CONGO-BRAZZAVILLE : Sassou a choisi la date du 25 octobre pour la tenue de son référendum

CONGO-BRAZZAVILLE : Sassou a choisi la date du 25 octobre pour la tenue de son référendum

Ca ne fait pas bien d'être dans la peau du président du Congo, Denis Sassou Nguesso. Après avoir organisé la rencontre de Sibiti entre les partisans du Oui au référendum en vue du changement de la constitution, on lui demande d'être logique avec lui-même, en proposant la date de la tenue de celui-ci.

Selon certaines indiscrétions, il a choisi la date du 25 octobre, c'est-à-dire, le même jour que le premier tour de l'élection présidentielle de Côte d'Ivoire.

Il espère ainsi détourner l'attention, l'enjeu sur ce pays étant plus important pour la communauté internationale que son référendum. Mais, il n'est pas très sûr d'y parvenir car comme il a pu s'en apercevoir, dimanche 27 septembre, le peuple congolais n'a plus peur de lui.

Dimanche, 27 septembre, en effet, plus de 50.000 Congolais ont bravé ses interdits et autres manœuvres de Kiki et du général Ndengué, pour participer au meeting de l'opposition qui se tenait au Bd Alfred Raoud. Du jamais vu depuis de très longues années. Sassou, lui-même, avait redouté ce rendez-vous de l'opposition de telle sorte qu'il a repoussé son voyage pour Conakry à une heure tardive de la nuit, après s'être assuré que tout était en ordre.

La date du 25 octobre devrait être rendue publique sous peu. Mais il redoute les troubles. L'opposition a déjà convoqué deux méga-meetings le 18 octobre à Pointe-Noire (la frondeuse) et le 19 octobre à Dolisie (fief du professeur des professeurs Pascal Lissouba qu'il chassa du pouvoir par coup d'état en octobre 1997). Tout laisse croire que ces deux meetings vont faire foule.

De son côté, Sassou a demandé à Pierre Ngolo, le secrétaire général du PCT et chef de la majorité présidentielle, d'organiser la réplique au meeting du 27 septembre. Après avoir changé de date faute de partisans en grand nombre, ce meeting aura lieu le 10 octobre. Sassou a eu l'idée redoutable de recruter moyennant des espèces sonnantes et trébuchantes, des milliers de manifestants qui viendraient droit de Kinshasa. Objectif : permettre au camp présidentiel de faire le nombre devant les caméras de Télé Congo. Pour simplifier le transfert de ces RDCongolais, Sassou a fait supprimer le visa d'entrée, fin septembre, et a alloué une cagnotte de 2 milliards de F CFA (3 millions d'euros) pour le succès de l'opération.

L'opposition, de son côté, l'attend de pied ferme. La peur a changé de camp et lui-même s'est rendu compte que l'opposition congolaise a des points de ressemblance avec l'opposition du Burkina. Bientôt, il y aura le lancement de la désobéissance civile, s'il s'entête à poursuivre sa logique. Villes mortes à Brazzaville et à Pointe Noire, la cité pétrolière, voilà ce que Sassou redoute le plus. Cela pourrait être fatal pour son (désormais) fragile pouvoir.