BURKINA FASO : L'ex-RSP rend ses armes et munitions devant les chefs d'état major de la CEDEAO

BURKINA FASO : L'ex-RSP rend ses armes et munitions devant les chefs d'état major de la CEDEAO

En lieu et place de Michel Kafando, président de la transition, le premier ministre, Yacouba Isaac Zida, a présidé, ce mardi matin, 6 octobre, la cérémonie de fin de désarmement de l'ex-RSP. Celle-ci a eu lieu, à Ouagadougou, en présence des délégations et des chefs d'état major de la CEDEAO.

De son côté, la justice poursuit ses enquêtes pour voir qui a trempé dans le putsch du 16 septembre tandis que les membres du RSP regagnent, progressivement, leurs nouvelles affectations, dans les quatre coins du pays.

Tout est bien qui finit bien. La justice va passer au Burkina Faso où on peut dire, sans risque de se tromper, que ce n'est plus de sitôt qu'un militaire s'élèvera pour prendre le pouvoir par un coup d'état miliaire.

Voici l'allocution prononcée, ce mardi, 6 octobre, par le premier ministre, Isaac Zida :

« Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ;

Messieurs les membres du corps diplomatique et des organisations internationales, interafricaines et sous régionales ;

Monsieur Jean Baptiste OUEDRAOGO, Ancien Chef d’Etat ;

Messieurs les Chefs d’Etats-Majors de la CEDEAO ;

Monsieur le Chef d’Etat-Major Général des Armées ;

Autorités religieuses et coutumières ;

Honorables invités ;

Vaillante population du Burkina Faso ;

La crise que nous venons de vivre, a malheureusement entraîné des morts et des blessés. Tout en souhaitant prompt rétablissement aux blessés, je présente les condoléances de la nation entière aux familles éplorées. Et je vous invite à observer une minute de silence, à la mémoire des victimes.

Je vous remercie.

Chers invités,

Je voudrais, au nom de son Excellence Monsieur Michel KAFANDO, Président du Faso, Chef Suprême des Armées, Ministre de la Défense Nationale et des Anciens Combattants, souhaiter la chaleureuse bienvenue au Burkina Faso, à tous ceux qui sont venus des pays frères, pour prendre part à cette cérémonie marquant la fin du désarmement de l’ex Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP).

Je salue particulièrement la présence parmi nous, des Chefs d’Etats-Majors de la CEDEAO et les membres de leurs délégations, venus constater avec nous, la fin du désarmement de l’ex R S P. A vous tous honorables et distingués invités, ayant répondu à notre invitation ce matin, j’exprime ma profonde reconnaissance. Par votre présence à cette cérémonie, vous témoignez de la plus belle manière, votre solidarité et votre amitié envers le Burkina Faso, dont les populations ont été éprouvées par le coup de force perpétré le mercredi 16 septembre 2015 par les militaires du RSP avec à leur tête le Général Gilbert DIENDERE. Ce coup de force, dont les conséquences ont été tragiques, aurait pu entrainer notre pays dans une crise bien plus grave, n’en été l’aide de Dieu.

Distingués invités,

Depuis sa création, le Régiment de Sécurité Présidentielle a été utilisé par le régime du président Compaoré pour freiner les aspirations légitimes du peuple burkinabé à une vie démocratique réelle. Au lieu de contribuer à la protection des populations, ce corps était devenu une menace permanente contre la marche radieuse du peuple burkinabè et un instrument pour imposer la volonté d’un groupuscule qui, incapable d’apprendre les leçons de l’histoire de notre peuple, se condamne ainsi à répéter les erreurs d’un passé à jamais révolu dans la conscience collective des Burkinabè. Cette opposition aux aspirations du peuple burkinabè s’est poursuivie après l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, avec l’intrusion à plusieurs reprises des militaires de l’ex RSP dans la vie politique du Burkina, contribuant ainsi à ébranler les fondements de la Transition. Le coup d’état du 17 septembre 2015 n’était donc que le couronnement d’un plan savamment préparé par le Général DIENDERE Gilbert et dont l’objectif était de mettre fin à la Transition et d’installer un régime de terreur. Les chiffres officiels de 14 morts et de 251 blessés enregistrés en si peu de temps en sont une preuve. Mais, c’était sans compter avec notre vaillant peuple, qui, à l’unisson a dit non à ce projet funeste. Encouragées en cela par les réactions vigoureuses de la communauté internationale, toutes les forces vives de la nation ont opposé une résistance farouche, qui a vite fait comprendre aux putschistes que leur entreprise était vouée à l’échec.

Au nom du Président du Faso, Ministre de la Défense Nationale et des Anciens Combattants, je tiens à féliciter le peuple burkinabè dans son ensemble, dont le comportement exemplaire a permis de mettre rapidement fin à ce coup de force.

Je salue l’esprit patriotique et la bravoure de nos soldats et la stratégie adoptée par la hiérarchie militaire, qui ont permis aux soldats loyalistes de triompher sans faire de victimes.

Enfin, j’exprime la gratitude du peuple burkinabè à la Communauté internationale, à l’Union Africaine et à la CEDEAO, qui ont unanimement condamné le coup de force contre la Transition, et se sont mobilisés, aux côtés du peuple burkinabè.

Honorables invités,

Dans la recherche de solutions à la grave crise née du coup d’état du 16 septembre 2015, les Chefs d’Etat de la CEDEAO ont tenu un sommet extraordinaire le 22 septembre 2015 au cours duquel, ils ont décidé entre autres du désarmement de l’ex Régiment de Sécurité Présidentielle. Sur le terrain, comme l’a souligné le Président de la commission technique, la mise en œuvre de cette décision a rencontré des difficultés que nous avons tenté de résoudre en interne, en faisant appel à la médiation de toutes les bonnes volontés. Face au refus de désarmer de l’ex Régiment de Sécurité Présidentielle et à son intransigeance, nous n’avons eu d’autre choix que d’autoriser l’intervention des forces loyalistes, afin de prendre possession des armes.

La présente cérémonie à laquelle nous assistons, a donc pour but de marquer la fin du désarmement de l’ex-Régiment de Sécurité Présidentielle et de faire constater son effectivité à la délégation de la CEDEAO et aux Chefs d’Etats-Majors des pays membres. A la suite de cette cérémonie, l’occasion vous sera donnée de voir un échantillon de l’armement et des matériels récupérés.

Actuellement, les militaires de l’ex Régiment de Sécurité Présidentielle ont été affectés dans d’autres garnisons et la grande majorité d’entre eux a déjà rejoint leurs corps. Leur intégration a donc commencé et des instructions ont été données à toutes les unités qui reçoivent les militaires de l’ex-RSP, pour les accueillir en toute fraternité.

Sur le plan judiciaire, pour permettre d’agir dans la transparence, le Gouvernement a mis en place une commission d’enquête au niveau interne pour faire toute la lumière sur les évènements. Ceux qui ont planifié et exécuté ce coup d’état, répondront de leurs actes devant la justice.

Ainsi donc se tourne une page douloureuse de notre histoire, dont les enseignements seront tirés par tous, afin d’éviter à notre peuple de telles tragédies à l’avenir.

Messieurs les membres du Gouvernements,

Honorables invités ;

Avant de clore mon propos, je voudrais une fois de plus, au nom de son Excellence Monsieur Michel KAFANDO, Président de la Transition, Président du Faso, Chef suprême des Armées, Ministre de la Défense Nationale et des Anciens Combattants, réitérer mes remerciements, aux Chefs d’Etats de la CEDEAO, au Représentant du Secrétaire Général des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest, à la Commission de l’Union Africaine et à la communauté internationale, aux partenaires et amis du Burkina Faso pour le soutien et l’accompagnement sur le chemin du retour à la paix.

La nation burkinabè toute entière vous est reconnaissante.

Vive le Burkina Faso ;

Vive la solidarité régionale ;

Vive la coopération internationale ;

Que Dieu bénisse le Burkina Faso !

Je vous remercie ».