CONGO-BRAZZAVILLE : Le réalisme gagne le clan présidentiel

CONGO-BRAZZAVILLE : Le réalisme gagne le clan présidentiel

Le navire qui vogue sur les eaux (mystiques) de l'Alima perd du monde. Assurément. Les partisans du jusqu'au boutisme en prennent conscience. Eux qui perdent des alliés jour après jour. Le président, Denis Sassou Nguesso, lui-même, serait-il atteint par la fièvre ambiante ? Après avoir constitué un gouvernement, le 10 août, dit resserré, composé de ministres fidèles supposés soutenir son initiative de changement de la constitution, il serait, à nouveau, tenté d'affiner encore plus celle-ci, après avoir constaté que tout le monde, en réalité, n'est pas avec lui. Cela dit, il ne devrait pas se borner à refaire le gouvernement car la majorité des députés et des sénateurs du parlement, le soutiennent, maintenant, en pointillés. Au sein du PCT, même, il ne peut, réellement, plus compter, comme avant, sur l'écrasante majorité du Bureau politique et du comité central. Bref, c'est le bateau qui prend l'eau de toutes parts.

Comment reprendre l'initiative ? Sassou réfléchirait à cette question nuit et jour. Sans trouver de solution. Il est cependant convaincu d'une chose : la constitution d'un autre (nouveau) gouvernement, aujourd'hui, ferait désordre, après celui du mois dernier. Pour cela, le dictateur attendra la fin des jeux de Brazzaville, mieux, son retour de l'Assemblée Générale des Nations-Unies, pour décider. D'ici là, il a encore le temps d'observer.

Sassou est convaincu que plus grand monde (qui compte) n'est avec lui. Il décèlerait beaucoup de suivistes et de peureux qui, au moindre coup de feu, prendraient la poudre d'escampette pour se retrouver, qui à Kinshasa, qui au Gabon, qui au Cameroun, ou dans des chancelleries occidentales.

C'est dans ce climat malsain et suspicieux que, beaucoup, dans son entourage, commencent à faire profil bas pour ne pas TOUT perdre. Car en affrontant le monde entier avec la certitude que le rapport de force leur est défavorable, ils risquent de ne plus bénéficier d'aucune circonstance atténuante le moment venu.

On ne citera, évidemment, pas de noms. Les uns et les autres se reconnaîtront. Mais c'est un sujet d'actualité qui nous intéressera dans les semaines à venir.