CONGO-BRAZZAVILLE : Meetings à Paris et à Brazzaville pour dénoncer le « coup d'état constitutionnel » de Sassou

CONGO-BRAZZAVILLE : Meetings à Paris et à Brazzaville pour dénoncer le « coup d'état constitutionnel » de Sassou

Le feu que le président, Denis Sassou Nguesso, est en train d'allumer au Congo va, incontestablement, prendre. Après avoir annoncé la tenue d'un référendum pour avaliser le changement de la constitution, qui lui permettra de briguer un 3e mandat, en juillet 2016, après 32 ans passés, déjà, au pouvoir, l'opposition ne se fait plus prier pour « accepter » la guerre que le dictateur vient de lui déclarer.

Porteuse d'un message du président, Barack Obama, l'ambassadrice des Etats-Unis au Congo, Stephanie S. Sullivan, avait fait comprendre, le 9 août 2015, à Sassou que Barack Obama lui demandait de ne pas piétiner la constitution en se présentant à la présidentielle de 2016. Car le Congo, ajoutait Obama, risque de connaître une situation chaotique pire que celle que vit aujourd'hui le Centrafrique. En mettant l'indépendance et la souveraineté de son pays en avant, dans son message à la nation du 22 septembre, Sassou, comme Blaise Compaoré, le 5 août 2014, en marge du Sommet Etats-Unis/Afrique, à Washington, a opposé une fin de non recevoir (catégorique) à cette évidence démocratique du président des Etats-Unis. Sassou est, donc, fin prêt, pour affronter, ceux qui demandent son départ du pouvoir, même au péril du Congo tout entier. Les Congolais lui ont toujours signifié que le référendum était la ligne rouge à ne jamais franchir. Mais dictateur non éclairé, il vient de la franchir allègrement. On peut donc craindre le pire pour le Congo.

Deux meetings, coup sur coup, vont être organisés, ce week-end, par les Congolais. Objectif : dire NON au « coup d'état constitutionnel » de Sassou, qui lui permet de mourir au pouvoir. A Paris, samedi, 26 septembre, en partenariat avec le FROCAD, l'IDC, et les associations politiques de la société civile, les Congolais, les Africains et tous les amis non-africains du Congo, sont, cordialement, invités à un grand moment de démocratie participative. La modération de celui-ci sera assurée par Gertrude Malalou Koumba et Sadio Kanté Morel, que Sassou avait fait expulser du Congo, l'année dernière, presqu'au même moment qu'Elie Smith. Et pour cause : Sassou n'aime les journalistes que quand ils chantent ses louanges en tant que « bâtisseur infatigable ». Mais dès lors qu'ils disent qu'il a plein de sang de Congolais sur les mains, ils deviennent ses ennemis jurés.

Le meeting de Paris aura lieu à l'Hôtel Holiday Inn 2, rue du 8 mai 1945 (Métro : Porte de Clichy, Bus 138, 54 et 74). « Barrons la route au putschiste multirécidiviste Sassou Nguesso », crie à haute voix, Laurent Dzaba, coordonnateur des Forces du changement et du progrès social (FCPS) et organisateur de ce grand meeting.

Le lendemain, dimanche, 27 septembre, à Brazzaville, aura lieu un autre mega-meeting IDC-FROCAD, à 14 heures, au Boulevard Alfred Raoul (Bd des Armées). Les organisateurs demandent à la population de venir très nombreuse soutenir l'opposition, la société civile et le peuple. Après le Burkina Faso, le vent de la démocratie doit, aussi, souffler sur le Congo-Brazzaville.