BURKINA FASO : Blaise Compaoré sous la menace d'une inculpation

Le général, Gilbert Diendéré, qui a pris la tête du coup d'état raté du 17 septembre, au Burkina Faso, a été inculpé de "crime contre l'humanité", a annoncé, vendredi, 16 octobre, à Ouagadougou, le directeur de la Justice militaire, le colonel, Sita Sangaré, qui occupe, également, les fonctions de commissaire du gouvernement du Tribunal militaire (procureur).

Le général "fait l'objet de 11 chefs d'inculpation" au total.

Selon le bilan officiel du gouvernement, 14 personnes sont mortes et 251 ont été blessées, lors du putsch et de la répression des manifestants hostiles au coup d'état.

Le général, Diendéré, ancien bras droit de l'ex-président, Blaise Compaoré, chassé par la rue, en octobre 2014, avait pris les rênes du pouvoir, le 17 septembre, au lendemain de la prise d'otage du président et du gouvernement de transition par le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), unité d'élite de l'armée et ancienne garde prétorienne de Compaoré.

Il a rendu le pouvoir au président de transition, Michel Kafando, le 23 septembre, après le constat d'échec du putsch face à une forte mobilisation populaire.

Il s'était rendu, de lui-même, à la justice, le 1er octobre, après s'être réfugié pendant deux jours chez le Nonce apostolique, à Ouagadougou.

Mercredi, 14 octobre, Amnesty international avait estimé que l'unité putschiste avait "fait preuve d'un mépris flagrant pour la vie humaine, tuant 14 manifestants et passants non armés et blessant des centaines d'autres avec des armes automatiques".

"Que des soldats ouvrent le feu sur une foule de manifestants non armés, dont des enfants, avec des armes automatiques, est un flagrant usage excessif de la force, qui constitue un crime de droit international", estime l’organisation de défense des droits de l'Homme, qui semble avoir été suivi par la justice burkinabé.

Après l'inculpation du général, Gilbert Diendéré, on lorgne, désormais, vers Abidjan où l'ancien président, Blaise Compaoré, a élu domicile. Si Compaoré peut échapper à l'inculpation dans l'affaire du coup d'état du 16 septembre, il n'en sera pas de même dans l'affaire de l'assassinat de Thomas Sankara, son alter ego.

Interrogé sur cette éventualité, le colonel, Sita Sangaré, a répondu de façon laconique : "En l'état actuel, l'ancien président, Blaise Compaoré, n'est pas l'objet de poursuites (dans le dossier Sankara) (...) il n'est pas exclu que cela puisse arriver". Cette fin de phrase hanterait les nuits sans sommeil de Blaise Compaoré, à Abidjan. Mais que peut-il y faire ?

Avec AFP