CONGO-BRAZZAVILLE : Sassou annonce le référendum pour la modification de la constitution

CONGO-BRAZZAVILLE : Sassou annonce le référendum pour la modification de la constitution

Le président, Denis Sassou-Nguesso, a pu analyser et sonder les intentions de la communauté internationale, avant de lâcher sa bombe. Après avoir consulté, ces derniers jours, les chefs d'Etat du Congo-Kinshasa (Joseph Kabila qui a le même souci que lui et qui est en train de mettre la machine en marche visant à ne pas organiser les élections en 2016 comme prévu et à rester au pouvoir), de Guinée (Alpha Condé à qui il avait demandé de convaincre son ami l'opposant Mathias Dzon de devenir son premier ministre après le changement de la constitution), et du Bénin, Boni Yayi, qui a effectué, lundi, 21 septembre, un voyage-éclair de 2 heures, à Brazzaville, afin de lui rendre compte du déroulement des événements au Burkina Faso où le général, Gilbert Diendéré, très proche de Blaise Compaoré, a pris le pouvoir par les armes, Sassou a décidé, à son tour, de tenter le diable. Un exemple traverse tout le temps son esprit : bien que décrié, Pierre Nkurunziza n'a-t-il pas réussi à s'accrocher au pouvoir ? Pourquoi pas lui Sassou ?

Profitant de la situation confuse qui prévaut au Burkina Faso, il a donc enregistré, dans la journée du 21 septembre, un message annonçant l'organisation du référendum. Cette annonce qui aurait pu attendre son retour au pays (car il est parti le même jour en vacances) est passée dans le journal télévisé du mardi, 22 septembre, de 20 heures de Télé Congo. Il écoutera les réactions de Marbella où il est en villégiature depuis quelques heures.

La date de la tenue du référendum n'a pas encore été annoncée, mais, ceci n'est qu'un détail, maintenant que la révision des listes électorales a été lancée, malgré la controverse, par le ministre de l'Intérieur, Raymond Zéphyrin Mboulou.

Pour faire valider son texte de modernisation des institutions auprès des membres du Conseil constitutionnel la semaine dernière, le président Sassou aurait alloué à chacun d'eux, un « nguiri » (sac d'argent) de 100 millions de F CFA (152.000 euros).

Conclusion : après le Burkina Faso où la température est en train de baisser, un autre front s'ouvre au Congo-Brazzaville où, après avoir passé 32 ans au pouvoir, Sassou cherche, visiblement, à y mourir. Il refuse de suivre les conseils de François Hollande et de Barack Obama.

L'opposition ne l'entend pas de cette oreille. Elle annonce un premier grand rassemblement de protestation, dimanche, 27 septembre, à Brazzaville.