila, tout le monde retient son souffle… Début avril, au lieu de la France devenue une terre hostile pour les Nguesso, le président congolais se rendra aux Emirats arabes pour participer à un forum des investisseurs. On ne sait pas quand il viendra, finalement, à Paris, où il était, déjà, attendu fin février avant de reporter sa visite à début avril.

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