CONGO-BRAZZAVILLE : Les opposants dénoncent le « coup d'état constitutionnel » de Sassou dans leur ambassade à Paris

CONGO-BRAZZAVILLE : Les opposants dénoncent le « coup d'état constitutionnel » de Sassou dans  leur ambassade à Paris

C'est à cause de Sassou que ses compatriotes opposants se sont introduits dans les locaux de l'ambassade du Congo, à Paris, ce jeudi, 15 octobre. Ils sont contre le pouvoir à vie de leur président. Ils sont des opposants (rien que des opposants) qui crient haut et fort leur ras-le-bol contre un régime prédateur qui ruine le pays depuis des décennies.

Sassou qui en est le géniteur gère le Congo depuis près de 32 ans (une première fois de février 1979 à août 1992 et depuis octobre 1997). Sachant qu'il ne contente nullement son peuple (malgré le pétrole qui coule à flots depuis des lustres, Brazzaville n'a ni électricité 24h/24, ni eau dans les robinets : les baignoires sont considérées comme des pièces de musée), il a lancé le processus de modification de la constitution à travers un référendum fixé dimanche 25 octobre. Le peuple lui dit Non ! Ca suffit !

Il n'y a jamais eu de transparence électorale au Congo. S'il y a vote, Sassou gagne son référendum avec un score à la soviétique. C'est pour cela que l'opposition, au Congo, a annoncé, la semaine dernière, qu'il n' « n'y aura pas de vote référendaire », qu'elle va tout faire pour l'empêcher.

Depuis quelques jours, en effet, ses leaders politiques sillonnent le pays, organisent des meetings anti-référendum sur l'ensemble du territoire. Il y en a eu à Brazzaville, Djamballa et Nkayi. Aujourd'hui, jeudi, 15 octobre, il y en aura à Sibiti, localité du Sud du Congo. Samedi, 17 octobre, ce sera Pointe Noire, la cité pétrolière, poumon économique du pays, qui accueillera le grand meeting IDC-FROCAD, et le dimanche, 18 octobre, ce sera au tour de Dolisie, la ville de l'ancien président, Pascal Lissouba, démocratiquement élu, en 1992, à qui l'actuel président fut un coup d'état militaire, en octobre 1997, pour s'emparer du pouvoir par la force. Depuis ce mauvais jour du 25 octobre 1997, Sassou est accroché au pouvoir.

La constitution qu'il a faite en 2002 lui interdit de se représenter en 2016, après avoir effectué 2 mandats de 7 ans. Il refuse de se soumettre à la loi de son pays. Cette loi qu'il avait faite lui-même en 2002. C'est la raison pour laquelle il a choisi de la changer en établissant une autre constitution taillée à sa mesure. Le peuple congolais lui dit Non.

En France, les Congolais de la diaspora lui disent Non également. Il en est de même dans plusieurs autres pays.

Il est très probable que les Congolais qui se sont introduits dans leur ambassade, à Paris, ce matin, soient des opposants purs et durs (sans plus) qui ont voulu se faire entendre, à leur manière.

Les forces de l'ordre françaises ont procédé, ce jeudi, 15 octobre, à "une vingtaine d'interpellations suite à des dégradations dans l'ambassade du Congo-Brazzaville".

Les forces de police sont intervenues "sur réquisition écrite de l'ambassadeur" (voir notre photo montrant l'ambassadeur Henri Lopès lors d'une cérémonie protocolaire début 2015 à l'ambassade, autour de son personnel).

Rappelons que Denis Sassou Nguesso se vante d'être un « grand ami de la France ».