CONGO-BRAZZAVILLE : Anicet Poaty-Amar, même pas peur de Sassou

CONGO-BRAZZAVILLE : Anicet Poaty-Amar, même pas peur de Sassou

Compagnon de route d'André Okombi Salissa, Anicet Poaty-Amar, resté à l'étranger, au Canada, après le retour, à Brazzaville, de ce dernier, en juin 2014, a décidé, à son tour, de rejoindre le front, au Congo même. Il apportera aux partisans qui refusent le pouvoir à vie de Sassou, sa fougue et son intelligence.

Poaty a embarqué ce jeudi, 8 octobre, à Montréal-Mirabel. Destination : Aéroport de Brazzaville Maya Maya. Mais auparavant, il a tenu à adresser un long message à ses compatriotes que nous publions, dans son intégralité.

Anicet POATY-AMAR                                                                                                                                                             Lettres aux Congolaises et Congolais

Montréal, Québec, le 6 octobre 2015

Mes Chers compatriotes,

Le 05 octobre 2015, Denis Sassou Nguesso a convoqué le peuple congolais par décret à participer au simulacre de référendum qu'il entend organiser le 25 octobre 2015. cette nouvelle m'a résolu à quitter le Canada pour rentrer au Congo.

Les canadiens ont la démocratie et la paix dans leur pays, ils y sont heureux. Dans les heures graves que notre pays traverse, ma place ne peut pas être dans le confort de cette Suisse d'Amérique. Ma place est parmi vous, parmi ceux qui vont faire le don d'eux-mêmes à la Nation. La lutte, surtout quand elle est fratricide, ne peut pas aller de soi. Mais il est des circonstances dans lesquelles l'on n'a pas de choix.

Le régime de M'pila aurait donné le moindre signe d'amélioration, cela eût pu être une circonstance atténuante pour que l'on regarde ailleurs. Mais, de 1997 à ce jour, il n'a fait qu'empirer. Chacun de nous connaît tous les détails de ce régime qui a échoué partout, alors que jamais le pays n'avait auparavant eu autant de moyens d'action, et jamais un président n'avait accumulé autant de pouvoirs pendant aussi longtemps, au point d'être plus puissant que la reine d'Angleterre.

Monsieur Sassou Nguesso a tout eu pour réussir. Il a échoué partout, annonçant chacun de ses échecs comme la plus grande réussite. La propagande fait ce que les réalisations n'atteignent pas. Le coût de la vie a explosé au Congo. Aucun ménage n'est à l'abri. Quelle famille qui n'est pas liée au pouvoir peut dire que son quotidien n'est pas difficile ?

Nos voisins du Cameroun ne connaissent pas cette situation. Ils dépensent cinq fois moins que les congolais pour se nourrir au quotidien.

En Guinée équatoriale, où les revenus du pétrole ont élevé le niveau général de vie, les terrains non bâtis du centre ville ne coûtent pas plusieurs centaines de millions comme à Brazzaville. Le moindre bâtiment à Brazzaville coûte aujourd'hui au moins un milliard. Aucun salaire, en dehors de ceux des membres du gouvernement, ne permet de devenir propriétaire d'un lopin de terre dans la périphérie de la capitale, a fortiori au centre.

C'est la première fois au Congo, que des générations ont atteint la cinquantaine ou vont bientôt l'atteindre en vivant chez leurs parents. C'est la première fois que des personnes d'une génération sont presque sûres de finir leurs vies dans les maisons qui les ont vus naître et grandir. Ils y vivent parfois avec leurs enfants. C'est aussi la première fois que des milliers de congolais sont locataires à la fin de leurs vies. Certains congolais de l'étranger ne peuvent pas rentrer parce qu'ils ne peuvent retourner dans leurs familles, tandis que d'autres dont les séjours en dehors du pays se prolongent s'apprêtent à s'installer dans la même situation. Ces nombreux congolais, qui ont souvent des souvenirs douloureux de leur pays, n'y ont plus d'avenir; ils n'y ont plus aucune espérance, alors qu'on leur avait promis il fut un temps une nouvelle espérance. On en voit des masses aujourd'hui en exil volontaire ou involontaire comme jamais auparavant. Ils errent sur toute la planète parce que leur pays est occupé.

Les jeunes vont étudier dans tous les pays d'Afrique, pendant que les nationaux des pays qui les accueillent vont étudier en dehors du continent. Qui l'aurait cru du temps de Massamba Débat, du temps de Marien Ngouabi ?

Aucun métier, aucune profession ne met personne à l'abri. Les avocats, les médecins, les architectes et les pharmaciens congolais souffrent. Si le quotidien de ceux-là qui ont tout donné pour avoir un statut est difficile, imagine t-on celui de ceux qui font les autres métiers, ou de ceux qui n'ont pas de qualification ?

Mêmes ceux qui protègent le régime souffrent. Le quotidien de tous ces jeunes qu'on a armés contre le peuple n'est pas meilleur que celui de tous les autres. Eux aussi sont certains de finir leurs vies sans maison, avec des pensions de misère, et sans aucune perspective pour leurs enfants. Toutes ces souffrances d'un peuple tout entier font que je ne pouvais pas rester dans la douceur de l'automne du pôle nord, alors que nous avons une chance unique de nous libérer dans un élan continental et mondial. C'est mon devoir de rentrer au Congo.

En 2002, j'avais recueilli un jeune garçon de quinze ans qui faisait la manche devant une pâtisserie à Pointe-Noire. Son histoire était un crève-cœur. Fuyant la guerre dans les rues de Brazzaville en 1997 à ses dix ans, il avait suivi des adultes qui s'étaient précipités dans un train qui partait à Pointe-Noire. Il avait débarqué dans cette ville sans y connaître personne, et y avait survécu dans la rue pendant cinq ans... M'ayant assuré qu'il pouvait retrouver son adresse à Brazzaville, je l'avais hébergé cette nuit et ramené à ses parents le lendemain. Tout le monde l'avait cru mort pendant toutes ces années. Un peu moins d'un an plus tard, je l'ai retrouvé presque au même endroit vendant des disques. Il m'expliqua qu'après tant années de liberté, il ne supportait plus de dépendre de ses parents au quotidien comme un enfant, et cela lui était devenu difficile de vivre sous l'autorité d'un adulte. Il vivait dans un foyer pour adolescents en détresse, où on le laissait vaquer à ses activités. Le souvenir de cette vie gâchée ne me quitte jamais. Ma désapprobation de la bêtise politicienne reste intacte à cet égard, surtout que je n'ai jamais trouvé de réponse quand je me demande combien d'enfants sont dans cette situation ? Combien d'entre eux n'ont jamais été recueillis ? Est-ce que tout ce que notre pays peut offrir à ses enfants ?

Ma décision de rentrer s'inscrit dans la continuité de celle de certains aînés qui sont sur le terrain. Le premier d'entre eux, André Okombi Salissa. Personnalité complexe du genre dont la politique a le secret, il s'en est remis à l'histoire pour qu'elle le juge sur pièces comme elle sait le faire pour ceux qui épousent les grandes causes. Lui reconnaître d'avoir redynamisé le combat pour le respect de l'ordre constitutionnel n'est que justice. Il a eu la force et le courage d'assumer ses convictions contre sa famille politique. Il a quitté le gouvernement et refusé de céder aux promesses et aux menaces de toutes sortes.

Fait rarissime, il a tendu la main à l'opposition au nom de la nécessité d'une alternance démocratique et pacifique.

Guy Parfait Kolelas, fils du plus grand athlète national de la résistance à l'oppression, a été fidèle à ses gênes. Il a tenu et tient encore comme un bastion. Avec Claudine Munari, ils ont rejoint la courte liste de ces congolais, qui comme la doyenne Aimée Mambou Gnali, ont mené la résistance à l'intérieur même du gouvernement.

Mavoungou Tchizinga Mabio a été exemplaire dans son combat au sein d'un parti dont la direction trahit la mémoire du fondateur.

Chacun à leur façon, les doyens Mathias Nzon, Tsaty Mabiala, Clément Mierrassa et Guy Romain Kinfoussia, ont fait vivre l'opposition congolaise dans des conditions où il n'y avait plus aucun espoir. Ils ont individuellement et collectivement sauvé la démocratie. C'est tous ces aînés que tous les jeunes doivent rejoindre sur le terrain. Un arbre du mal a été planté dans notre pays. Il grandit. Si nous ne le déracinons pas cette fois, il sera trop tard. Lisez le projet de constitution, vous comprendrez que notre peuple est comme quelqu'un que l'on emmène à la pendaison.

Depuis 1969, Monsieur Sassou Nguesso fait au Congo tout ce qu'il veut. cela ne peut pas continuer ainsi. Son projet est de nous soumettre comme le colon ne l'avait pas fait. Il ne lui reste plus qu'à nous mettre des chaînes et à nous vendre s'il trouvait preneur. Dans quel pays a t-on vu des personnes aussi soumises, qui accepteraient même l'esclavage, bien qu'on ne nous n'ayons pas des chaînes visibles ?

Parce que nous l'avons laissé faire jusqu'à présent, Denis Sassou Nguesso viole toutes les lois, toutes les règles. Son projet de constitution n'est rien d'autre qu'un titre de propriété qu'il s'arroge sur le Congo. Ses héritiers au trône nous parleront de cette constitution comme de leur licence universelle sur le pays. Où a t-on vu pareille injure faite à un peuple ? Comment peut-on l'accepter à notre époque ? Que dirons-nous à nos enfants, que nous n'étions pas là quand cela se faisait ? Que nous nous étions couchés ? Je refuse qu'il en soit ainsi. C'est pourquoi je vais parcourir plus de vingt mille kilomètres du Canada au Congo pour aller résister.

Certains trouvent que c'est trop loin que de sortir de leur maison pour dire Non. D'autres à l'étranger trouvent que c'est trop loin d'aller jusqu'à l'Ambassade dans le pays où ils sont. Quel prix êtes vous donc prêts à payer pour défendre le seul pays que vous avez au monde ? Nous n'avons qu'un seul Congo, c'est celui-là que nous avons abandonné à Monsieur Sassou Nguesso. Il a fini par croire qu'on lui en a fait don. Si nous ne sauvons pas notre Congo, il n'y aura pas un pays de remplacement. S'il devient la propriété d'une famille, nous serons des apatrides. Ceux qui seront à l'étranger seront éternellement des étrangers. Ceux qui seront au Congo seront des objets de droit, au lieu d'être des sujets de droit. Ce Congo, c'est celui de nos aïeux. C'est celui d'André Grénard Matsoua, et Mabiala Manganga, qui le défendirent avec leurs moyens face aux colons. Fulbert Youlou, Jacques Opangault, Jean Félix Tchikaya, Stéphane Tchitchelle, n'ont pas accepté l'indépendance pour que nous repartions sous une colonisation intérieure, celle des congolais par d'autres congolais.

A la Conférence nationale souveraine, nous avions dit Non à la violence en politique. Il n'existe aucun problème dans notre pays que nous ne pouvons pas résoudre par la bonne volonté, la force de l'intelligence et de l'imagination. Offrir une place à chacun de nous ne peut pas se résoudre par la violence, sinon par la concertation, des ajustements, la tolérance et la patience.

Monsieur Sassou Nguesso veut résoudre tous les problèmes par la violence, même les plus simples. Il a rétabli une culture de la violence et la brutalité dans l'agir de l'Etat et en politique. A tel point qu'autour de lui, certains commencent à oublier qu'ils sont capables de réfléchir et de proposer. La peur ne peut pas nous faire accepter que la violence reprenne droit de cité dans les rapports que nous devons entretenir les uns avec les autres. La violence n'a jamais d'avenir. Elle enferme son auteur dans le cercle vicieux d'une escalade dont il finit par être la victime. Elle détruit toujours, et ne construit jamais. C'est pourquoi il faut la bannir de la société.

Levons-nous pour dire à Sassou Nguesso que le règne de la violence est fini. Nous n'en voulons pas. Autant pour sa propre sécurité que pour toutes les autres raisons, il a eu la possibilité de se choisir un dauphin, de le former et de lui confier les dites missions en plus de servir la nation. Mais il n'a trouvé que lui pour se succéder à lui-même. De surcroît, par la violence qu'il organise. Nous n'en voulons pas.

Sassou Nguesso a droit à la paix, au bonheur, et à la sécurité. Chacun de nous a droit à la paix, au bonheur, et à la sécurité. Nous avons le devoir de le respecter en tant que personne. Il a le devoir de nous respecter en tant que personnes. Il n'aura pas plus de droits ou de devoirs que chacun d'entre nous. parce qu'il est universellement reconnu comme juste, que chacun reçoive en bien ou en mal ce qu'il mérite. Et il est universellement reconnu comme injuste, que chacun reçoive en bien ou en mal ce qu'il ne mérite pas.

Denis Sassou Nguesso n'est qu'un homme, comme nous. Nous avons tous été dotés par le créateur de cette puissance qui s'appelle "la volonté". Cette puissance de vouloir ou ne pas vouloir, se manifeste par la décision. Le pouvoir de décision de Denis sassou Nguesso n'est pas plus grand que celui de chacun de nous. Il a décidé d'aller au bout de son entreprise de malfaisance.

Les aînés déjà cités, André Okombi Salissa, Mathias Nzon, Guy Parfait Kolelas, Clément Mierassa, Aimée Mambou Gnali, Claudine Munari, Mavoungou Tchizinga Mabio et Guy Romain Kinfoussia, parmi tant d'autres, ont décidé de résister. Sur leurs pas, j'ai décidé de rentrer et de lutter à leurs côtés. C'est des actes de volonté. Chacun peut décider de résister à sa façon. C'est une évidence qu'il n'y a pas de petits gestes quand nous sommes nombreux à les faire. Ne sous-estimez pas votre capacité d'agir. Prenez la décision, et agissez pour en juger au résultat.

Denis Sassou Nguesso est une seule personne. Nous sommes plus de quatre millions de Congolais. Quel que soit son courage ou sa détermination, il ne peut pas venir à bout de quatre millions de personnes dressées comme un seul homme. Cela ne s'est jamais vu. La peur est notre pire ennemi. Elle annihile notre volonté, nous paralyse, et renforce notre adversaire.

Si nous surmontons notre peur, rétablir un régime démocratique au Congo ne sera pas le plus difficile à faire. Les tyrans ont peur de ceux qui n'ont pas peur. Parce que la tyrannie prospère sur la peur.

N'ayons pas peur !

Il n'est pas normal d'avoir peur dans son propre pays. Tous les peuples du monde se sont battus pour ne plus avoir peur. Ce n'est pas une vie que d'avoir la peur au ventre.

Denis Sassou Nguesso a instauré la peur chronique comme l'état normal du congolais. Si vous avez peur dans votre propre pays, où est ce que vous n'aurez pas peur ? Est-ce normal d'être libre ailleurs, et d'avoir peur chez soi ? Où a t-on vu cela, des gens qui ont peur partout, même dans leurs propres maisons ? La peur doit être chassée de nos maisons. Elle doit être chassée du Congo.

N'ayons pas peur !

Je voudrais m'adresser aux femmes et aux hommes de droit. Je voudrais leur parler de justice. Jai dit à mes enfants, dont l'aîné aura bientôt dix ans, que je rentrais dans notre pays pour me battre pour la justice. Il comprennent ce que le mot justice veut dire. Même dans les jeux, tous les enfants trouvent injuste qu’un seul d'entre eux s’impose a tous les autres. Ils comprennent que ce soit injuste pour les adultes que la volonté d’un homme soit une loi pour tous les autres. Même les enfants comprennent cela. De nombreuses personnes ne comprennent pas que certaines autres fassent plusieurs années d’études de Droit, sans qu’elles ne se sentent concernées lorsqu’une injustice est commise. Comment peut-on être passionné du Droit, sans avoir l’amour de la justice ? Comment peut-on enseigner le Droit aux étudiants dans les facultés, sans leur enseigner à le défendre, sans leur enseigner que la résistance à l’oppression et à la tyrannie est un droit naturel, que la souveraineté ne demande pas de permission ? Où sont les professeurs de Droit, pourquoi ne protestent-ils pas ? Ne se sentent-ils pas concernés ?

Professeurs de Droit, faites entendre votre voix !

Où sont les avocats, les notaires, les huissiers de justice, Où sont-ils ? Ne voient-ils pas qu’on marche sur la loi, ne voient-ils pas que notre chère dame justice est bafouée dans sa dignité ? Que faut-il faire pour que tous ceux qui connaissent la loi, qui ont prêté serment de la respecter, que faut-il pour qu’ils fassent comme au Burkina Faso, ou leurs homologues avaient refusé de reprendre du service tant que le régime de transition ne serait pas rétabli ?

A eux seuls, toutes ces femmes et hommes de droits, peuvent arrêter ce simulacre s'ils le décident. Honorez les justiciables qui viennent vous verser des honoraires. Rendez service à la nation. Organisez-vous et faites une déclaration ! Agissez ! Que direz-vous à vos enfants, que vous n'étiez pas là quand cela se passait ?

Les magistrats, où sont-ils ? Quand allez-vous dire le droit ? Quand il sera trop tard ? Vous êtes un des trois pouvoirs constitués. Vous avez la mission sacrée d’arrêter les deux autres pouvoirs lorsque l'un des deux ou les deux dérivent ensemble. Voici pour vous l’occasion rêvée de vous affirmer enfin comme pouvoir. Affranchissez-vous de cette tutelle qui vous infantilise. Parlez au pays ! Le pays vous écoute.

Honorables greffiers de notre pays, secrétaires des procureurs, cet appel est aussi pour vous. Vous êtes le maillon sans lequel la justice ne peut fonctionner. Prenez vos responsabilités ! Affirmez votre corps devant la nation ! Exigez que la violence planifiée cesse, que l'ordre et la loi soient respectés !

N'ayez pas peur !

A vous mes Chers compatriotes, si toutes les victimes depuis 1997 ne vous suffisent pas, combien en faut-il pour que vous puissiez réagir ?

Si les disparus du Beach ne vous suffisent pas, eût-il fallu que vous ayez disparu vous-mêmes pour comprendre la gravité de cela, pour vous réveiller ? Combien de victimes fallait-il le 4 mars 2012 pour que nous disions que cela doit cesser. Quelle souffrance faut-il vous infliger pour que vous disiez que ceci doit cesser. Ne souffrez donc vous pas assez ? Combien de générations doivent être sacrifiées avant que nous n'apprenions à aimer notre pays ?

Avez-vous vu la détermination des Burkinabè ? La grande armée des chômeurs du Congo doit se lever comme un seul homme. Sans peur. Tous les jeunes congolais doivent se lever partout comme un seul homme. Sans peur. Toutes les femmes congolaises doivent aller à la rencontre de la liberté. Femmes congolaises, vous enfantez les hommes libres. C'est vous qui donnez la liberté. Un homme ne peut pas prendre ce que par vous, Dieu a donné. Levez-vous ! Femme congolaise, lève-toi pour le bonheur de l'enfant que tu as mis au monde. Exige de ton mari qui porte une arme, qu'il n'aille pas travailler ce jour là, parce qu'il n'est pas un assassin. Il n'est pas un esclave. Il a une conscience.

Nos aînés donneront le mot d'ordre le moment venu. Nous devrons tous être debout. N'est-ce pas que notre hymne national commence par "en ce jour le soleil se lève" ? Nous nous lèverons ce jour là avec le soleil.

N'ayons pas peur !

J'arriverai à Brazzaville le vendredi, 9 octobre 2015, en tant que citoyen congolais. J'irai rejoindre les aînés qui sont debout pour une alternance pacifique. J'irai rejoindre un peuple qui n'a plus peur. J'irai me joindre à des hommes et des femmes, des jeunes qui sont en colère, qui veulent que les souffrances s'arrêtent, qui veulent que la vie soit moins difficile, comme ailleurs. Je viens me joindre à vous dans l'amour et la paix, pour la Nation, la liberté, la démocratie, et la République. Pour bâtir ensemble un Congo uni, un Congo sans apartheid ethnique, un Congo dans lequel chaque Congolaise et chaque Congolais aura sa place, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs que les autres.

N'ayons pas peur.

Signé Anicet Poaty-Amar